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Portrait de Miriam Makeba, qui pose pour la couverture de son album "Pata Pata", en 1967

Miriam Makeba, les ailes de l'exil

59 min
À retrouver dans l'émission

"Elle est la mère de l'Afrique" : Miriam Makeba a parcouru le monde entier pour lutter contre l'apartheid par la musique.

Portrait de Miriam Makeba, qui pose pour la couverture de son album "Pata Pata", en 1967
Portrait de Miriam Makeba, qui pose pour la couverture de son album "Pata Pata", en 1967 Crédits : Getty

Sa naissance et sa mort disent la singularité de la trajectoire de Miriam Makeba. Le 4 mars 1932, quand sa mère sent que les contractions se rapprochent, elle est seule. Elle coupe elle-même le cordon avant de s’évanouir en voyant sa fille inanimée, mais les deux femmes vont s’accrocher à la vie.

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Archive INA: "Miriam Makeba, à propos de son enfance", Pop club, 25/09/2002

Dix-huit jours plus tard, le bébé est envoyé en prison avec sa mère, condamnée pour avoir brassé de la bière traditionnelle pour arrondir ses fins de mois. La chanteuse débute donc sa vie en frôlant la mort puis par un séjour en prison, et elle va mourir quasiment sur scène à 76 ans, en chantant pour soutenir le journaliste Roberto Saviano, l’auteur de Gomorra, pourchassé par la Camorra, la mafia napolitaine. Elle s'effondre juste après avoir chanté son tube Pata Pata….

Miriam Makeba en concert à la Hague, le 14 juillet 2001
Miriam Makeba en concert à la Hague, le 14 juillet 2001 Crédits : Getty - Getty

Makeba m’a appris qu’il n’y a pas qu’une façon de résister. Sa musique faisait peur au régime de l’apartheid parce qu’elle invitait à être heureux. Apprendre le bonheur permet de combattre n’importe quelle forme de totalitarisme. Robert Saviano, auteur de Gomorra

Miriam Makeba est pourtant devenue chanteuse tardivement, après des années d’humiliations et de souffrances multiples. Elle sert d’abord comme domestique, tandis que les lois de l’apartheid transforment chaque jour un peu plus l’Afrique du Sud en prison. 

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Archive INA: "Miriam Makeba, à propos de son cancer du sein guéri", Opus, 03/06/1989

Battue par son premier mari et exploitée par sa belle-mère, elle finit par quitter son pays en laissant sa fille à sa mère, après avoir enchanté les bars clandestins de Soweto et de Sophiatown avec ses premiers groupes, les Manhattan Brothers, et les Skylarks.

Ils ont détruit ce quartier-là [Sophiatown] qui restait le seul, l'époque où les lois dures de l'apartheid ont été votées. Ce quartier-là, c'était le dernier endroit où les Blancs, les Noirs, les métis se rencontraient le soir; ça se mélangeait, ça faisait la fête, c'était le dernier îlot de liberté.

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En août 1959, elle s’envole pour le Festival de Venise pour y présenter Come Back Africa, un film anti-apartheid tourné en secret par le réalisateur américain Lionel Rogosin dans lequel elle chante deux chansons. Elle ignore alors qu’elle ne reverra pas son pays pendant 35 ans.

A travers ses différents exils, elle devient le symbole des luttes contre la ségrégation raciale et pour l’émancipation de l’Afrique. Le 16 juillet 1963, Makeba intervient à l’ONU pour demander aux Etats représentés de faire pression contre la politique d'apartheid sud-africaine. Elle s'envole aux Etats-Unis, joue pour Kennedy et embrasse le combat pour les droits civiques. Elle y épouse d'ailleurs le militant noir Stokely Carmichael. Ensemble, ils vont fuir l’Amérique pour s’installer dans la Guinée de Sékou Touré.  Autre continent, même combat.

Maisons du township de Soweto, en septembre 1975
Maisons du township de Soweto, en septembre 1975 Crédits : Getty - Getty

Elle se dit: "Puisque ma musique est au plus haut, ou au plus loin, je vais aller aux Nations Unies. Dire qu'il y a un Etat sur lequel tout le monde ferme les yeux parce que ça arrange tout le monde, mais où la situation est absolument inique, injustifiable, injustifiée. Il faut changer."

Partout elle promeut les cultures africaines et soutient le panafricanisme  en Tanzanie, en Angola, en Côte d'Ivoire, en Algérie ou au Nigéria. Son chant révolutionnaire A lutta continua est même repris par les combattants du FRELIMO au Mozambique. Ses chansons deviennent la bande son des luttes de libération nationale et de décolonisation, et Makeba leur porte-voix. Devenue commandeurs des Arts et des Lettres en France, toute sa vie, ella a continué à inspirer de jeunes artistes et des militants du monde entier.

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Archive INA: "Miriam Makeba, à propos des langues de ses chansons", RFI, 06/07/1979

Avec Elaine Mokhtefi, Patricia Essong, Luther Perreau, Raymond Doumbé, Kidi Bebey, Jacqueline Dérens.

Un documentaire de Elodie Maillot, réalisé par Manoushak Fashahi. Archives INA : Camille Vignaux. Documentation et recherche internet : Annelise Signoret. Avec la collaboration de Maud Jussaume et Juliette Dronne.

Discographie

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La chaîne Youtube officielle de Miriam Makeba: https://www.youtube.com/channel/UCbWJ9lA7rrMPAAl68heffeA

Filmographie complémentaire

Miriam Makeba : Mama Africa, Michel Dami et Jo Excoffier, Radio Télévision Suisse, 1981

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Miriam Makeba, Mama d’Afrique du Sud, série Invitation au voyage, Arte, 2019 

Pour aller plus loin

Une biographie: "Miriam Makeba, Mama Africa ou la voix de l’engagement", Nofi (Noir & Fier), 2018 

Une biographie proposée par le site "South African History Online

Une série d'articles sur le site "Pan-african-music": "Miriam Makeba, la lutte continue", Vladimir Cagnolari, 2019

Michaël Mouity-Nzamba, "Miriam Makeba : une vie au service d'un art engagé", Bulletin de l'Institut Pierre Renouvin, 2014/2 (n° 40) 

Anne Schumann, "The Beat that Beat Apartheid : The Role of Music in the Resistance against Apartheid in South Africa", Stichproben. Wiener Zeitschrift für kritische Afrikastudien, n°14, 2008

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