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Anémone dans "Les nœuds au mouchoir"

Anémone tourne la page

31 min
À retrouver dans l'émission

Arrêt sur image : quand l'actrice décide de mettre un point à sa carrière. Prenons le temps d'une pause avec Anémone, pendant les trois mois d'ultimes représentations. Car toutes les belles choses ont une fin, et toutes les belles choses se transforment. Rencontre tragi-comique, en toute franchise.

Anémone dans "Les nœuds au mouchoir"
Anémone dans "Les nœuds au mouchoir" Crédits : MPA communications

Avec Anémone, qui monte une dernière fois sur les planches avant de mettre un terme à sa carrière d’actrice de théâtre et de cinéma : Les nœuds au mouchoir se joue jusqu’au 31 décembre au Palais des Glaces (Paris). Le texte de la pièce est signé Denis Cherer, avec qui elle partage l’affiche aux côtés de son frère Pierre-Jean Cherer, dans une mise en scène d’Anne Bourgeois. L’occasion de revenir avec elle sur ses choix, ses engagements, son humour, ses regrets, ses colères et ses nœuds… sur un ton bien à elle, sans détours et sans attaches. Du Splendid des débuts aux (dé)senchantements qui suivront, portrait en pointillés de celle qui "fleurit quand le vent souffle", nous dit le Littré de la fleur qui lui donne son nom.

De gauche à droite : Denis Cherer, Anémone, Pierre-Jean Cherer dans "Les nœuds au mouchoir"
De gauche à droite : Denis Cherer, Anémone, Pierre-Jean Cherer dans "Les nœuds au mouchoir" Crédits : MPA communications

J'adorais être actrice au début. Et puis à partir du moment où je suis devenue connue ça a commencé à sérieusement moins m'amuser parce qu'on vous jetait le scénario à la gueule, les costumes aussi et on passait son temps à parler pognon, ce qui m'emmerde profondément.

J'ai été connue en 82, j'avais déjà 32 ans. C'est pas très tôt. [...] Ça ne parlait plus que de pognon et de promo. Moi j'avais fait ça pour être artiste. Pognon, promo, moi ça me gave.

Anémone venait d'annoncer arrêter le théâtre : 

J'en ai ras-le-bol. Ça fait longtemps, mais maintenant j'ai enfin de quoi vivre sans bosser. Le Festival de Cannes, toute la clique, ça m'a complètement coupé le plaisir. [Le théâtre et le cinéma] ça devient un peu pareil : pognon, entrées, audimat, machin... Fait chier.

Elle se remémorait, dans l'émission, la façon dont la troupe du Splendid improvisait sur scène : 

Au Splendid c'était tout à l'impro. C'était Charles Vanel qui m'expliquait qu'il y avait deux façons de travailler : à la canne, au canevas, et puis on improvise dessus, et puis à la broche, à la brochure, c'est le classique c'est à dire et on se tient au texte. Le Splendid, en particulier "Le Père Noël est une ordure", c'était typiquement du travail à la canne. Au début la brochure, le canevas faisait une demi-heure, puis en scène 1 h 10, parce qu'on improvisait comme des fous".

J'aime la mode. A un moment donné je me disais qu'il fallait que je me barre de là, j'en ai marre de ce monde du star system, il faut que je change de métier. Je m'étais dit "tiens mon autre passion c'est la mode", et après je réfléchis et je me suis dit "si je veux fuir les requins de la finance, c'est peut-être pas ma meilleure idée...". 

Dès qu'on disait comique, pour une fille ça voulait dire "laideron", obligatoirement, après ça voulait dire "vulgaire", et ça voulait dire "ne sait faire que ça". Alors que ça n'est pas vrai. Tous les acteurs comiques savent jouer dramatique, alors que l'inverse n'est pas vrai du tout. [...] Le comique c'est deux opérations, on part du dramatique et et puis on rajoute un petit truc, donc c'est fastoche d'en enlever une couche.

C'est très étrange de faire du pognon. On entend comme ça "le but de l'entreprise c'est de faire du profit". Ah bon ? Je croyais que le but d'une entreprise c'était de participer à la prospérité générale. 

La publicité... Tout est basé sur la publicité. Je suis désolée mais la publicité, il n'y a que l'Etat qui a le droit de vous tirer du fric dans la poche, ça s'appelle l'impôt, sans vous demander votre avis. Qu'est-ce qu'elle fait la publicité sinon ça ? Comme elle n'a pas le droit de prélever l'impôt ça s'appelle du racket. Le racket normalement c'est puni par la loi. "Et alors s'il n'y avait pas la publicité vous payeriez vos journaux beaucoup plus cher !" Non mais attends, naturellement on ferait des économies sur tout le reste, donc on aurait peut-être les moyens d'avoir une presse libre ! C'est hallucinant cette distorsion du raisonnement. Le pognon, le pognon, mais attendez le pognon ça ne se mange pas en salade, ça n'existe même pas. Ça ne fait pas parti du réel. 

Le bordel écologique il y a des espèces qui en profitent, il y a plein de rats à Paris maintenant. Il y a des espèces qui disparaissent, et d'autres qui prolifèrent. [...]L'écologie maintenant que c'est foutu je m'en fiche. 

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