LE DIRECT
Chantal Akerman

Chantal Akerman (1950-2015) - Intérieur extérieur

1h
À retrouver dans l'émission

Née en 1950, à Bruxelles, dans une famille d’émigrés juifs polonais, Chantal Akerman a traversé le cinéma comme une étoile filante, en laissant derrière elle une œuvre pionnière, arrachée aux ténèbres.

Chantal Akerman
Chantal Akerman

Par Christine Lecerf. Réalisation : Ghislaine David. Prise de son : Andreas Jaffre et Laurent Macchietti. Mixage : Olivier Dupré. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret.

Fille et petite fille de rescapés, Chantal Akerman grandit enfermée dans un passé omniprésent, sans mot et sans image. Filmer va constituer pour elle une "sorte de conjuration", une lutte pour briser les murs du silence et résister aux assauts de la folie.

Dès son premier film Saute ma ville (1968), tourné vers l’âge de 18 ans, après le choc de Pierrot le fou de Jean-Luc Godard, Akerman fait exploser à son tour les cadres conventionnels du 7e art. A la fois devant et derrière la caméra, sans parole mais en chantonnant, la jeune fille s’enferme dans la cuisine familiale et filme son suicide au gaz. Une cinéaste est née, d’une liberté créatrice totale. Entre comédie et tragédie, fiction et réalité, Chantal Akerman vit et survit dès lors par la seule force de son cinéma.

Plus artiste que cinéaste, Chantal Akerman a travaillé l’image comme un peintre son motif. Qu’elle cadre à l’intérieur ou à l’extérieur, sa chambre à Bruxelles dans La chambre (1972) ou les façades et les rues de New York dans News from Home (1977), qu’elle filme en plan fixe ou en un long travelling, l’actrice Delphine Seyrig épluchant des pommes de terre dans Jeanne Dielman (1975) ou une foule anonyme attendant dans une gare à Moscou D’Est (1993), Chantal Akerman avance de face et à tâtons, redéfinissant radicalement la nature et le rôle de l’image cinématographique. Sans modèle ni méthode, transformant le trou noir de son histoire en une prodigieuse capacité à habiter le temps, Chantal Akerman a transformé le cinéma en un véritable art du « plan ».

Son dernier film No home Movies (2015) se regarde comme on contemple un autoportrait au miroir. Intérieur extérieur. La cinéaste filme sa mère peu de temps avant sa mort. C’est la dernière image. Chantal Akerman s’est suicidée à Paris, le 5 octobre 2015, à l’âge 65 ans.

Avec les voix de :

Chantal Akerman

Aurore Clément

Caroline Champetier

MUSIQUE

Sonia Wieder Atherton

FILMS

Saute ma ville, 1968

Je tu il elle, 1975

Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1975

News from home, 1976

Dis-moi, 1982

Toute une nuit, 1982

Portrait d’une paresseuse, 1986

Histoires d’Amérique, 1988

D’Est, 1993

D’Est au bord de la fiction, 1995

ARCHIVES

INA, Radio France

Chantal Akerman, entretien avec Harry Fischbach, 1977

Atelier Création Radiophonique, Chantal Akerman, INA, 2004

Marianne Lambert, Chantal Akerman I don’t belong anywhere, 2015

REMERCIEMENTS

Sylvie Testud

LIENS

Maniac Shadows - La Ferme du Buisson rend hommage à Chantal Akerman. Du sam 19 nov 2016 au dim 19 fév 2017.

Bio-filmographie sur le site du ciné-club de Caen.

Hommage à Chantal Akerman signé Claire Atherton.

Là-bas ou ailleurs, entretien avec Chantal Akerman, paru dans Vacarme le 20 avril 2007.

Chantal Akerman par Laetitia Masson, un court métrage diffusé dans le magazine Blow up sur Arte.

Cinéma & cinéaste consacré à Chantal Akerman (2012) : un film de 17’ en ligne sur Dailymotion.

La voix chantée dans le cinéma de Chantal Akerman, article d’Emma Dusong publié dans la revue de cinéma Entrelacs.

Chroniques

Bibliographie

Chantal Akerman : autoportrait en cinéaste

Chantal Akerman : autoportrait en cinéasteCahiers du cinéma, Paris / Ed. du Centre Pompidou, Paris, 2004

visuel couv

Matière d'imageJacques Aumontla Différence, 2009

Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......