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Visuel par Warhol du premier album, "The Velvet Underground and Nico".

Andy Warhol, pape de l’antisensibilité, du voyeurisme et de l’impassibilité

59 min
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La figure d'Andy Warhol est centrale lorsqu'il s'agit d'évoquer le destin à la fois fugace et durable du Velvet Underground. C'est Warhol qui produit leur premier album, Warhol qui pousse Nico (avec laquelle il travaille déjà) à y poser sa voix. Warhol aussi qui signe la fameuse banane. Portrait.

Visuel par Warhol du premier album, "The Velvet Underground and Nico".
Visuel par Warhol du premier album, "The Velvet Underground and Nico". Crédits : Andy Warhol via flickr

Andy Warhol était le pape du pop art. C’est-à-dire de l’antisensibilité, du voyeurisme, et de l’impassibilité. A la fin des années 50, l’art, aux Etats-Unis, n’est plus là pour exprimer le romantisme, les émotions et l’intériorité. Andy Warhol, né à Pittsburgh dans une famille pauvre, cherche avant tout à être efficace et à tirer son épingle du jeu. Il absorbe son temps comme une éponge. C’est Willy Wonka, le propriétaire de la chocolaterie imaginée par Roald Dahl, revu par Tim Burton : tout parait glisser sur lui, mais il attend son heure pour répondre. 

Dandy caché derrière de grosses lunettes et une perruque blanche tirant sur le gris, Andy Warhol observe, de 1950, date de son installation à New-York, jusqu’à sa mort en 1987, un système en voie de dérèglement. La culture et la consommation de masse rendent les gens fous. Fin stratège, il commence par le dessin publicitaire avec un beau trait fin et élégant, puis se lance à la conquête de la scène picturale en peignant, au début des années 60, des boîtes de soupe Cambell, des boîtes de savon Brillo et une bouteille de Coca-Cola. Les objets du quotidien entrent dans l’art.

En 1962, il invente l’art du portrait pop : des couleurs vives pour peindre des séries de Jackie Kennedy juste après l’assassinant de son mari, des Marilyn Monroe juste après son suicide et des Liz Taylor qu’une rumeur dit mourante. Andy Warhol dit adorer les sucreries, et les "choses ordinaires ordinaires " , mais derrière son numéro de petit garçon ravi, il y a un homme qui exaspère le système. L’argent est roi ? Il en profite, et devient courtisé par les riches bourgeois qui imaginent entrer dans la sphère culturelle avec leur portrait peint par Warhol. Les stars se multiplient ? Il sort énormément, pour mettre le social au service de l’art. Des années 1950 aux années 1980, Andy Warhol exacerbe les traits morbides de son époque.

  • Productrice : Virginie Bloch Lainé
  • Réalisation : Pascale Rayet

Avec : *Cécile Guilbert ,* essayiste, écrivain, auteur de Warhol Spirit , éditions Grasset ; Alain Cueff , historien de l’art, commissaire de la rétrospective Andy Warhol organisée au Grand Palais en 2009, et auteur de Andy Warhol à son image , éditions Flammarion ; Michel Bulteau , poète, écrivain, auteur de La Reine du pop , et de Andy Warhol et le désir d’être peintre , publiés aux éditions de La Différence ; Mériam Korichi , écrivain et metteur en scène, auteur d’une biographie d’Andy Warhol publiée chez Folio Gallimard ; Thomas Lélu , plasticien, écrivain

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