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Baromêtre à aiguille
Épisode 1 :

En solitaire sur les mers du monde

29 min

L’aventure infernale du Golden Globe, la première course en solitaire autour du monde.

Baromêtre à aiguille
Baromêtre à aiguille Crédits : François Teste - Radio France

Teignmouth Electron fut lancé dans le sud de Angleterre,  le 23 septembre 1968. Claire Crowhurst fit un bref discours et jeta la bouteille de champagne contre la coque, mais elle ne se brisa pas. Dans le monde des marins aux superstitions ancrées, c’était un mauvais présage…

Voici comment pourrait (mal) débuter l’incroyable tragédie de Donald Crowhurst et l’aventure infernale du Golden Globe, la première course en solitaire autour du monde.

1er épisode : En solitaire sur les mers du monde

1968. Cette année-là, le journal anglais The Sunday Times offre à 9 marins l’opportunité d’effectuer pour la première fois une course autour du monde sans escale et sans assistance. Un défi qui renvoyait chaque marin à l’essentiel, un homme, un bateau, l’immensité des mers.

Londres 1968, la plus grande épreuve en solitaire jamais organisée fut, sans conteste, la plus grande course autour du monde créée par le Sunday Times. 

Les règles sont simples : Être en mer avant le 31 octobre. Pas d'escale, pas d'aide extérieure, partir et arriver d'un même port situé au nord du 40ème parallèle après avoir passé les 3 caps : le Cap de Bonne Espérance, à l’extrémité sud de l'Afrique, le Cap Leeuwin, au sud ouest de l'Australie et le Cap Horn au bout de la Terre de Feu. 

Robin-Knox Johnston en 2013
Robin-Knox Johnston en 2013 Crédits : Wiki Commons

Sur les neufs hommes qui prendront le départ, un seul franchira la ligne d’arrivée, Robin-Knox Johnston. Deux mois avant que l’homme ne pose le pied sur la lune, il devenait le premier navigateur à boucler un tour du monde en solitaire sans escale. Après 312 jours de mer sur un voilier de 10 mètres et des centaines de boites de corned beef avalées,  il accostait à Falmouth pour entrer dans la légende.

Il ne sera pas le seul.  Le renom du Français Bernard Moitessier date de cette aventure. En tête de la course à bord du fameux Joshua,  il préférera Tahiti à la compétition et fera un tour et demi du monde pour rejoindre la quiétude des îles. Il tirera de cette aventure un récit biographique, un livre culte pour tous les aventuriers de la mer « La longue route ».  Il y écrit ces mots désormais célèbres presque comme un viatique :

Je continue sans escale vers les îles du Pacifique parce que je suis heureux en mer et peut-être aussi pour sauver mon âme (...) Ceux qui ne savent pas qu’un voilier est un être vivant ne comprendront jamais rien au bateau et à la mer... 

Sextant
Sextant Crédits : François Teste - Radio France

Le destin des autres marins de la course, tragique pour certains, est aussi singulier. Alex Carozzo, John Ridgway, Loïck Fougeron ne dépasseront pas l’Atlantique. Chat Blyth renoncera après le Cap de Bonne Espérance, Nigel Tetley fera naufrage aux Açores. 

Et Daniel Crowhurst, s’enfermera dans un mensonge fatal et fascinant.  Le navigateur va entamer un « faux » voyage autour du monde avant de disparaitre tragiquement. Un drame qui inspirera au cinéma  « Les Quarantièmes rugissants » avec Jacques Perrin et « Le jour de mon retour » avec Colin Firth. Un drame et un mystère. Qui était cette homme ne pouvant plus reculer face à son mensonge ?

Avec Olivier Le Carrer, auteur de « 69, année héroïque », sur « La course la plus rocambolesque et la plus dramatique jamais disputée » ; Jean-Luc Van Den Heede,  Philippe Péché, Antoine Cousot, Loïc Lepage, concurrents du Golden Globe 2018 ;  Eric Vibart, historien, chroniqueur au magazine "Voiles et voiliers" ; Don McIntyre, aventurier australien, organisateur de la Golden Globe race, Patrice Carpentier, directeur de course… Et les témoignages d’époque de Bernard Moitessier, Robin-Knox Johnston.

Un documentaire de Yves Aumont réalisé par François Teste. Archives INA : Isabelle Fort Rendu, Samantha Schmitt et Christelle Rousseau.

Écouter
4 min
Archive INA : Témoignage de Bernard Moitessier après la remise du Grand Prix de la Littérature Sportive 1967

Bibliographie :

"Golden Globe, une épopée solitaire autour du monde" de Peter Nichols Ed : Glénat     

"L’étrange voyage de Donald Crowhurst " de Ron Hall et Nicholas Tomalin,  Ed :  Arthaud 

" 69, année héroïque " de Olivier Le Carrer, Ed : Paulsen
 

" La longue route, seul entre mers et ciels" de Bernard Moitessier,  Ed : Arthaud, coll Ecrivains voyageurs, 

"Seule la mer s’en souviendra " d’Isabelle Autissier Ed : Grasset 

Revue :

"Voiles et Voiliers" N°569 juillet 2018

Filmographie :

Le film  de Christian de Chalonge « Les 40èmes rugissants » avec Jacques Perrin, inspiré de l’histoire de Crowhurst (1982)

"Le jour de mon retour" de James Marsh avec Colin Firth (2018)
 

Et le documentaire « Deep Water » de Louise Osmond, disponible en DVD
 

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