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"Je disparais" d’Arne Lygre, mise en scène Stéphane Braunschweig, créé en novembre 2011 à La Colline

La voix

30 min
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Si le théâtre doit beaucoup au corps, il est un instrument du corps qui est fondamental à notre art : la voix. Pour parler de son travail organique et technique, nous invitons Annie Mercier à ouvrir notre encyclopédie théâtrale vivante à la page de la voix. Une actrice qui sait en donner. Rencontre.

"Je disparais" d’Arne Lygre, mise en scène Stéphane Braunschweig, créé en novembre 2011 à La Colline
"Je disparais" d’Arne Lygre, mise en scène Stéphane Braunschweig, créé en novembre 2011 à La Colline Crédits : ©Elizabeth Carecchio

Avec Annie Mercier, comédienne à la voix reconnaissable entre toutes, bientôt à l’affiche de Au bois de Claudine Galéa (mise en scène Benoît Bradel, du 03 au 19 mai au Théâtre de la Colline). Très régulièrement à l’affiche de ce lieu, sa carrière est essentiellement théâtrale, mais elle joue aussi pour la télévision et le cinéma (Frank Cassenti, Claude Miller, François Dupeyron, Philippe Le Guay…). Si singulière, sa voix chaude et grave évolue avec elle : nous l’invitons à nous en parler à l’épreuve de la scène. 

Les aspects techniques du travail vocal, le mélange aux autres voix (celle de l’auteur, des autres comédiens, etc), le fait de placer sa voix, les éventuels usages du micro, la voix qui aide, qui handicape pourquoi pas, les voix des rôles féminins comme masculins… Ce qui constitue le travail organique et technique de la voix sera aussi l’occasion d’évoquer celui de la voie : “un paysage, un timbre, une couleur, un rythme, une identité, une musicalité… C’est tout cela, la voix” : Annie Mercier développe cette idée toute en nuances. 

Les grains des voix (INA) de Marguerite Duras, Barbara et Philippe Lacoue-Labarthe nous éclairent dans cette exploration incarnée, d’un instrument que tous avons à notre disposition - encore faut-il avoir connaissance de sa riche palette, pour en user et en jouer !

"Tartuffe" de Molière, mise en scène Stéphane Braunschweig (2008)
"Tartuffe" de Molière, mise en scène Stéphane Braunschweig (2008) Crédits : Elizabeth Carecchio

Poser sa voix, peser ses mots... Annie Mercier mesure les ingrédients utiles à un art qu'elle pratique depuis des années, au contact de metteurs en scène, toujours au services de textes qu'il s'agit de porter haut :

Qu'est-ce que la voix... ? Un paysage, un timbre, une couleur, un rythme, une identité, une musicalité... C'est un instrument très important c'est sûr, mais le corps aussi est très important : dans l'espace, sur scène.

Un outil qu'elle met volontiers au service d'incarnations qui permettent de circuler d'un genre à l'autre, à la ville comme à la scène :

J'ai envie de voyager sur la planète féminine et masculine. C'est vrai que la voix permet ça, au théâtre comme dans la vie.

... et au service de la formation aussi, puisqu'elle participe à divers atelier de transmission, avec de jeunes comédiens :

Je pense qu'il faut travailler avec les jeunes acteurs pour qu'on les entende. [...] Il faut leur apprendre à étendre l'amplitude de leurs voix.

... sans jamais oublier le silence, duquel se détache la musicalité vocale :

Il faut aussi activer le silence, parce que la voix nait du silence. Il faut la nourrir d'imaginaire ; la voix a son existence propre. [...] C'est un tambour, la voix. [...] Elle a beaucoup à voir avec la musicalité. 

Et que dire des voix des écrivains, auteurs des textes portés par des comédiens plus ou moins familiers ?

Certains textes sont plus difficiles à appréhender que d'autres ; par exemple ma voix se fait tout de suite à ceux de Thomas Bernhard. Avec d'autres, je pénètre plus lentement dans le texte... Pour moi, c'est le texte qui est le Graal. C'est à moi de m'adapter au texte.

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