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Guy hocquenghem en 1986

Guy Hocquenghem, (1946-1988), la rage intacte, itinéraire d’un indompté

59 min
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Figure emblématique de la jeunesse bouillonnante de mai 68 et mû par un infatigable esprit de contestation, Guy Hocquenghem traversa les années 70 et 80 à l’affût de toutes les tiédeurs et compromissions de son époque, avant de mourir du Sida en 1988.

Guy hocquenghem en 1986
Guy hocquenghem en 1986 Crédits : Louis Monier pour Gamma/Rapho chez Getty

Par Delphine Saltel. Réalisation : Marie-Laure Ciboulet. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret.

Guy Hocquenghem a grandi dans une famille de la bourgeoisie intellectuelle et progressiste. Il fait de brillantes études au Lycée Henri IV à Paris et entre à l’Ecole Normal Supérieure de la rue d’ULM en 1966. Avec son professeur de philosophie René Schérer, il s’initie au sexe et à la politique. Tout en menant une vie homosexuelle clandestine, il plonge dans l’effervescence politique de la fin des années 60, il manifeste devant le théâtre de l’Odéon pour protéger les représentations des Paravents de Genet et tient le haut du pavé en Mai 1968.

En 1971, il rompt avec le gauchisme pur et dur en participant à la fondation du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire dont il sera la plume enragée, rédigeant tracts, manifestes et textes théoriques souvent censurés pour outrage aux bonnes mœurs. Le Désir Homosexuel, son essai publié en 1972, demeure un texte fondateur des études gays et lesbiennes et de la théorie Queer. Mais Guy Hocquenghem refuse de s’embourgeoiser dans aucun mouvement et délaisse la lutte minoritaire. Fidèle aux figures du traître, du voleur, chères à Jean Genet, il sera toujours celui qui dynamite de l’intérieur le système, la structure, le camp auquel il appartient, interrogeant les dogmatismes et fuyant toute assignation à une catégorie. Journaliste polémique et indomptable à Actuel puis à Libération, pamphlétaire voltairien, il est une vigie infatigable de son époque, dénonçant le racisme français dans La beauté du métis, ou l’abandon des utopies et les compromissions de la gauche dans sa Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary. Guy Hocquenghem, le franc-tireur, se détache peu à peu du monde militant et médiatique, pour se consacrer à la littérature. Publié chez Albin Michel, en lice pour le prix Goncourt, il ne pourra s’empêcher de fustiger le microcosme littéraire parisien.

Il découvre sa séropositivité en 1986 et passe les deux dernières années de sa vie à écrire dans l’urgence et la fièvre ses romans Eve, Les voyages et aventures extraordinaires du Frère Angelo et son autobiographie, L’amphithéâtre des morts, qu’il n’aura pas le temps d’achever. Il meurt du Sida en 1988 à 41 ans.

Merci à Antoine Idier. Il a écrit Les vies de Guy Hocquenghem, Sociologie d’une trajectoire à l’intersection des champs politiques, culturels et intellectuels français des années 1960 aux années 1980, thèse soutenue à l’université de Picardie-Jules Verne, à Amiens en décembre 2015. Il est aussi l'auteur d'une biographie à paraître aux éditions Fayard en 2017. Par ailleurs les articles de Libération et quelques-autres seront publiés dans Un journal de rêve, articles de presse (1970-1987) aux éditions Verticales en 2017 également.

Textes lus par Olivier Martinaud, extraits de :

L’amphithéâtre des morts publié à titre posthume (Gallimard - 1994)

L’après-mai des Faunes (Grasset - 1974)

Revue TOUT ! numéro 12 avril 1971, Le Nouvel Observateur, 1972, Libération.

Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, (Agone éditeur - 2003)

L’amour en relief (Livre de poche_ - _1989)

Eve (Albin Michel - 1987)

Liens :

Portrait de Guy Hocquenghem par la revue Zones subversives.

Textes de Guy Hocquenghem, extraits d’ouvrages, etc. dans les archYves en ligne d’Yves Pagès.

[Guy Hocquenghem. L’exercice solitaire du style](http://Guy Hocquenghem. L’exercice solitaire du style, par Daniel Bensaid), par Daniel Bensaid.

Préface à la nouvelle édition du livre de Guy Hocquenghem Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, signée Serge Halimi.

Tino, un film de Lionel Soukaz et Guy Hocquenghem (26’).

Le Front homosexuel d’action révolutionnaire, un film de Carole Roussopoulos (1971).

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