LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Une épaisse fumée se dégage de Saadiya, dans la province de Diyal, où les forces irakiennes ont repris le contrôle de la ville, chassant les membres de l'EI le 24 Novembre 2014.

Daech perd des territoires, pas son pouvoir de nuisance / L'été noir d'Angela Merkel

1h18

L'EI multiplie les revers sur le terrain au Levant et en Libye mais n'est toujours pas vaincu. Sa menace persiste et s'exprime encore dans des actions terroristes pernicieuses. Quel avenir pour Daech? Ensuite, retour sur l'été difficile d'Angela Merkel qui subit une importante baisse de popularité.

Une épaisse fumée se dégage de Saadiya, dans la province de Diyal, où les forces irakiennes ont repris le contrôle de la ville, chassant les membres de l'EI le 24 Novembre 2014.
Une épaisse fumée se dégage de Saadiya, dans la province de Diyal, où les forces irakiennes ont repris le contrôle de la ville, chassant les membres de l'EI le 24 Novembre 2014. Crédits : Stringer Iraq - Reuters

Daech perd des territoires, pas son pouvoir de nuisance

En Libye, les jihadistes de l’état islamique sont encerclés par les forces pro-gouvernementales dans leur bastion de Syrte, leur principale base hors du Levant. En Syrie, leur capitale Raqqa n’est plus qu’à quelques kilomètres des lignes kurdes. En Irak, les Etats-Unis et la coalition font monter la pression autour de Mossoul, la capitale de Daech. Le vent tourne pour les combattants du djihad. En 2014, l’instauration du califat avait fait disparaître les frontières entre l’Irak et la Syrie. Les pertes territoriales subies par l’organisation terroriste depuis plusieurs mois vont-elles les faire ressurgir ? Seule certitude : le recul de Daech n’annonce ni la fin du terrorisme, ni la mort du djihadisme. Il ne s’est pas traduit par un reflux des actions terroristes. Au contraire : le ramadan 2016 a été particulièrement meurtrier. C’est l’un de leurs avantages sur les forces conventionnelles occidentales : les djihadistes ont une très forte capacité d’adaptation et d’anticipation. Daech a déjà commencé sa mutation, dispersant ses troupes, éparpillant ses combattants au sein d’une multitude de cellules clandestines dissimulées au cœur des démocraties occidentales ou au sein des populations sunnites irakiennes et syriennes. Engagée dans une stratégie de long terme, l’organisation modifie ses méthodes, contourne les réponses des forces locales et de la coalition. Même chassés de Syrie, d’Irak ou de Libye, les combattants de Daech n’auront que l’embarras du choix pour se recycler : s’installer dans un autre état failli, au Sahel ou au Yémen, gagner ou regagner l’Europe ou encore rejoindre d’autres organisations terroristes, comme Fatah al-Cham, l’ancien Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. Alors que se prépare la bataille d’Alep entre les insurgés syriens et les forces du régime, c’est justement ce mouvement Fatah al-Cham qui est à l’avant-garde des combats. La branche syrienne d’Al-Qaïda a beau avoir changé de nom, elle conserve les mêmes objectifs : l’établissement d’un émirat islamique et l’instauration de la charia. Ses récents succès dans la grande ville du nord de la Syrie placent les Occidentaux dans l’embarras. Soutiens déclarés de l’insurrection face au régime de Damas, ils se retrouvent de facto partenaires d’Al-Qaïda !

Avec Michel Goya, ancien Colonel de l'armée,  professeur d'histoire militaire de la guerre à Sciences Po, auteur du blog "la voie de l'épée", Hala Kodmani, journaliste franco-syrienne, grand reporter à Libération et Dominique Thomas, doctorant à l'EHESS, spécialiste des mouvements islamistes.

Écouter
6 min
La revue d'actualité internationale du 14 Août
  • Pour aller plus loin

Une réinvention radicale du djihadisme, sur le blog Orient XXI

L’effrayante progression de la terreur djihadiste, sur le blog de Jean-Pierre Filiu

Recul de Daech : peut-on vraiment éradiquer la menace ? - 28 minutes - ARTE

L'été noir d'Angela Merkel

La chancelière allemande Angela Merkel à la sortie de sa conférence de presse à Berlin, le 28 Juillet 2016
La chancelière allemande Angela Merkel à la sortie de sa conférence de presse à Berlin, le 28 Juillet 2016 Crédits : Hannibal Hanschke - Reuters

C’est une très mauvaise nouvelle pour Angela Merkel. La chancelière allemande a perdu 12 points dans les sondages au mois de juillet. En avril 2015, avant la crise migratoire, 75% des Allemands la soutenaient. Depuis les attaques terroristes de l’été, auxquelles ont participé trois demandeurs d’asile, 65% s’élèvent contre sa politique d’accueil des migrants. Ce n’est pas la seule déconvenue pour la chancelière. Depuis le début de l’été, les mauvaises nouvelles s’accumulent. Le pacte conclu en mars entre l’Union européenne et la Turquie pour contenir le flux de migrants traversant la mer Egée menace de s’effondrer. L’aggravation de la situation en Syrie et le délitement de l’accord sur les migrants annoncent de manière quasi certaine une reprise du flux migratoire que personne à Berlin ne sait comment gérer. Et parce qu’un malheur n’arrive jamais seul, le putsch raté en Turquie et la répression qui a suivi provoquent des tensions en Allemagne, où la communauté turque est la plus importante d’Europe. Enfin le Brexit est considéré comme une grave défaite stratégique, à laquelle Berlin n’a pas encore trouvé de parade. Bref, rien ne vas plus en Allemagne...

Écouter
3 min
Le portrait de la semaine : Angela Merkel

Les attentats terroristes ont donné de nouveaux arguments à ceux qui contestent la politique migratoire d’Angela Merkel. ET notamment à l’extrême droite. Fondé en 2013, l’AfD a prospéré en adoptant un discours anti migrants. Avec 15% des intentions de vote pour 2017, il est en passe de devenir la troisième force politique du pays. Un tabou est tombé. La crise des réfugiés a réveillé les courants populistes dans ce pays qui en raison de son passé nazi et du sentiment de culpabilité qui a suivi le drame de la seconde guerre mondiale, faisait jusque-là figure d’exception en Europe. Pour répondre à la menace terroriste et à la montée de l’extrême droite, la chancelière voudrait étoffer la politique de sécurité allemande. Elle envisage une déchéance de la nationalité pour les bi-nationaux combattant dans des groupes djihadistes et une augmentation des moyens affectés à la sécurité. Mais sur le fond, elle ne change pas sa politique migratoire. « Nous allons y arriver » a-t-elle récemment promis.

Avec John Vinocur, éditorialiste au Walt Street Journal. Ancien directeur de l'International Herald Tribune et Hélène Miard-Delacroix, historienne et germaniste à la Sorbonne, enseigne l'histoire et la civilisation de l'Allemagne.

  • Pour aller plus loin

Les Allemands lassés par Merkel et son «nous y arriverons», Libération, le 5 Août 2016

À treize mois des élections, Angela Merkel demeure sans rival, Le Figaro, le 10 Août 2016

Écouter
4 min
La chronique d'Hubert Védrine
Chroniques
13H55
3 min
L'enfer est pavé de bonnes intentions
L'enfer est pavé de bonnes intentions : Dimanche 14 août 2016
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......