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Portrait de l'artiste 1892. Musée d'Orsay, Paris.

Gustave Caillebotte (1848-1894) : un héros très discret

59 min
À retrouver dans l'émission

30 ans après la redécouverte de son œuvre, on ne sait toujours pas grand-chose de la vie du plus mystérieux des peintres impressionnistes, précurseur d’une peinture photographique aux perspectives audacieuses, mécène et collectionneur engagé, architecte naval visionnaire… mort brutalement à 45 ans.

Portrait de l'artiste 1892. Musée d'Orsay, Paris.
Portrait de l'artiste 1892. Musée d'Orsay, Paris.

Par Amaury Chardeau. Réalisation : Anne Perez-Franchini. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret.

Gustave Caillebotte devant Le Louvre, photographié par son frère Martial.
Gustave Caillebotte devant Le Louvre, photographié par son frère Martial. Crédits : DR

De Gustave Caillebotte, l’histoire n’a longtemps retenu que sa richesse qui, très tôt, lui avait permis d’acquérir de nombreuses toiles de ses amis impressionnistes (Monet, Pissarro, Renoir, Cézanne, Manet, Sisley…) et de constituer l’une des plus importantes collections de peinture moderne. Le legs qu’il fit de cette dernière à l’Etat, partiellement refusé, donna lieu à des polémiques acharnées. Jusqu’aux années 1950, son nom restait essentiellement associé au nom de la salle du musée du Luxembourg qui abritait cette collection. Caillebotte avait été un mécène, fort généreux du reste, mais c’était là l’essentiel de son œuvre.

Gustave Caillebotte - Jeune homme à la fenêtre (1876)
Gustave Caillebotte - Jeune homme à la fenêtre (1876) Crédits : DR

Et pourtant, Gustave Caillebotte avait été peintre, bien sûr. Ses Raboteurs de parquet (1875) abrités au Luxembourg - et qui, longtemps, restèrent sa seule œuvre visible par le grand public – en témoignaient. Mais Zola en ayant qualifié la facture de « proprette » et de « bourgeoise », on ne cherchait guère plus loin.

La renaissance viendrait bien plus tard d’outre-Atlantique, grâce à l’historien d’art Kirk Varnedoe qui organisa une première rétrospective au musée de Houston (1976). Dès lors, on redécouvrira progressivement l’œuvre de Caillebotte, ses perspectives audacieuses, son réalisme « photographique » (bien qu’il ne semble pas avoir jamais travaillé d’après photo) et ses fascinantes descriptions du Paris bourgeois et haussmannien.

Gustave Caillebotte - Le boulevard vu d'en haut (1880)
Gustave Caillebotte - Le boulevard vu d'en haut (1880) Crédits : DR
Gustave Caillebotte - Le déjeuner (1876)
Gustave Caillebotte - Le déjeuner (1876) Crédits : DR

On se souviendra également qu’il aura poussé loin d’autres talents, depuis l’architecture navale (qu’il développa par des innovations remarquées, devenant également l’un des meilleurs régatiers de son temps) jusqu’à l’horticulture dont il fut l’un des premiers adeptes en France, avant même que Monet ne plante ses premiers nymphéas.

Gustave Caillebotte - Les canotiers (1877)
Gustave Caillebotte - Les canotiers (1877) Crédits : DR

Mais de l’homme, que savons nous ? Que connaissons nous de ce caractère touche-à-tout, marqué par la guerre de 1870 et les deuils familiaux en cascade, ambitieux mais modeste, sanguin mais discret ? Peu de lettres, des bribes de témoignages, quelques photos… A croire que cet homme qui n’avait cessé, toute sa vie, d’élargir ses horizons et sa curiosité, n’aura négligé qu’une seule chose : sa propre postérité.

Gustave Caillebotte - Fruits à l'étalage (1876)
Gustave Caillebotte - Fruits à l'étalage (1876) Crédits : DR

Avec les archives de Kirk Varnedoe, Jean Chardeau et Daniel Kahnweiler.

Remerciements à François Chevalier (architecte naval et journaliste), à Nicolas Dupont-Aignan et à la Propriété Caillebotte à Yerres, à Dominique Hérouard (Musée du Baron Gérard de Bayeux) à Dominique Bussillet, auteur, et à Jacqueline Le Men (archives de Gennevilliers).

EXPOSITIONS A VENIR

« Caillebotte, peintre et jardinier » au Musée des impressionnismes de Giverny du 25 mars au 3 juillet 2016.

« Caillebotte, portrait intime d'une famille normande » au Musée d’Art et d’Histoire de Bayeux du 16 avril au 18 septembre 2016.

« Manet, Renoir, Monet, Morisot… Scènes de la vie impressionniste » au Musée des Beaux-Arts de Rouen du 16 Avril au 26 Septembre 2016.

Site dédié à Gustave Caillebotte. On y trouve notamment le catalogue de 347 œuvres de Caillebotte, classées par date.

Site de la propriété Caillebotte à Yerres (Essonne).

L’affaire Caillebotte : explications de Pierre Vaisse pour le magazine L’Histoire.

Gustave : être gay et créateur : Vie et oeuvre de Gustave Caillebotte, par Xavier Bézard.  

La vision de la ville par les impressionnistes et par Caillebotte, article d’Itzhak Goldberg.

Chroniques
Intervenants
  • conservatrice générale honoraire du patrimoine au Musée d'Orsay, spécialiste de peinture impressionniste.
  • directrice scientifique du musée des impressionnismes de Giverny.
  • historien, critique d’art, Conseiller scientifique auprès de la Présidence du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie.
  • historien et spécialiste de l’art des jardins.
  • professeur d’arts plastiques et romancier.
  • conservatrice en chef du département des peintures françaises de la National Gallery (Washington).
  • président du comité Caillebotte.
L'équipe
Production
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