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Nelson Algren, une voix dans la ville (1909-1981)

59 min
À retrouver dans l'émission

" Ce n'est pas volontairement que j'ai rejoint le monde des maquereaux, des voleurs et des vagabonds, j'y ai été jeté. " - l'écrivain Nelson Algren

Nelson Algren en 1956
Nelson Algren en 1956

Par Christine Lecerf. Réalisation : Christine Diger. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret, de la Bibliothèque centrale de Radio France.

De son vrai nom Nelson Ahlgren Abraham, Nelson Algren débarque à Chicago, à l’âge trois ans. Issu d’une famille d’immigrés juifs, ce fils de mécanicien grandit dans la rue et cumule les petits jobs avant d’obtenir son diplôme de journaliste. En 1931, la grande dépression le jette sur les routes, où il côtoie la misère et fait de la prison après avoir « volé » une machine à écrire qui ne servait plus.

Dès ses premiers écrits, comme Le matin se fait attendre (1942) ou Le Désert du néon (1947), Algren immortalise les bas-fonds de Chicago et donne voix à tous ceux que l’Amérique rejette ou ne voit pas : les pauvres, les noirs, les putes, les criminels. Il aimait citer ces vers du poète Walt Whitman. « Je suis l’un deux, je le sens. Je suis ces forçats, je suis ces prostituées».

Considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands poètes de la ville, souvent rattaché à la tradition des écrivains réalistes ou des romanciers noirs américains, ce passionné de boxe et de base-ball assimilait la littérature à un sport de combat. Puisé à la source, dans les bars maffieux, les salles de boxe ou les meublés sordides, le style d’Algren « cogne » (comme disait Hemingway) avec précision et grâce.

En 1950, Algren connaît un bref succès. Premier écrivain à obtenir le National Book Award avec L'Homme au bras d'or (1949), il est aussi le premier à mettre en scène un anti-héros drogué, qui sera interprété au cinéma par Frank Sinatra, en 1955, dans l’adaptation d’Otto Preminger. Mais Algren ne quittera jamais les siens. Il restera un outsider. Son engagement politique en faveur des époux Rosenberg ou contre la guerre du Vietnam lui vaudra de la part du FBI un dossier de plus de 500 pages.

Par sa façon inédite d’allier le trivial au sublime, d’écrire de la poésie avec la langue des gueux, Nelson Algren était sans aucun doute un « dangerous beloved man », comme l’appelait Simone de Beauvoir, l’une des femmes qu’il a le plus aimées. Grand séducteur, amateur d’alcool et de poker, il est mort, en 1981, oublié et dans la misère. Sur sa tombe à Sag Harbor est gravée cette phrase en guise d’épitaphe : « The end is nothing, the road is all ».

Invités

Mark Blottner , co-producteur du documentaire Nelson Algren, The end is nothing, the road is all, 2015

Michael Caplan, producteur du film Algren , Monstrose Picture, 2014

Frédéric Dumas , professeur, auteur de La quête identitaire et son inscription dans l'œuvre de Nelson Algren , L’Harmattan, 2003

Irène Frain , journaliste, romancière, auteur de Beauvoir in love , 2010

Jeannine Hayat , traductrice d’Un meublé dans la pénombre , 13e note éditions, 2011

Sylvie Lebon de Beauvoir , éditrice de la correspondance de Simone de Beauvoir à Nelson Algren, Un amour transatlantique 1947-1964 , Gallimard, 1997

Tony Macaluso , directeur de The Studs Terkel Radio Archive , Chicago

Catherine Poisson , professeur, De l’écriture comme tiers, Cahier de L’Herne, 2013

Patrick Raynal , écrivain, ex-directeur de La série noire et fondateur de La Noire

Bill Savage, professor, auteur de Chicago: City on the Make. 50th Anniversary Edition , Seven Stories Press; 2001

Art Shay, photographe, auteurdeChicago's Nelson Algren , Seven Stories Press, 2007

Textes lus

Nelson Algren, Chicago : City on the Make , Doubleday and Company, 1951

Nelson Algren, L’homme aux bras d’or , Gallimard, 1956

Nelson Algren, Le désert du néon, Gallimard, 1969

Simone de Beauvoir, Un amour transatlantique 1947-1964 , Gallimard, 1997

Archives

Nelson Algren talks with Studs Terkel , Radio WFMT, Chicago, 1952

Come in at the door , featuring in the writings of Nelson Algren, Radio WFMT, Chicago, 1958

Films

Otto Preminger, L’homme au bras d’or , 1955

Mark Blottner, Denis Mueller, Ilko Davidov, Nelson Algren, The end is nothing, the road is all, 2015

Remerciements

Mark Blottner, The Nelson Algren Committee, Chicago

Tony Macaluso,The Studs Terkel Radio Archive, Chicago

Eric Vieljeux et Patrice Carrer, 13e note éditions

L'équipe
Production
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