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Marie Collin, la "création"!

31 min
À retrouver dans l'émission

Marie Collin
Marie Collin

Joëlle Gayot reçoit Marie Collin , directrice artistique du Festival d'Automne à Paris en charge du théâtre, de la danse et des arts plastiques...

...La création! ce mot revenait comme un leitmotiv chez le tout premier directeur du Festival d'Automne, Michel Guy , qui disait aussi qu''"on ne peut pas comprendre l'art ancien si on ne comprend pas l'art moderne" (cité par Guy Scarpetta dans son ouvrage "Le Festival d'Automne de Michel Guy" , éditions du Regard)...

Un pari sur la modernité, donc : c'est-à-dire une aventure continuelle, une relance infinie, l'incessante exploration de domaines inconnus, et ce, dans tous les arts : théâtre, danse, musique, peinture, littérature et poésie... C'est dans cet esprit qu'Alain Crombecque avait pris la suite, - et c'est ce que fait aujourd'hui Marie Collin qui était elle-même déjà là au tout début, comme une des collaboratrices de Michel Guy (avec Joséphine Markovits).

"L'art n'est ni un reflet, ni une transposition de la réalité, c'est une REPONSE à la réalité..." , disait Tadeusz Kantor , dont on peut lire ces jours-ci "Ma pauvre Chambre de l'Imagination" (Les Solitaires Intempestifs), et qui fut surtout l'un des très grands artistes de l'histoire du Festival d'Automne, lui et sa "Classe morte" ....

Mais il faudrait citer aussi Merce Cunningham, Pierre Boulez, Peter Brook, Luigi Nono, Peter Stein, Patrice Chéreau, Klaus Mickael Grüber, les acteurs ou actrices Jeanne Moreau (dans le rôle de l'inoubliable servante Zeline des "Irresponsables" d'Herman Broch), David Warrilow (jouant Thomas Bernhard), Alain Cuny, Michael Lonsdale... C'était - c'est - d'un éclectisme bien tempéré...

Pour ce 44è Festival d'Automne, Marie Collin et son équipe ne céderont pas sur l'autre mot clé de toute l'histoire du Festival : le mot "plaisir", une suite ininterrompue de plaisirs... comme aujourd'hui chez Romeo Castellucci , avec ses spectacles " Le Metope del Pardenone", à la Grande Halle de la Villettte (23-29 novembre), "Oedipe-Tyran" au Théâtre de la Ville (23-29 novembre), ou encore "L'Orestie" , d'après Eschyle, à l'Odéon-Théâtre de l'Europe (2-20 décembre), puis à L' Apostrophe, à Cergy-Pontoise, les 8 et 9 janvier 2016...

Romeo Castellucci déclare, dans le n°426 d'Art press (octobre 2015), que "notre expérience de la tragédie grecque passe par un manque - c'est toujours un fragment, comme le Parthénon. C'est à nous de boucher les trous, dit-il, et c'est ce qui rend la tragédie grecque tellement contemporaine". .. Il dit utiliser dans ses spectacles des images qui sont "des ponts vers une image qui n'existe pas" ... Il faut chercher l'image, dit-il : "Le théâtre - et l'art en général, de Rembrandt à Mark Rothko - peut travailler sur cette troisième image" , insiste-t-il...

C'est dans cet état d'esprit qu'il faut aller voir "Onomatopée ", le spectacle qui, l'an passé, une semaine durant, a fasciné tout Amsterdam, et qui débarque ces jours-ci au Théâtre de la Bastille (jusqu'au 6 novembre), un "spectacle en français avec une touche européenne" , nous dit-on, où cinq acteurs, déguisés en garçons de café, nous servent en cinq actes une leçon de langage...

Des mots... des mots, après la musique silencieuse de La Monte Young , qu'on a pu entendre lors de son unique concert, le 14 octobre dernier, à l'église Saint-Eustache, où il a joué "The Second Dream of the High Tension Lipe Step down" , une oeuvre composée en 1984, pour huit trompettes... mais pour un seul son... C'est son célèbre concept d'une musique éternelle, ce que La Monte Young appelle aussi le Théâtre de la musique éternelle , pour ne pas finir, pour perpétuer l'esprit du Festival d'Automne....

"(...) Ecoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C'est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau, c'est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant et c'est ce que vous ne trouvez pas amusant qui est le plus drôle." (L'Annoncier, dans "Le Soulier de satin" , de Paul Claudel)

"Ulysse est depuis huit jours en train de barboter dans l'eau, à moitié noyé, seul. Finalement, il arrive chez les Phéaciens, qui est une île utopique, inexistante, imaginaire. Il est épuisé, couvert de saleté, de sel, il a les chevaux dégueulasses, il est tout nu, il se met dans un fourré, et s'endort. Le matin, la fille du roi, Nausicaa, qui a eu un rêve où elle rêvait qu'elle allait se marier, - elle a 14-15 ans, à ce moment en Grèce on se marie jeune -, avec ses chariots, avec les mules attelées, part avec ses servantes pour laver le linge dans le petit torrent qui débouche sur la plage où Ulysse a été rejeté (...)" Jean-Pierre Vernant "Ulysse suivi de Persée" (Petite Conférence / Editions Bayard)

Intervenants
  • directrice artistique du Festival d’Automne à Paris, responsable du théâtre, de la danse et des arts plastiques
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