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Pierre Bergé, un spectateur en dialogue...

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Pierre Bergé dans sa bibliothèque
Pierre Bergé dans sa bibliothèque

Pierre Bergé aurait voulu être écrivain et journaliste... Il a quand même publié des livres : une anthologie : "L'art de la préface" (Gallimard, 2008), des portraits : "Les jours s'en vont je demeure" (Gallimard), ou encore "Inventaire Mitterrand" (Stock); et comme il le dit aussi au micro de Joëlle Gayot : "J'ai acheté Le Monde "; après avoir été, dans les années 1980, le patron du magazine Globe , puis de Têtu , un mensuel gay d'informations générales et culturelles...

Pierre Bergé est un patron "de gauche"; et si son nom est lié à celui d'Yves Saint Laurent , il faut souligner aussi qu'il fut l'ami de François Mitterrand , et qu'il fut lui-même un président, celui des Opéras de Paris, avant de devenir aujourd'hui celui de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.. .

Le théâtre . En 1977, Pierre Bergé a acheté le Théâtre de l'Athénée-Louis Jouvet, qu'il a dirigé jusqu'en 1982, avant de le céder à l'Etat (il dit ici, au micro de Joëlle Gayot, que le théâtre privé ne peut pas exister, et que, par exigence, il n'a pas voulu continuer).

Dans ce théâtre, il a produit "Equus ", de Peter Shaffer, pour la première en France (il a même acheté ce théâtre pour produire cette pièce); il a produit aussi "Navire Night ", de Marguerite Duras , dans une mise en scène de Claude Régy (Marguerite Duras dont il dit, dans "Les jours s'en vont je demeure" , qu'il l'a admirée plus qu'aucune autre femme écrivain du 20è siècle).

Il a produit encore les 4 Molière (L'Ecole des femmes, Tartuffe, Dom Juan, Le Misanthrope ) d'Antoine Vitez , metteur en scène dont il dit ici qu'il était exceptionnellement intelligent, et, surtout, que "l'intelligence est indispensable", parce qu'elle est d'abord la compréhension de l'autre, la vie... Car Il s'agit en effet de savoir répondre à la scène de la Vie, dira Vitez, dans un célèbre texte où il rêvait d'un "théâtre élitaire pour tous" ...

La musique . Pierre Bergé a créé aussi, avec Danielle Cattand , les "Lundis musicaux de l'Athénée" , où se sont succédé les plus grandes voix du monde (Jessye Norman , Barbara Hendrix , Ruggiero Raimondi ); et la musique est également très présente au Festival d'Automne, dont il est un mécène (il est surtout Président des Amis du Festival d'Automne ).

"Si l'on n'aime pas la musique de notre époque, son théâtre, sa peinture, c'est qu'on ne sait pas entendre et qu'on ne sait pas voir" , dit-il ici au micro de Joëlle Gayot - ajoutant, modeste : "Je ne sais pas toujours entendre et je ne sais pas toujours voir" ; mais il faut toujours essayer d'être disponible, ouvert, ne pas être fermé devant l'art moderne...

S'il devait citer un spectacle entre tous, il dirait : "La Dispute" , de Marivaux, dans la mise en scène de Patrice Chéreau , en 1973, au Théâtre de la Gaîté Lyrique. Mais il a beaucoup soutenu aussi l'art de Bob Wilson , dont le théâtre fut un grand souffle de liberté, et après lequel plus rien ne fut jamais plus comme avant (il suffit de citer "Einstein on the beach" , ou encore "I was sitting in my patio ").

"Je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas" , disait François Mitterrand dans son célèbre discours d'adieu. - Pierre Bergé lui répond : "les jours s'en vont je demeure" , en pensant au "Pont Mirabeau" de Guillaume Apollinaire ... Car l'homme habite poétiquement la Terre...

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