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Jacques Demy sur le tournage de son film Une Chambre en ville, dans les rues de Nantes, le 24 mai 1982

Jacques Demy (1931-1990)

59 min
À retrouver dans l'émission

Jacques Demy a inventé une nouvelle forme de cinéma musical, sans équivalent au sein de la Nouvelle Vague, dans lequel se mêle la puissance des couleurs à une certaine gravité. Portrait d'un cinéaste qui a toujours pensé que l'imaginaire était plus important que le réel.

Jacques Demy sur le tournage de son film Une Chambre en ville, dans les rues de Nantes, le 24 mai 1982
Jacques Demy sur le tournage de son film Une Chambre en ville, dans les rues de Nantes, le 24 mai 1982 Crédits : Hélène Cayeux / AFP - AFP

L’enfance de Jacques Demy, ce sont les premières racines. On y trouve un milieu social auquel il demeurera extrêmement fidèle qui est celui des petits métiers, son père est garagiste, sa mère est couturière … Ce monde se retrouve dans tous ces films. Autre chose importante, c’est la province. Demy est, dans cette génération de la Nouvelle vague, un des très rares cinéastes qui revendique absolument ses racines provinciales, et qui a envie de faire des films sur la marge, la périphérie du centre. Ce n’est pas n’importe quelle province, c’est un port, un lieu clos où il y a plein de gens qui vivent en rêvant d’en partir. Le monde de Demy est fait de ces gens échoués qui ne désespère pas de prendre la route. Jean-Pierre Berthomé

« J'aime pas l'opéra. Le ciné c'est mieux », chante un personnage des Parapluies de Cherbourg. Le ciné c'est si bien que Jacques Demy en a rempli sa vie, et qu'il s'est battu dès son enfance pour faire exister sa passion. Quinze jours avant sa mort le 27 octobre 1990, il était encore sur un plateau avec Agnès Varda, qui tournait Jacquot de Nantes, la vie de Jacques Demy. Nous connaissons tous le cinéma de Jacques Demy, ses comédies musicales « à la française », un genre unique qu'il a créé avec son complice Michel Legrand, transformant tous les registres de langue, celui du quotidien comme celui du merveilleux des contes de fées ou de l'amour, en mélodies chantées. 

Les films musicaux posent doublement question, D’abord parce qu’ils ne ressemblent à rien de ce qui existe déjà, qui n’a aucun équivalent au cinéma. C’est une forme de cinéma musical qui tout simplement n’existe pas ailleurs que chez Demy. Il se sert du chant comme un moyen de décaler le réel. Ces gens ordinaires chantent pour s’exprimer, en habitant dans un monde incroyablement coloré. Les couleurs ne cessent de nous dire leurs états d’âme. La musique, le décor et les costumes servent à installer un nouveau monde, et interdire toute forme de réalisme. Jean-Pierre Berthomé

On revoit tous les « jumelles » des Demoiselles de Rochefort, Catherine Deneuve et Françoise Dorléac, on retrouve le bonheur de la danse, l'air qui remue les vêtements aux couleurs si précisément choisies, les décors naturels qu'il affectionnait. On revoit ses comédiens, les mêmes souvent - Demy est l'homme des fidélités - une grande famille évoluant sur l'écran. Mais si on regarde, les uns à la suite des autres, tous les films de Jacques Demy, on s'aperçoit assez vite que tout n'est pas si léger. Le monde qu'il met en scène, chanté ou non, en noir et blanc ou en couleurs, est un monde grave souvent teinté d'inquiétude et de noirceur, parce que la vie est bien souvent tragique. Et parfois, dans ses films, peuvent se lire quelques échos de sa vie. Mais il ne faut jamais oublier que la fiction... c'est la fiction.

Jacques Demy a fait son autoportrait vers 18-19 ans qu’il a donné à sa mère, où il ne montre qu’un œil très ombré, très grave. Et c’est presque une vision de l’ensemble de l’œuvre de Jacques, ce côté joli, lumineux et en même temps avec une grande gravité. Bernard Toublanc-Michel

Écouter
3 min
Jacques Demy parle de son rapport à la peinture et au cinéma, au micro de Serge Daney, dans l'émission Microfilms sur France Culture, le 18 janvier 1987

Pour aller plus loin 

Site officiel de Ciné-Tamaris

C’était quoi Jacques Demy ? s’interroge le magazine de cinéma d’Arte, Blow Up.

Les trois premiers courts-métrages de Jacques Demy : Le pont de Mauves (1944), Attaque nocturne (1947-1948) et La Ballerine (1944) sont à voir en intégralité sur YouTube.

Les horizons morts, de Jacques Demy est son film de fin d’étude de l’école Vaugirard, réalisé en 1951, un « essai cinématographique » dans lequel il tient le rôle principal.

Jacques Demy et Agnès Varda à propos du bonheur dans l’émission Démons et merveilles du cinéma de décembre 1964, à voir sur le site de l’Ina.

"Entre commandes et parrainages : Jacques Demy et le court métrage" : article de Benjamin Rondeau dans l’ouvrage collectif Le court métrage français de 1945 à 1968 dirigé par Antony Fiant et Roxane Hamery (PUR, 2013)

  • Avec Yves Aumont, journaliste cinéma ; Monique Créteur, comédienne ; Jean-Pierre Berthomé, historien du cinéma ; Bernard Toublanc-Michel, cinéaste ; Jean Coindet, enseignant de cinéma ; Agnès Varda, cinéaste ; Rosalie Varda-Demy, fille de Jacques Demy et Agnès Varda, Directrice de Ciné-Tamaris et Mathieu Demy, fils de Jacques Demy et Agnès Varda, comédien et cinéaste. 
  • Un documentaire de Simone Douek, réalisé par Pascale Rayet. 
  • Rediffusion du 6/11/2008 - Le mardi des auteurs
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