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Les tanks militaires occupent l'avenue  du Président-Vargas, à Rio de Janeiro, en avril 1968
Épisode 1 :

La clandestinité

29 min

Le récit d'une jeune adolescente, clandestine sous la dictature brésilienne

Les tanks militaires occupent l'avenue  du Président-Vargas, à Rio de Janeiro, en avril 1968
Les tanks militaires occupent l'avenue du Président-Vargas, à Rio de Janeiro, en avril 1968 Crédits : CC BY-SA 4.0

Maria est née au Brésil en 1951, elle y a vécu jusqu'en 1982, date à laquelle elle a émigré en France. Maria, c'est la seule partie de son nom qui n'a jamais changé. Des deuxièmes prénoms et des noms de famille différents sont venus s'y ajouter selon les identités qu'elle a eues au cours de sa vie. La première, celle de sa naissance, puis celles d'après 1969, au moment où, en pleine dictature militaire au Brésil, l'étudiante en art, la caricaturiste de presse et militante communiste a dû entrer en clandestinité. Clandestine d'identité, elle l'est restée pendant plus de 40 ans, au Brésil puis en France. L'expérience de l'exil, de la fuite, de la persécution, a été celle de nombreux Brésiliens et Brésiliennes sous la dictature militaire qui a duré de 1964 à 1985. Celle de 42 ans de clandestinité est une histoire bien particulière.

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4 min
Sebastiao Salgado a propos de son depart du bresil pour aller en France (France Inter 06/10/2005)

"Ils m'ont placée debout au bord de la fenêtre. On était au douzième étage.

Je me suis dit, ils veulent que je saute..."

Manifestation du 1er mai 1968 à São Paulo
Manifestation du 1er mai 1968 à São Paulo Crédits : © Brasil Nunca Mais. Source : Código de Referência: BR UNICAMP IFCH/AEL BNM.

Mars 1964, les militaires prennent le pouvoir au Brésil, coupant court à la démocratisation et au mandat du président progressiste João Goulart. Maria a alors 13 ans, elle vit une ville de l'intérieur du pays. Très vite, elle s'engage en politique. Encore mineure, elle est déjà arrêtée, puis persécutée alors que le régime se durcit en 1968. Étudiante, elle est exclue de l’université. Elle part alors pour São Paulo et entre en clandestinité, vit sous de faux noms, de fausses dates de naissances, dont elle n'est jamais vraiment arrivé à se souvenir. Elle a vécu dans la peur constante d'être découverte, reconnue, dans le souci de passer inaperçue, de ne pas éveiller les soupçons. Elle a vu son mari aller en prison, des amis arrêtés.

Une Histoire particulière : Les noms de Maria : L'identité retrouvée (2nd épisode)

Un documentaire proposé par Rachel Knaebel, réalisé par Christine Diger. Prises de son : Laurent Lucas. Archives INA : Hervé Evanno.

Textes tirés de :

Lettre de Maria José Malheiros à Emiliano José, dans Galeria F, Lembranças do mar cinzento (v), A última clandestina em Paris e outras histórias, Emiliano José, Editora Caros Amigos, São Paulo, 2017.

Archives du Jornal da Tarde, édition du vendredi 6 avril 1973.

Bibliographie :

K. (roman), Bernardo Kucinski, Vents d'ailleurs, 2016.

Liens :

Commission nationale pour la vérité

Brasil Nunca Mais (Brésil plus jamais)   

Archives de la dictature réunies par Elio Gaspari

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