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Tomorrow, two secondes later

Numéro 15. Les présences de Tim Eitel

1h
À retrouver dans l'émission

Tim Eitel a eu un choc vers 15 ans lors d'une rétrospective de Francis Bacon : il se rend compte qu'on peut transformer et recomposer la réalité. Il prend des photographies et peint des corps contemporains, silhouettes et présences sur fond sobres. Ce sont des paysages urbains, la ville sans le son.

Tomorrow, two secondes later
Tomorrow, two secondes later Crédits : Tim Eitel

Il est 23h et nos yeux sont un peu classiques. Aucune nouvelle option n’a été inventée. On en est restés à un mode plutôt archaïque – on conserve tout à l’intérieur du regard : tous les détails, toutes les couleurs, tous les mouvements. Tout est là. Les yeux ouverts ou fermés – deux choix seulement. Voir, ne pas voir, mais comment on fait pour sentir et pour choisir ? Pour décider de voir et revoir ce geste, cette silhouette qui nous a émus quand on marchait dans la rue. Les yeux voient et puis plus rien quand l’image est partie. Et la mémoire - c’est plutôt classique aussi comme outil. Tim Eitel a inventé un nouveau regard : un regard du vingt et unième siècle – qui recompose sans affect et sans bruit, une rencontre. Une présence. Un surgissement. Si la vie urbaine est un film – Tim Eitel coupe le son – et il découpe. C’est presque un regard animal : qui décide de ne pas tout percevoir forcément tout le temps, qui choisit une masse, un corps, et qui le pose sur un fond simple ou sobre. C’est de la peinture faite avec les yeux mais aussi le museau – qui sent et qui retrouve. Tim Eitel prend des photos dans la ville, dans la rue – il les pose devant lui et puis au fil du temps, la peinture prend le dessus et il les oublie. Mais il y a notre époque dans les toiles. Il y a des vies entre deux, des marges, de la vitesse, du manque de temps, du travail, des imperméables et des sacs à dos. Il faut déformer la vie pour attraper la réalité disait Francis Bacon. Tim Eitel déforme ou plutôt reforme ce que nos yeux classiques ne prennent pas le temps de déceler. Ce sont des corps, souvent de dos, qui sont arrêtés le temps d’un instant – parce qu’on sent qu’ils sont en action, ils sont en train de faire ou de penser, ils sont happés. Ne savent pas qu’on existe, qu’on est là. Tim Eitel leur offre à eux et nous un espace silencieux. Francis Bacon disait que le coup de pinceau devait atteindre le système nerveux – les images de Tim Eitel ce sont des décharges, parce que ces hommes et ces femmes sont en équilibre, vont reprendre leur course. Parce qu’on se rend compte que nos yeux sont un peu classiques. Aucune option nouvelle. Lui a inventé une façon de voir avec le museau, avec la sensation. Il coupe le son, il découpe et il respire et il sent tout. Et il replace l’émotion au bon endroit : au moment de l’apparition d’un autre que soi.

Tim Eitel, peintre allemand, représenté par la Galerie Jousse Entreprise. Sophie Vigourous de la Galerie.

White Skirts
White Skirts Crédits : Tim Eitel

Terence Meunier, ingénieur du son, compositeur

LIVE : ROMAIN MARSAULT

Tim Eitel
Tim Eitel
Sophie Vigourous, Tim Eitel, Romain Marsault, Terence Meunier
Sophie Vigourous, Tim Eitel, Romain Marsault, Terence Meunier
Intervenants
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