LE DIRECT
Foofwa d'Immobilité

Numéro 31. Marcher en dansant dans la ville

1h
À retrouver dans l'émission

Foofwa D'Immobilité prépare sa "Dancewalk mai 2068" de Paris à Nanterre, une marche dansée de 12 kilomètres. La chorégraphe Julie Nioche et l'auteure Gwenaëlle Aubry ont travaillé ensemble pour la pièce "La taille de nos âmes". A la musique, Clara Luciani, son nouvel album s'appelle Sainte Victoire.

Foofwa d'Immobilité
Foofwa d'Immobilité

Il est 23h et il faudrait que marcher soit une nécessité. On n’a plus besoin de marcher – on a des machines. On a des transports. On a des tickets. Mais alors on ne relie plus jamais les lieux entre eux avec nos corps. On ne sait plus tracer les lignes parce qu’on le fait, isolé, sous terre et presque les yeux fermés. Foofwa d’Immobilité prépare la Dancewalk mai 2068 – il va danser et marcher 12 kilomètres 700 de Paris à Nanterre. Il l’a fait à Sarajevo, Moscou ou Soweto. Chaque fois, c’est une phrase de danse sur plusieurs kilomètres. Chaque fois il refait la géographie, décentre. On sait qu’il faut marcher pour penser, avant on marchait par nécessité, pour relier des points. Au milieu des années 80 c’est Werner Herzog qui avait fait à pied le tour de l’Allemagne divisée en deux, 800 kilomètres pour coller à nouveau le pays qui comme il dit : n’a plus de cœur. La marche serait une façon de réparer. Recoudre pas à pas. Herzog avait aussi marché trois semaines, en novembre 1974, de Munich à Paris jusqu’à son amie Lotte Eisner qui était souffrante, dans l’idée que cette attente et cet effort allaient la sauver. Qui a déjà marché pour sauver une vie ? Pour conjurer un effondrement. Pour refaire les frontières. Julie Nioche et Gwénaëlle Aubry elles, refont les frontières de nos corps, les contours jamais clairs qui font qu’il faudrait arrêter de n’être que soi. Qu’on est forcément habité par cette foule qui traverse la ville, qui marche. Elles disent Nous sommes très peuplés, Nous ne sommes pas recensés. A l’intérieur des leurs, elles convoquent tous les corps qui nous habitent. Pour une fois, on va étirer les possibles, penser en kilomètres et penser en nombre, faire de la rue un lieu puissant où on peut, à plusieurs et pas à pas, modifier quelques frontières

Foofwa d’Imobilité, danseur, chorégraphe suisse.Après s’être formé à Genève puis à New York dans la compagnie de Merce  Cunningham, il fonde en 2000 l’association Neopost Ahrrrt, avec laquelle  il crée des omni (Objets Mouvants Non Identifiables), il explore le  corps numérique, l’histoire de la danse et invente la « dancerun » : passionné par le rapport entre le sport et la danse,  il a inventé cette activité hybride, qui consiste en une course dansée  sur plusieurs kilomètres. Le 07 avril, il réalisera Dancewalk – Mai 2068 : une marche dansée de 12,7 km entre le Centre Culturel Suisse (Paris) et le Théâtre des Amandiers (Nanterre).À l’occasion du festival « Mondes possibles » de Nanterre-Amandiers et du festival « Extra Ball »  du Centre Culturel Suisse, les spectateurs sont invités à le rejoindre  tout au long de ce parcours qui sera filmé et retransmis sur le web…

>> Le poème du Dancewalk <<

Julie Nioche, danseuse, chorégraphe. Avec des  chercheurs, artistes, éditeurs, danseurs, kinésithérapeutes,  ostéopathes, elle co-fonde en 2007  l’association A.I.M.E : Association  d’Individus en Mouvements Engagés. Outre la production de spectacles, la structure assure la diffusion de la danse et des  savoirs du corps dans la société, pour aborder la danse dans les champs  du travail social, médical et éducatif. Pour le festival « Concordan(s)e », qui depuis 12 ans propose des pièces issues de rencontres inédites entre un chorégraphe et un écrivain, elle co-signe le duo La taille de nos âmes, avec Gwenaëlle Aubry : du 08 mars au 11 avril à Paris et en Île-de-France (Bagnolet, Ivry-sur-Seine, Bezons, Morsang-sur-Orge, Nanterre).

Gwenaëlle Aubry, écrivain, philosophe, chercheuse au CNRS. Auteure de  récits, d’essais, de romans traduits dans une dizaine de langues, ses deux derniers textes sont parus en 2016 : Lazare mon amour (éd. L'Iconoclaste) sur la poétesse Sylvia Plath et Perséphone 2014 (éd. Mercure de France) sur le mythe grec. Elle partage la scène avec Julie Nioche dans ce duo,  qui est en fait un trio puisque la musique originale est composée par  une troisième femme : Alice Daquet alias Sir Alice, compositeur.

LIVE : Clara Luciani. Son album Sainte-victoire sort le 06 avril. Elle sera présente sur plusieurs festivals dans les prochains mois, dont le Printemps de Bourges et Days off, avant la Gaité Lyrique (Paris) à la rentrée, le 11 octobre.

COUP DE FIL SCENE NATIONALE : Jean-Léon Pallandre, artiste sonore, avec sa compagnie Ouïe/Dire composées de musiciens phonographistes, il présente la pièce Vagabondages le 31 mars au Centre Culturel André Malraux, Scène Nationale de Vandœuvre-lès-Nancy.

Gwénaëlle Aubry, Clara Luciani et Foofwa d'Immobilité
Gwénaëlle Aubry, Clara Luciani et Foofwa d'Immobilité
Clara Luciani
Clara Luciani
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......