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Valérie Jouve

Numéro 17. Les gens de Valérie Jouve

1h
À retrouver dans l'émission

Valérie Jouve a grandi dans la banlieue de St Etienne, dans une barre HLM, son père était garagiste. Arrivée à Lyon elle étudie la sociologie mais dans ses photographies les gens explosent les cadres. Elle commence la série des Personnages et travaille sur le rapport des corps au paysage.

Valérie Jouve
Valérie Jouve

Il est 23h et l’homme ne peut pas perdre. Il ne peut pas perdre face à ce qu’il a inventé. L’homme a créé les villes et depuis toujours, il sait raconter des histoires. Mais parfois, il se laisse absorber par la cité et dans sa vie il n’a plus le temps d’imaginer. Parfois on ne voit plus l’espace entre les êtres mais seulement celui qui est derrière ou devant : nos villes, nos trottoirs, nos bâtiments. Le quotidien fait fondre les vies dans le décor. Valérie Jouve elle, fait gagner les gens. Elle nous rend nos corps et elle nous rend présents. Elle a grandi à Firminy près de ce qu’on appelait : la ville noire, la ville minière de St Etienne. C’était une barre HLM – au moment où on collait encore un peu d’utopie à ces espaces qu’on avait construits. On peut faire toutes les études du monde sur le territoire, sur la banlieue, les gens ne rentreront jamais dans les cases. Valérie Jouve commence à faire de la sociologie et ça lui saute aux yeux : les corps explosent les théories. Les raisonnements par a b ne tiennent pas. Il va falloir arrêter d’expliquer, il va falloir regarder et même aller plus loin : suggérer tout ce qu’on ne voit pas. Elle s’énerve contre la photo qui serait le double du réel. A quoi ça servirait ? Elle appelle ceux qu’elle photographie des Personnages. Ils ne sont pas enfermés dans leurs lieux. Ils sont là, ils sont présents. La ville devient organique. Le corps ne se laisse pas réduire, et en retour il libère l’espace de tous ses clichés. Que ce soit la banlieue française, la Palestine ou le Guatemala – les corps remettent de l’imaginaire. C’est le début d’une nouvelle prise de pouvoir, et le début d’une histoire, pas écrite d’avance. Parfois aux photos il n’y a pas de titre, parce qu’on ne légende pas le monde, il n’y a pas de didascalies dans la vraie vie. Depuis près de 25 ans, Valérie Jouve cherche à montrer tout simplement, comment on est présent. Comment l’humain et l’urbain, ça peut marcher ensemble. Elle aime le mot : résistance. Une résistance à la facilité. À ce qu’on attend de nous. Les images de Valérie Jouve nous donnent des nouvelles du monde où nous vivons que parfois, nous sommes tentés d’oublier. Elle nous rend présent si on s’était absentés. Elle regonfle un peu les utopies si par malheur elles nous avaient abandonnés. Il y a à nouveau, des corps et de la fiction. Parce que l’homme ne peut pas perdre face au bâtiment -- où qu’elle soit, Valérie Jouve fait gagner les gens.

Valérie Jouve, photographe née en 1964 à St Etienne. La rétrospective autour de son travail en 2015 au Jeu de Paume s'appelait : Corps en résistance.

Son ami malien rencontré quand elle est arrivée à Paris : Faly Diakon.

Valérie Jouve et Faly Diakon
Valérie Jouve et Faly Diakon

LIVE : CHRISTINE OTT - le nouvel album TABU vient de sortir le 16 décembre. Elle sera en concert le 3 février à Selestat, le 6 février à Ouistreham.

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