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Vitrine de la boutique Claverie dans le Xe arrondissement de Paris
Épisode 1 :

Le petit monde de la corseterie : l'histoire de la boutique Claverie

29 min

De la lingerie à l’orthopédie, parcours d'une histoire intime des corps à travers les objets qui ont fait son succès commercial.

Vitrine de la boutique Claverie dans le Xe arrondissement de Paris
Vitrine de la boutique Claverie dans le Xe arrondissement de Paris Crédits : Marie Chartron - Radio France

En passant le seuil d’une petite boutique du Xe arrondissement de Paris, nous traversons le XXe siècle à rebours pour retracer l’itinéraire d’un personnage oublié, Auguste Claverie.

1er épisode : le petit monde de la corseterie : l'histoire de la boutique Claverie

234, rue du Faubourg Saint-Martin, derrière nous la foule de la Gare de l'Est et face à nous, une façade en acajou d’une autre époque, ornementée, aux enseignes de verre portant des dorures. C’est une petite enclave désuète qui frappe le regard dans le paysage hétéroclite de la rue, et la marchandise à l’intérieur est à l’avenant : autour d’un grand escalier en acajou, les clientes âgées viennent ici acheter leur lingerie et discuter avec la propriétaire, Madame Arrachequesne.

Intérieur de la boutique Claverie
Intérieur de la boutique Claverie Crédits : Marie Chartron - Radio France

L’histoire de la Maison Claverie, née à la toute fin du XIXe siècle, est avant tout une histoire de corps, féminins et masculins : corps des élégantes à la recherche du corset idéal, corps qui peu à peu se libèrent pour adopter le soutien-gorge, corps abimés et malades qui viennent chercher dans l’intimité de l’un des vingt salons d’essayage à l’arrière de la boutique le soulagement grâce à un bandage herniaire à ceinture élastique ou à un corset hygiénique.

On y rencontrait pléthore d’artistes et de chanteuses d’opéra dans un permanent défilé des corps : Joséphine Baker et Mistinguett venaient ici choisir leurs corsets, Albert Camus lui-même a été client de la maison.

Le corset Claverie soutient les seins sans les froisser, redresse et amincit la taille sans gêner la respiration, prévient l’obésité sans refouler et abîmer les entrailles, garde à la femme sa grâce et ses charmes sans entraver la circulation du sang et lui restitue à la fois la liberté et la santé. C’est une gaine exquise de douceur et de grâce, elle met en relief les avantages naturels de la femme tout en donnant à son buste cette correction de ligne. - extrait d'un article de journal

Cette première partie reviendra sur l’itinéraire d’Auguste Claverie, né Charles Delbret en 1862, enfant naturel qui n’apprendra sa véritable identité qu’à l’âge de vingt ans et deviendra l’un des commerçants les plus en vue de Paris. Rachetée par son associé en 1905, son affaire prospérera et survivra à tous les soubresauts du XXe siècle. De cet empire ne subsiste aujourd’hui que la petite boutique des origines.

Avec Florence Arrachquesne, propriétaire de la boutique Claverie, et Emilie Danois, sa fille et associée, Agnès Chauvin, chargée d'études documentaires à la Conservation régionale des monuments historiques, DRAC Île-de-France, Guillaume Malaurie, journaliste et Safia Benayad-Cherif, architecte DPLG en charge de la restauration des boutiques Claverie.

Un documentaire de Marie Chartron, réalisé par Assia Khalid. Prise de son : Thomas Robine. Archives INA : Sabine Dahuron. Mixage Eric Boisset. Avec la collaboration d'Adèle Cailleteau.

Liens :

Le blog de tous les Xe

Bibliographie :

Emile Zola, Nana, 1880

Filmographie :

Le Viager, Pierre Tchernia, 1972 (scénario co-écrit avec René Goscinny)

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