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Ludwig Mies van der Rohe

Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969) - La simplicité est un long voyage

59 min
À retrouver dans l'émission

Bâtiment après bâtiment, et plus qu'aucun autre architecte de la modernité, Ludwig Mies van der Rohe est parvenu à mettre en forme son époque, en érigeant de grands temples modernes, symboles du mode de production capitaliste…

Ludwig Mies van der Rohe
Ludwig Mies van der Rohe Crédits : DR Werner Blaser

Par Camille Juza. Réalisation : Lionel Quantin. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret.

De cet architecte germano-américain qui a réinventé l'art du gratte-ciel, on a retenu quelques aphorismes un peu simples, dont le plus célèbre « less is more » est censé résumer une architecture dépouillée et minimaliste. Rien de moins simple pourtant que l'architecture de Mies van der Rohe, attentive aux détails, aux matériaux, aux usages, à la fluidité des espaces, à, disait-il, une « structure claire ».

La Neue Nationalgalerie
La Neue Nationalgalerie Crédits : Camille Juza

Mies van der Rohe ne manque pas d'allure sur ces photographies américaines, alors qu'au sommet de sa gloire, il est occupé à remodeler Chicago où l'exil l'a mené. Il en redessine la skyline 20 ans durant, y essaime ses hautes tours de verres, grands miroirs tendus à la ville, rendant obsolètes les gratte-ciel de pierre du siècle passé. L'homme, très grand, massif, porte haut, cigare à la main, drap de laine et pochette de soie, le regard assuré d'un homme qu'il sait où il va.

Et ainsi va son œuvre : soigneusement élaborée, précise, elle est porteuse d'une théorie moderne, intelligible, fidèle aux quelques textes précis qu'il a publiés.

La Neue Nationalgalerie
La Neue Nationalgalerie Crédits : Camille Juza

Rares en effet sont les architectes qui ont une œuvre aussi cohérente : bien que la carrière de Mies ait été coupée en deux par l'histoire du 20ème siècle et son exil aux Etats-Unis en 1937, elle se réduit à un nombre restreint de types de bâtiment : maisons à patios, grande boîte verticale, grande boîte horizontale, grand espace libre surmonté d'un toit pour lesquels Mies s'évertue à décliner, au fil du temps, des solutions toujours plus fines et précises. Sa rencontre avec la grande industrie lui offre la ville américaine comme terrain de jeu à échelle 1 où il déplie, bâtiment après bâtiment, cette pensée minutieuse : mettant en forme ce le précepte qu'il a énoncé dès 1924, "l'architecture est la volonté de l'époque traduite dans l'espace". Il s'empare ainsi des matériaux de son époque, le béton, l'acier et le verre, matériaux de l'industrie, pour produire l'essence de l'architecture du capitalisme, celle des gratte-ciel d'habitation ou de bureaux, dans des formes à la fois radicales et évidentes, dépouillées et dans un refus absolu de l'ornement, de toute forme gratuite qui ne serait pas justifiée par la structure.

La Neue Nationalgalerie
La Neue Nationalgalerie Crédits : Camille Juza

Mais ne parler que des matériaux, de construction, réduire Mies van der Rohe à la question de la transparence ou du reflet, ce serait passer à côté d'un pan essentiel de son œuvre. Car l'obsession de Mies, très tôt, fut de trouver des solutions pour ouvrir les espaces, les décloisonner, les arracher à leurs fonctions déterminées et imposées souvent par des problèmes techniques. Non seulement il remplace les murs des façades par des enveloppes de verre, abolissant ainsi la limite entre intérieur et extérieur et inventant un rapport nouveau au paysage, mais à l'intérieur même de ses bâtiments, il réduit les structures porteuses à de simples poteaux, faisant disparaître ce mur porteur qui détermine les pièces et les usages, ferment l'intérieur des maisons, empêchent la déambulation.

La Neue Nationalgalerie
La Neue Nationalgalerie Crédits : Camille Juza

A l'architecture qui clôt l'espace (mais n'était-ce pas son essence), il substitue une architecture de peau et d'os - ossatures d'acier et peaux de verre - libérant l'espace et laissant la possibilité de le moduler, d'en faire mouvoir les usages, de s'y déplacer sans contrainte : il invente une architecture du vide, de la liberté et du mouvement.

Merci à Emmanuelle Loyer et Jean-Luc Perez.

Liens

Site de la fondation Mies van der Rohe de Barcelone

Site de la Mies van der Rohe Society (Illinois)

Mies van der Rohe, l’éthique minimaliste  - Conférence en ligne de Gilles Ragot.

MIES VAN DER ROHE (Ludwig) 1886-1969 - Article de Pierre Granveaud.

Mies, classical modernist - Article du magazine d’architecture, Architecture Week.

Chroniques
Intervenants
  • historien de l'architecture et de l'urbanisme du XXème siècle.
  • Architecte de la Bibliothèque François Mitterrand
  • architecte, directrice de la planification de l’édifice Seagram de New York (1954–1958) et fille de l'homme d'affaire Samuel Bronfman. Elle a fondé le Centre Canadien d’Architecture, à Montréal.
  • architecte, scénographe.
  • commissaire d’exposition, historienne du design
  • conservatrice, Musée des arts décoratifs.
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