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Syrie : Quel avenir pour Bachar el-Assad ? / L’alliance de la France avec les puissances sunnites (Egypte et Arabie Saoudite)

1h19

En août, Une semaine dans le monde est présenté par Isabelle Lasserre, journaliste au Figaro .

Retrouvez nous tous les samedis, de 12h40 à 14h sur France Culture.

Sans oublier les fils Facebook et Twitter de l'émission.

La revue de presse sonore d'Antoine Dhulster : - En Grèce , la petite île de Kos est débordée par l'afflux des migrants. Située à quelques kilomètres des côtes turques, Kos fait face à plus de 7 000 migrants . Les autorités locales sont dépassées, des violences ont d'ailleurs éclaté ce mardi.

  • Aux États-Unis , cela fait un an que le jeune afro-américain Michael Brown a perdu la vie, des suites d'une altercation avec un policier blanc. A Ferguson , ville théâtre des évènements, une marche pacifique avait été organisée pour commémorer sa mémoire, quand une fusillade a éclaté.

  • Et au même moment, Los Angeles célèbre les 50 ans des émeutes de Watts . En 1965 des tensions éclatent entre la communauté noire et les forces de police. Bilan : 34 morts et des centaines de blessés. 50 ans plus tard le quartier de Watts est toujours un vivier de tensions mais cette fois-ci entre la communauté afro-américaine et la communauté latino.

  • En Equateur , le président Rafael Correa fait face à une vive contestation alors qu'il tente de faire passer une révision de la Constitution, qui lui permettrait de se représenter indéfiniment .

Première partie : Syrie – Quel avenir pour Bachar el-Assad ?
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Portrait du président Bachar el-Assad, dans la région d'al-Ghab, actuellement sous le contrôle de l'Armée de la conquête Crédits : Ammar Abdullah

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La Syrie : 4 ans de guerre civile et plus de 240 000 morts. Aujourd'hui les forces loyalistes de Bachar el-Assad souffrent de sous-effectifs mais les opposants modérés ont presque disparu sur le terrain, au profit des groupes islamiques Jabhat al-Nosra, Ahrar al-Sham, Daesh...

Des Iraniens à Moscou. Des réunions entre russes et américains. De surprenants contacts entre les services de renseignement syrien et ceux des monarchies du Golfe, notamment de l’Arabie Saoudite… Depuis le début du mois d’août la Syrie fait l’objet d’une nouvelle et intense activité diplomatique. Le régime de Bachar el-Assad enregistre les revers militaires : le président syrien a lui-même reconnu que son armée manquait d’effectifs et devait désormais se concentrer sur la défense de la Syrie utile, constituée de la capitale et des fiefs de la communauté alaouite, sur la côté méditerranéenne. Les acteurs diplomatiques de la crise veulent à tout prix empêcher que le vide crée par un éventuel effondrement du régime soit comblé par les djihadistes de l’Etat islamique. Les Etats-Unis espèrent que l’accord sur le nucléaire iranien peut faire naître une nouvelle opportunité de mettre fin à cette guerre qui a fait 250 000 morts en quatre ans. Les nouveaux liens entre la Russie et l’Arabie Saoudite, le ton plus apaisé des relations russo-américaines depuis le début de l’été et l’entrée en action de la Turquie qui a promis une lutte d’envergure contre l’Etat islamique, sont-ils de nature à faire bouger les lignes ? En Syrie plus qu’ailleurs il ne faut pourtant pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Les Occidentaux qui avaient parié sur le départ de Bachar el-Assad au début de la guerre l’ont appris à leurs dépens. Alors que les tentatives diplomatiques précédentes ont échoué, les puissances rivales qui se pressent à la faveur de l’été au chevet de ce pays ravagé, ne se sont pas encore mises d’accord sur le sort qu’il faut réserver à Bachar el-Assad. Au fur et à mesure que s’effrite le régime syrien, l’insurrection, elle, gagne du terrain, grâre à l’appui fourni aux rebelles islamistes par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie. Et Daesh qui contrôle un tiers du pays, continue à avancer... Si le régime syrien s’effondre, par qui ou par quoi sera-t-il remplacé ? Quel bilan tirer de la coalition internationale et de la stratégie américaine depuis le début de la guerre ? Quelles sont les conséquences des nouvelles alliances en train de se former dans la région ?

