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Swagger le film

Numéro 35. Le swag d'Olivier Babinet

59 min
À retrouver dans l'émission

Olivier Babinet a grandi à Strasbourg. Il n'a pas aimé l'école, préférait les bagarres et le faire le mur. Il vient de réaliser le film documentaire "Swagger" à Aulnay sous-bois. Son premier long métrage de fiction "Robert Mitchum est mort" était un road trip à la Jim Jarmush.

Swagger le film
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Il est 23h et le futur c’est dur à imaginer. Il y a un moment où les choses sont devenues dures à imaginer. C’est pourtant une phrase qu’on ne devrait pas prononcer. Imaginer c’est facile. Imaginer c’est fermer les yeux, et voir ce qui n’existe pas encore. On serait donc coincé dans notre présent. Ce qui n’existe pas, ça n’apparaît plus. La vision est partie. Olivier Babinet filme dans Swagger des collégiens à Aulnay sous-bois à quelques kilomètres de Paris qui disent : J’arrive pas à imaginer que ma copine ce serait une française, parce qu’on n’est pas pareil. La vue est bouchée, les yeux parasités. Olivier Babinet les fait travailler sur le fantastique, la science-fiction. Quand on est plantés là il vaut mieux compter en milliers d’années avant de se rapprocher. Certains aimeraient recommencer à zéro et disent : Si je revivais mon enfance j’essaierais de parler plus fort, parler plus, être moins discrète. C’est le moment où on se rappelle de ce point dans le ventre qu’on a en cours de sport, quand on distribue les équipes et que tu es choisie en dernière. Là on voudrait revivre ce moment, lever la main, prendre le ballon et partir loin. La question dans le travail d’Olivier Babinet depuis le départ c’est : Est-ce que quelqu’un pense à moi ? Il filme des vies qui sont en attente, leurs décors, leurs paysages. Des vies qui attendent mieux, mais sans plus oser demander. Dans son premier court métrage un homme était coincé dans une boucle temporelle. On revenait en arrière. Il était nerveux il avait un creux entre les deux yeux. Plus tôt il avait inventé la série BIDULE où trois amis se posaient la question du sens de la vie et des utopies. Parfois Olivier Babinet tournait à Aulnay et ça arrivait que le soir en rentrant, il fonde en larmes. Ne plus pouvoir imaginer, ça fait pleurer. Dans Swagger on parle aussi d’amour, il y en a un qui répond : Il manque quelqu’un autour de moi c’est bizarre, une personne en plus. En réfléchissant ils ajoutent : Ca rajoute un truc à la vie. A Aulnay c’est dur d’imaginer la vie autrement mais petit à petit les rêves reviennent, occupent tout l’espace grâce au cinéma– et le spectateur se dit : Il manque quelqu’un autour de moi c’est bizarre, une personne en plus. Oliver Babinet nous montre des visages, des personnes en plus pour nos vies. Des gens qu’on n’a pas encore rencontrés. On regarde et ça rajoute un truc à la vie. On imagine. La vue s’est dégagée – on est moins nerveux, on n’a plus de creux entre les deux yeux

Olivier Babinet, réalisateur et scénariste. Il a réalisé le film documentaire Swagger avec des collégiens d'Aulnay sous-bois.

Son ami Cosme Castro, acteur metteur en scène, réalisateur. Il joue dans le court-métrage d'Olivier Babinet "C'est plutôt genre Johnny Walker" et le long-métrage "Robert Mitchum est mort".

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Bibliographie

Swagger d'Olivier Babinet

SwaggerOlivier BabinetRezo Films, 2016

Intervenants
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