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Les Kurdes à l’épreuve de la guerre / France-Russie : les conséquences diplomatiques de l’affaire du Mistral

1h17

En août, Une semaine dans le monde est présenté par Isabelle Lasserre, journaliste au Figaro .

Retrouvez nous tous les samedis, de 12h40 à 14h sur France Culture.

Sans oublier les fils Facebook et Twitter de l'émission.

La revue de presse sonore d'Antoine Dhulster : - Direction l'Egypte , où le président Abdel Fattah al-Sissi inaugurait en grandes pompes le nouveau canal de Suez , avec la présence de François Hollande comme invité d'honneur.

  • Washington , où le Congrès doit se prononcer sur l'accord nucléaire iranien : une nouvelle séquence politique délicate pour Barack Obama.

  • Toujours aux Etats-Unis, pour le premier débat télévisé des candidats à l'investiture républicaine : fort de ses déclarations populistes et provocantes, c'est Donald Trump qui en est ressorti comme le grand vainqueur.

  • Mexico , un nouveau journaliste, Ruben Espinosa , a été retrouvé mort, il porte des signes de tortures qui laissent penser à un crime mafieux. Depuis 2000, pas moins de 100 journalistes ont été assassinés au Mexique.

  • La Nasa vient de rendre public une banque de sons, recensant les extraits sonores qui ont été lancés dans l'espace, via la sonde Voyager en 1977.

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Première partie : Les Kurdes à l’épreuve de la guerre
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YPG et OEI se disputent le contrôle de la ville d'Hasaka, en Syrie Crédits : Stringer

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Après des mois d’ambiguïtés, la Turquie est enfin entrée en guerre contre les djihadistes de l'OEI (Organisation Etat Islamique) à la fin du mois de juillet. Au nom de son inimitié envers le président syrien Bachar el-Assad mais aussi de sa méfiance séculaire vis-à-vis des Kurdes, Ankara avait jusque là ménagé les combattants islamistes, qui circulaient plus ou moins librement à travers ses frontières. Elle participe désormais activement à la coalition anti-Daech, elle s’est engagée à mieux surveiller ses frontières et permet aux forces américaines d’utiliser ses bases militaires pour aller frapper les djihadistes en Syrie. Mais Ankara a aussi ouvert un second front... L’armée turque mène depuis quinze jours une offensive généralisée contre la mouvance kurde. A l’intérieur du pays, où les arrestations se multiplient. Mais aussi à l’extérieur, où des frappes aériennes ont visé des bases du PKK au nord de l’Irak.

L’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir à Ankara, s’inquiète de la montée en puissance des Kurdes, surtout depuis qu’il a perdu sa majorité absolue avec l’élection de 80 députés kurdes début juin. Pour le pouvoir turc, les Kurdes représentent un danger plus grand que l’OEI.

Mais l’ouverture de ce deuxième front a créé une situation absurde sur le terrain : en combattant les Kurdes, la Turquie affaiblit aussi les forces qui résistent aux djihadistes de Daech, contre lesquels Ankara prétend pourtant lutter ! En Syrie en effet, c’est bien l’YPG, la formation kurde syrienne qui se bat contre l’OEI et représente le principal point d’appui de Washington au sol.

L’offensive turque contre les Kurdes menace de faire voler en éclats le fragile processus de paix entamé en 2012. Elle fragilise aussi l’unité des Kurdes, ce peuple de 30 millions de personnes écartelées entre la Syrie, l’Irak, la Turquie et l’Iran.

On se souvient des images des héroïnes kurdes qui affrontaient avec courage les combattants de Daech. On se souvient aussi de Kobané, la ville symbole de la résistance kurde aux djihadistes syriens, à l’automne dernier. Les Etats-Unis, qui considèrent toujours le PKK comme une organisation terroriste, se sont pour l’instant montrés relativement compréhensifs vis-à-vis de la Turquie. Les Kurdes vont-ils à nouveau être sacrifiés sur l’autel de la puissance turque ?

Le portrait de la semaine, par Antoine Dhulster : Selahattin Demirtas : homme politique turc, d'origine kurde, il est le co-président d'HDP (Parti Démocratique des Peuples), parti politique légal kurde. Le HDP a fait son entrée au Parlement turc lors des élections de juin 2015 : remportant 13% des voix, le parti occupe à présent 88 des 550 sièges.

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Deuxième partie : France-Russie, les conséquences diplomatiques (passées et futures) de l’affaire du Mistral
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Les navires Mistral «Sébastopol» et «Vladivostok» que la France devait livrer à la Russie Crédits : Stephane Mahe

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L’affaire empoisonnait les relations franco russes depuis l’annexion de la Crimée et le début de la guerre en Ukraine au printemps 2014. Le dossier est désormais réglé. Vladimir Poutine et François Hollande ont enfin trouvé un accord pour rompre le contrat de vente des deux portes hélicoptères Mistral – le Vladivostok et le Sébastopol – à la Russie. La France s’est engagée à rembourser les sommes versées par l’état russe. Moscou n’imposera aucune pénalité à la partie française qui avait décidé de suspendre le contrat à la fin de l’année dernière. C’est donc un accord à l’amiable qui a fini par être trouvé. Si l’on en croit l’Elysée, la relation bilatérale n’a pas souffert de l’affaire des Mistral. La diplomatie française s’est enfin débarrassée de ce cailloux dans sa chaussure qui l’empêchait de marcher droit. Les alliés occidentaux de la France, Etats-Unis et pays d’Europe de l’Est comme la Pologne ou les pays Baltes, qui avaient toujours critiqué ce contrat signé par Nicolas Sarkozy, sont satisfaits. Paris devrait aussi pouvoir retomber sur ses pieds au niveau financier, puisque plusieurs pays se sont déjà porté candidats pour acheter les deux navires. La diplomatie française, enfin, a retrouvé vis-à-vis de la Russie, une liberté de parole et d’action. Reste à savoir ce qu’elle en fera…

Musiques : Yaranmaz Asik d'Aynur Doğan, chanteuse kurde

Back in the USSR, reprise des Beatles par le groupe Baba Yaga

Une émission présentée par Isabelle Lasserre

Chroniques d'Antoine Dhulster

Préparation : Isabelle Lasserre, Antoine Dhulster et Marie Mougin

Réalisation : Philippe Baudouin

Intervenants
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