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Pistorius aux 400 mètres de Berlin en 2008

Oscar Pistorius : Achille des temps modernes

59 min

Du podium au prétoire : le destin brillant et tragique d'Oscar Pistorius.

Pistorius aux 400 mètres de Berlin en 2008
Pistorius aux 400 mètres de Berlin en 2008 Crédits : AFP

Un documentaire de Michel Pomarède. Prise de son : Valérie Lavalar. Réalisation : Rafik Zenine. Mixage: Bernard Lagnel.

Peut-on résumer la vie d’un homme en deux dates ? Non, mais dans l’existence d’Oscar Pistorius, il y en a deux qui sont comme deux repères opposés qui résonnent comme le starter avant une course de 400 mètres.

1er épisode : le talent

4 août 2012, Jeux Olympiques de Londres, 80 000 personnes dans le stade, Oscar Pistorius est dans les starting-blocks dans la demi-finale du 400 mètres à côté de coureurs valides.

A 17 mois, j'ai eu mes premières prothèses. Elles étaient faites pour mes jambes et je les trouvais super pratiques. Dès lors, je suis devenu invincible. Un vrai sauvage !

Oscar Pistorius lors des Jeux Olympiques de 2012 à Londres
Oscar Pistorius lors des Jeux Olympiques de 2012 à Londres Crédits : AFP

Il a réussi son rêve. Il a réussi à s’affranchir d’un handicap dont il a été opéré dès ses 11 mois : être né sans péronés. Bien sûr, il va terminer dernier de sa demi-finale mais symboliquement, il a réussi son pari : courir sur ses deux lames à côté des autres coureurs qui sont sur leurs deux jambes. Comme un hommage à sa mère disparue quand il avait 9 ans et qui lui répétait une phrase reprise dans son autobiographie « Courir après un rêve » : « ton frère enfile ses chaussures, toi tu enfiles tes jambes ». Mais au-delà de cet exploit individuel, cette course de 40 secondes sert-elle la cause des handicapés ? Pistorius, enfant diminué, devenu un athlète réparé, annonce-t-il la prophétie des tenants du transhumanisme : l’homme amélioré ?

Lors des 400 mètres aux Jeux Olympiques de Londres en 2012
Lors des 400 mètres aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 Crédits : AFP

2nd épisode : le talon

14 février 2013, Pretoria. Oscar Pistorius et sa fiancée Reeva Steenkamp passent la nuit de la Saint-Valentin ensemble au domicile du champion. Quatre coups de feu claquent. Reeva, top-model qui rêvait de devenir l’avocate de la cause des femmes battues dans le pays, s’écroule mortellement touchée.

Lors du procès de Pistorius.
Lors du procès de Pistorius. Crédits : AFP

Les faits d’abord considérés comme un homicide involontaire ont été requalifiés lors d’un second procès en meurtre. Verdict : 6 ans de prison pour l’icône déchue du sport paralympique.

A l’occasion du procès, la part d’ombre du champion est dévoilée : il collectionnait les bolides, les armes et les blondes. Il incarnait à ses yeux un rêve de toute puissance qui a volé en éclat sous les yeux des caméras du monde entier. Paradoxe d’une existence tout entière dans laquelle il a refusé son handicap, pour invoquer les circonstances de la nuit de son crime, devant la cour, Pistorius se montre sur ses moignons. Et si en fait, c’était l’occasion de retrouver une image de son corps nié depuis l’enfance ? Et si le passage par la case prison – dont il pourrait sortir avec les remises de peine dès 2019 – était in fine une chance de s’affranchir du regard des autres et de retrouver son identité. Homme handicapé et libéré ?

Lors du procès de Pistorius
Lors du procès de Pistorius Crédits : AFP

Avec :

  • Jean Minier, directeur technique national de l’équipe de France paralympique,
  • Fabrice Hilli, responsable technique de la société Ossur qui fabrique les lames de Pistorius,
  • Vincent Billard, philosophe
  • Frédéric Couderc, auteur de "Un été blanc et noir" publié chez Flammarion ,
  • Nicolas Herbelot, journaliste à l’Equipe et auteur du webdoc « Sanglante Saint-Valentin »,
  • Eve-Marie Goepfert, maître de conférence en communication à l’université Lyon 2 Lumière
  • Gérard Bonnet, psychanalyste, auteur de "Le remords. Psychanalyse d’un meurtrier", publié chez PUF

L'Equipe explore : Mortelle Saint Valentin

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