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Épisode 2 :

Chasser l'économie et tuer les coûts

28 min

Ceux qui amassent sans dépenser, cherchent, le pouvoir.

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André GILLOIS parle de son esprit d'économie Archives INA Emission "Jouons le jeu" 1951

C’est fait ! « L’avarice » version 21ème siècle est célébrée en grande pompe. En décernant le César du meilleur film documentaire à François Ruffin réalisateur de « Merci patron », l’Académie des Césars entendait sans aucun doute dénoncer « l’élévation » d’un des 7 péchés capitaux au rang de vertu. Les Harpagon et les Balthazar Picsou d’aujourd’hui portés au pinacle ? Définie par le catholicisme comme le vice qui associe la possession et la jouissance de la possession, Saint-Augustin dépeint l’avare comme un être asocial qui met en péril la communauté en empêchant le partage. Mais « quand l’avarice se propose un but », écrivait Balzac, « elle cesse d’être un vice, elle est le moyen d’une vertu, ses privations excessives deviennent de continuelles offrandes, elle a enfin la grandeur de l’intention cachée sous ses petitesses. » Et elle serait, avec la déchristianisation et le développement du capitalisme industriel, devenue l’égale de tous les autres habits qu’il n’est plus honteux de revêtir comme ceux de l’indifférence. L'avare se banalise dans le monde contemporain. Dans le contexte d’une société capitaliste qui valorise la richesse pure et simple, l’avarice apparaît comme compréhensible. La liste des personnes les plus riches du monde, publiée par le magazine « Forbes » semble l’innocenter. Tout au plus, on en fait un vice mineur, le manquement à une bienséance, une habitude regrettable mais peut être nécessaire dans la poursuite de l’auréole conférée par les milliards amassés.

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2ème épisode : Chasser l’économie et tuer les coûts

Aujourd'hui, le raisonnement économique est complètement renversé : nous épargnons de moins en moins. Les grands épargnants de l'économie mondiale, c'est les entreprises. 

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AltoPress / PhotoAlto Crédits : Christophe Marjolet /AFP - AFP

Depuis une quinzaine d'années, de plus en plus d'entreprises font appel à des « cost-killers », ou à des cabinets de « cost-killing » appelés plus communément aujourd’hui entreprises d’optimisation achats et qui permettent à une entreprise de réduire, de façon substantielle, ses coûts afin d'augmenter sa rentabilité. Chasser de façon drastique le gaspillage, rationaliser les dépenses, détecter les postes onéreux, réduire significativement les coûts sur une famille d'achats donnée, tel est l’objectif du « cost-killing » qui vient répondre au besoin croissant de souplesse. Le consommateur, lui, chasse désormais le bon plan, la bonne affaire, ne pouvant résister aux sirènes de la consommation compulsive dans un monde où l’avarice semble avoir changé de camp.

Un documentaire d'Alain Lewkowicz, réalisé par Assia Khalid. Prises de son Yann Fressy. Mixage Claude Niort. Lectures, Serpentine Tessier. Archives INA Annie Lauzzana.

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..à écouter les 30 et 31 décembre à 13h30

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