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L'arbre de Julie Bertuccelli

Numéro 14. Des nouvelles du cosmos par Julie Bertuccelli

1h
À retrouver dans l'émission

Julie Bertuccelli a grandi jamais loin des tournages de son père et du monde de l'art avec sa mère. Elle appris le russe petite, a adoré pouvoir raconter que sa grand-mère avait épousé un Nabokov, le cousin de Vladimir. Elle filme le deuil, l'exil et les renaissances : tout ce qui ne se voit pas.

L'arbre de Julie Bertuccelli
L'arbre de Julie Bertuccelli

Il est 23h et on ne prend pas assez de nouvelles du cosmos. De nous. De toi et moi. Est-ce qu’on avance sur l’énigme ? Qu’est ce qu’on a résolu ? Est-ce qu’on pense assez à l’impensé, ce qu’on ne voit pas ou plus ? Quelque chose disparaît, n’est plus sous nos yeux, ni entre nos mains, à partir de là, comment on le fait exister ? Julie Bertuccelli et sa caméra arrivent pour observer les exils, les deuils et les renaissances. Tout ce qui ne se voit pas. L’important c’est le mouvement du monde, pas la psychologie. Donc le monde tourne mais seulement : comment on vit avec l’absence ? L’absence de son pays, d’un être qu’on a aimé ou même du langage. Quand il manque quelque chose, qu’est ce qu’on invente ? Julie Bertuccelli arrive à ce moment là – quand l’imaginaire prend le relais de la tristesse. Comment on fait parler ce qui a disparu ? Elle trouve des résolutions, à l’intérieur d’un arbre en Australie, ou dans des fausses lettres envoyées depuis Paris en Géorgie. Elle trouve des résolutions en filmant les enfants qui arrivent en France et qui portent en eux tout un monde et une langue. En filmant Hélène qui trouve la parole. Dans Dernières nouvelles du cosmos Julie Bertuccelli repart à la conquête du langage. Hélène après vingt ans de silence, pose des lettres les unes à côté des autres, elle écrit et donc elle parle. Sans jamais avoir appris, elle a été diagnostiquée autiste. Elle signe Babouillec et ce sont des fulgurances, comme des formules magiques. Tout repart à partir d’un manque. On retrouve le langage, lettre par lettre. On observe Hélène et on a envie de parler un peu moins mais mieux. En moins de signes, mais avec plus de sens. Julie Bertuccelli nous donne des nouvelles de nous, de toi et moi, du cosmos dont l’ordre n’est pas figé. Elle va chercher où la langue se met. Que ce soit l’enfant qui arrive d’un pays différent ou celui qui parle à un arbre. Elle fait des images qui contiennent toutes l’idée que : la vie continue. Et même mieux, la vie continue et se poursuit mais avec un nouvel alphabet, une façon nouvelle de dire et de parler

Julie Bertuccelli, réalisatrice, son film Dernières nouvelles du cosmos est sorti en salles le 9 novembre. Elle a suivi Hélène Nicolas alias Babouillec pendant deux ans : une jeune femme poète autiste. Elle a retrouvé une façon de communiquer après 20 ans dans le silence, en écrivant avec des lettres découpées.

Nous écoutons la voix d'Otar Iosseliani, de Jean-Louis Bertuccelli qui évoque son film "Remparts d'argile" d'après l'oeuvre de Jean Duvignaud.

Yaël Fogier, productrice, Les Films du Poisson. Complice de Julie Bertuccelli.

Julie Bertuccelli et Yaël Fogiel
Julie Bertuccelli et Yaël Fogiel

LIVE : A-WA , à l'Elysée Montmartre le 6 décembre

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