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Richard Avedon, préparant une exposition rétrospective à la Marlborough Gallery de New York, en août 1975•

Richard Avedon (1923-2004), bigger than life !

59 min
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Quelle célébrité Richard Avedon n’a-t-il pas photographiée ? Mort la même année qu’Henri Cartier-Bresson et Helmut Newton, celui qui ne cherchait pas la beauté du modèle mais la "guerre civile" que chacun livre à soi-même, reste le grand portraitiste du siècle dernier.

Richard Avedon, préparant une exposition rétrospective à la Marlborough Gallery de New York, en août 1975•
Richard Avedon, préparant une exposition rétrospective à la Marlborough Gallery de New York, en août 1975• Crédits : Jack Mitchell - Getty

Plus qu’américain, Richard Avedon est new-yorkais. Il est né dans cette ville, de parents d’origine russe qui se sont élevés socialement, comme les Etats-Unis le permettent parfois. Le magasin de prêt-à-porter de son père sur la Vème avenue familiarise Richard Avedon avec la mise en scène des vêtements et des corps, nécessaire à la publicité.

A 24 ans, en 1947, il est embauché chez Harper’s Bazaar par Alexey Brodovitch, le directeur artistique du célèbre magazine. Avedon apprend avec lui la photo de mode et se montre meilleur et différent des autres. Il photographie ses modèles dans la rue – dans la rue parisienne autant que possible, car il aimait cette ville – ce qui se faisait rarement.

Il devient rapidement célèbre, et très demandé. Si bien qu’en 1957, à 28 ans seulement, Richard Avedon est suffisamment exceptionnel pour inspirer le héros du film de Stanley Donen, Drôle de frimousse. Fred Astaire y joue Avedon. Sa partenaire à l’écran, Audrey Hepburn, est inspirée par la première femme d’Avedon, le mannequin Suzy Parker.

Sa carrière se poursuit chez Vogue dans les années 1970 puis dans les années 1980, il travaille pour le magazine français Egoïste. Parallèlement à ses photos de mode et de publicité, Avedon est portraitiste – d’acteurs, de personnalités politiques, de chanteurs, d’écrivains : tous ceux qui comptent espèrent être saisis par son objectif qui n’est pas tendre. Il est de ce point de vue, rapproché d’Andy Warhol, qu’il a d’ailleurs photographié torse nu afin qu’apparaissent les cicatrices des coups portés par Valérie Solanas.

La marque de fabrique des photos d’Avedon est la sauvagerie, l’agressivité, le désarroi. Ils se dégagent des portraits d’anonymes qu’il prend pour la série In the American West, aussi bien que des portraits de célébrités.

Autre qualité de son travail : l’élégance. Elle distingue, selon Jean-Paul Goude, Avedon d’autres photographes, d’Helmut Newton par exemple. Avedon ne cherchait pas le glamour. Certains préfèrent ses portraits et d’autres, tel Loïc Prigent, sa photo de mode. Marianne Le Galliard, commissaire de l’exposition consacrée à Richard Avedon et la France, qui se tient actuellement à la Bibliothèque François Mitterrand, rappelle les étapes de sa carrière.

L’illustrateur Vahram Muratyan pointe ce qui est typiquement new-yorkais chez Avedon. Obtenir un portrait de Richard Avedon n’était pas ruineux pour un journal, comme en témoigne Laurent Abadjian : les conditions étaient de respecter strictement son cadrage, et de faire apparaître sur la photo le nom d’Avedon dans la même typographique que le nom du modèle. Le premier ne devait pas être caché par le second.

Par Virginie Bloch-Lainé. Réalisation : Clotilde Pivin. Prise de son : Raymond Albouy. Attachée de production : Claire Poinsignon. Avec la collaboration d'Annelise Signoret.

Liens :

La France d’Avedon, Vieux Monde, New Look : Exposition à la Bibliothèque nationale de France (jusqu’au 26 février 2017).

Site de la fondation Richard Avedon

Portrait de Richard Avedon sur le site français de la photographie haute résolution.

Sur ce même site, un entretien avec Bernard Birsinger qui évoque sa rencontre avec Richard Avedon.

Richard Avedon, le portraitiste de l’âme, article paru sur le site Dans les yeux.com.

Sur le site de la galerie Gagosian, on trouve portrait, sélection d’images, bibliographie, liste des expositions, articles…

Richard Avedon, Darkness and Light : documentaire (1h25) à regarder sur YouTube.

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