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Elisabeth, Louise Vigée Le Brun (1755-1842)

59 min
À retrouver dans l'émission

Eblouie par la société cultivée de son temps, Elisabeth Vigée Le Brun peint le raffinement et la beauté, la légèreté insouciante d'un monde que la Révolution va engloutir.

<source type="image/webp" srcset="/img/_default.png"data-dejavu-srcset="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2015/10/84613600-7be6-11e5-8e9e-005056a87c89/838_lebrun_self-portrait.webp"class="dejavu"><img src="/img/_default.png" alt="Vigée Le Brun par elle-même" class="dejavu portrait" data-dejavu-src="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2015/10/84613600-7be6-11e5-8e9e-005056a87c89/838_lebrun_self-portrait.jpg" width="838" height="1079"/>
Vigée Le Brun par elle-même
Par Françoise Estèbe. Réalisation : Lionel Quantin. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret.

L'histoire de l'art a longtemps négligé "Madame" Vigée Le Brun considérée comme l'incarnation de l'Ancien Régime, l’emblème d'un monde et d'une peinture révolus. A travers ses portraits dont les plus célèbres auprès du public furent les représentations de Marie -Antoinette, c'est en effet tout l'Ancien Régime qui défile sous nos yeux." Madame" Vigée Le Brun peint la Cour, les puissants, les élégantes, les modes, un art de vivre...

Une première rétrospective consacrée à l'ensemble de son oeuvre au Grand Palais rend aujourd'hui un juste hommage à l'éblouissante portraitiste et coloriste que fut Vigée Le Brun.

Sa peinture cultivée, dans la lignée de Rubens, de Raphaël, de Van Dyck a l'art de transcrire la transparence d'une carnation, les vibrations d'un visage, le drapé et la sensualité des étoffes. Loin d'être compassée, Vigée Le Brun capte la vie. Elle fut une femme libre, indépendante financièrement, qui revendiqua son statut d'artiste. Aucun lien, aucun événement ne parvinrent à entraver sa liberté. C'est une trajectoire exceptionnelle que la sienne.

Elle naquit la même année que Marie-Antoinette, en 1755, au sein d'une famille d'artistes, connut la gloire dès sa quinzième année, fréquenta l'élite et les artistes de son temps, fut admise en 1783 à la très prestigieuse et masculine Académie Royale de peinture qui n'acceptait que cinq femmes en son sein, portraitura la Cour de France et les royautés d'Europe, fut acclamée dans tous les pays européens dans lesquels elle séjourna durant son exil de douze ans et fut reçue dans les académies les plus prestigieuses du monde.

Elle était en porte-à-faux avec les idées de son temps ? Certes, mais elle fut aussi une femme des Lumières par sa sensibilité, son goût des voyages, le sentiment rousseauiste de la nature et son penchant pour le pittoresque. Aspect moins connu de son œuvre : elle réalisa de nombreux pastels de paysages lors de son intrépide traversée de l'Europe pendant les années d'émigration.

De retour en France elle resta d'une fidélité absolue à ses convictions royalistes, dédaigna les fastes et les honneurs de l'Empire, mais continua à vivre l'actualité culturelle de son temps, recevant dans son salon la nouvelle génération des poètes et des musiciens romantiques. Dans les dernières années de sa vie, elle troqua la palette pour la plume, portraiturant en mots dans ses Souvenirs ce monde disparu qu'elle avait tant admiré.

Avec :

Cécile Berly , historienne. Xavier Girard , historien de l'art. Geneviève Haroche-Bouzinac , biographe de Vigée Le Brun. Xavier Salmon , conservateur général du patrimoine, commissaire avec Joseph Baillio de l'exposition consacrée à Vigée Le Brun au Grand Palais. Textes lus par Yasmine Modestine .

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