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Arthur Schnitzler en 1929

Arthur Schnitzler ou " l'Apocalypse joyeuse"

58 min
À retrouver dans l'émission

Joué et lu en France depuis le début du XXe siècle, le grand auteur autrichien Arthur Schnitzler (1862-1931) a laissé une oeuvre particulièrement riche, mêlant théâtre, récits et essais.Ce maître des nuances joue sur une frange ténue de la vérité et du mensonge, du dire impossible et du secret.

Arthur Schnitzler en 1929
Arthur Schnitzler en 1929 Crédits : ullstein bild/ullstein bild - Getty

Arthur Schnitzler est né à Vienne, il y a cent cinquante ans, dans une famille de la bourgeoisie juive assimilée. Son père, Johann Schnitzler, laryngologue réputé, n’envisageait pas d’autre chemin pour son fils que celui la carrière médicale. Immergé dès son âge le plus tendre dans le bouillonnement culturel de la capitale impériale (le père soignait les problèmes de voix des acteurs et cantatrices !), le jeune Schnitzler se sent très tôt attiré par les « faubourgs de l’âme », ces régions intermédiaires et risquées où se côtoient rêve et réalité. Il exercera très peu la médecine et, dès la mort de son père, utilisera tout son talent d’observateur clinique à disséquer les « intimités » de l’être et les non-dits de la société.

Un briseur de tabou, qui avait pleinement conscience de la force subversive de son écriture

A l’instar de Freud, qui le considérait comme son double, Schnitzler a été un briseur de tabou, qui avait pleinement conscience de la force subversive de son écriture. « Limant » ses textes et cultivant l’art de l’allusion, l’auteur de La ronde ou de Vienne au crépuscule s’ingéniera magnifiquement à tourner autour de l’indécente vérité, que ce soit celle de la sexualité ou de l’antisémitisme. Ses contemporains ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et lui ont réservé un accueil digne d’un Thomas Bernhard ou d’une Elfriede Jelinek (boules puantes, insultes, interdiction). Mais l’essentiel n’était pas là pour cet incurable sceptique. Tous les jours, depuis l’âge de dix-sept ans et jusqu’à sa mort, il s’auscultait lui-même dans un monumental Journal, qu’il tenait caché dans un coffre-fort. « Me dit que certaines parties de mon journal : la seule chose forte de moi ». Aveux qu’il sténographiait pour lui-même d’une écriture quasi illisible.

Aujourd’hui, Schnitzler reste sans doute l’un des modernes viennois les plus joués sur les scènes allemandes. Mais d'Ophüls à Kubrick, ce sont peut-être les cinéastes qui ont su rendre hommage à l’onirisme fantastique de ce cinéphile passionné, comme on l’entendra dans ce documentaire réalisé en partie à Vienne.

par Christine Lecerf

Réalisation : Marie-Christine Clauzet

Avec :

Philippe Chardin , L’amour dans la haine ou la jalousie dans la littérature , Droz

Konstanze Fliedl , Arthur Schnitzler , Reclam

Jacques Le Rider , Arthur Schnitzler , Belin

Dörte Lyssevski,  actrice, Terre étrangère , Burgtheater de Vienne

Anne Catherine Simon , La Vienne d’Arthur Schnitzler , Picus Verlag

Karl Zieger , Les Jeunes Viennois ont pris de l’âge , Presses de Valenciennes

Théâtre

Liebelei/ Amourette , ORF, Vienne, 1958

*Das weite Land/ * Terre étrangère , Burgtheater Vienne, 2012

Films

La Ronde, Max Ophüls, 1950

Eyes wide shut, Stanley Kubrick, 1999

Matchpoint, Woody Allen, 2005

Lectures  : Philippe Morier-Genoud

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