Deuxième partie : L’alliance de la France avec les puissances sunnites (Egypte et Arabie Saoudite)
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Le président François Hollande, à Riyad, accueilli par le gouverneur de la région Turki bin Abdullahen Crédits : Yoan Valat/Pool

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Contrat de 24 Rafale entre la France et l'Egypte pour un peu plus de 5 milliards de dollars, François Hollande invité d'honneur de l'Arabie Saoudite au Conseil de coopération des Etats du Golfe, de nouveau invité d'honneur de l'Egypte cette fois, à l'inauguration du nouveau Canal de Suez... Alors que le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait été marqué par de forts rapprochements avec le Qatar, il semblerait que la politique de François Hollande se tourne plus vers l'Egypte et l'Arabie Saoudite.

Le portrait de la semaine, par Antoine Dhulster : La famille al-Saoud : famille royale saoudienne, fondatrice de l'Etat moderne d'Arabie Saoudite, en 1932, la dynastie al-Saoud règne sur le pays depuis cette date. Avec la mort du roi Abdallah, l’accession au trône de son demi-frère Salman, cette année 2015 a vu des changements majeurs au cœur du pouvoir saoudien.

Depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, l’Egypte et l’Arabie Saoudite, les deux grandes puissances sunnites de la région sont devenues des partenaires stratégiques incontournables de la France. Paris, Le Caire et Riyad ont en intérêt commun majeur la lutte contre le terrorisme. Surtout depuis que l’Egypte s’affiche avec autorité sur la scène régionale face aux menaces des groupes djihadistes, qui agissent en Libye voisine ou dans le désert du Sinaï. Les intérêts sont aussi commerciaux : les moyens financiers de l’Arabie Saoudite sont illimités et les besoins en équipement militaire du Caire ou de Riyad, qu’il s’agisse d’avions de chasse ou de bateaux de guerre, réels. Mais cette Lune de miel vient aussi remplir un vide : laissé par l’effacement relatif de la puissance américaine, que la diplomatie française a su habilement combler. Pendant longtemps l’Egypte et l’Arabie Saoudite ont été des alliés très proches de Washington, mais aujourd’hui elles doutent de la fiabilité de leur parrain et s’inquiètent de la politique menée au Moyen-Orient par l’administration Obama. Riyad n’a pas apprécié le soutien américain apporté aux printemps arabes. Le président égyptien al-Sissi s’agace des critiques de Washington sur la répression des Frères musulmans. Riyad et Le Caire n’ont pas oublié le volte-face du président américain qui a renoncé à frapper le régime syrien en 2013 malgré le franchissement de la ligne rouge sur les armes chimiques. Enfin les deux pays n’ont pas aimé les concessions faites à l’Iran par l’administration américaine, pour obtenir coûte que coûte un accord sur le nucléaire. Sur tous ces sujets, la France s’est montré plus ferme que son allié américain. Elle était prête à frapper le régime de Bachar el-Assad en août 2013. Et elle a tout fait pour durcir l’accord sur le nucléaire iranien. Cette stratégie récemment couronnée par la signature de juteux contrats d’armement n’en est pas moins risquée… En misant ainsi sur le camp sunnite, la France ne risque-t-elle pas de se couper du camp adverse, notamment de l’Iran chiite, la puissance qui monte dans la région ? En mettant en sourdine ses critiques sur les droits de l’Homme, bafoués en Egypte et surtout en Arabie Saoudite, monarchie obscurantiste adepte du wahhabisme, ne renie-t-elle pas ses valeurs ?

Musiques : - Finjan, du rappeur syrien Omar Offendum

  • Gamil, du groupe Y.A.S.

Une émission présentée par Isabelle Lasserre

Chroniques d'Antoine Dhulster

Préparation : Isabelle Lasserre, Antoine Dhulster et Marie Mougin

Réalisation : Philippe Baudouin

Intervenants
  • conseiller du président de l’IFRI, co-directeur du rapport Ramsès 2016
  • journaliste franco-syrienne, grand reporter à Libération
  • Historienne, spécialiste de l’Algérie, conseillère spéciale pour le Maghreb et le Moyen-Orient à l'Institut Français des Relations Internationales (IFRI)
  • Chercheuse associée à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (Iremam), Université d’Aix-Marseille
  • Président de la Syrie

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