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Robert Mapplethorpe, Dora Maar, Richard Avedon, Annemarie Scharzenbach, Pierre Molinier
Épisode 3 :

Richard Avedon (1923-2004), bigger than life !

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelle célébrité Richard Avedon n’a-t-il pas photographiée ? Mort la même année qu’Henri Cartier-Bresson et Helmut Newton, celui qui ne cherchait pas la beauté du modèle mais la "guerre civile" que chacun livre à soi-même, reste le grand portraitiste du siècle dernier.

Richard Avedon en 1975 dans la Gallerie Marlborough à New York
Richard Avedon en 1975 dans la Gallerie Marlborough à New York Crédits : Jack Mitchell - Getty

Plus qu’américain, Richard Avedon est new-yorkais. Il est né dans cette ville, de parents d’origine russe qui se sont élevés socialement, comme les Etats-Unis le permettent parfois. Le magasin de prêt-à-porter de son père sur la Vème avenue familiarise Richard Avedon avec la mise en scène des vêtements et des corps, nécessaire à la publicité.

A 24 ans, en 1947, il est embauché chez Harper’s Bazaar par Alexey Brodovitch, le directeur artistique du célèbre magazine. Avedon apprend avec lui la photo de mode et se montre meilleur et différent des autres. Il photographie ses modèles dans la rue – dans la rue parisienne autant que possible, car il aimait cette ville – ce qui se faisait rarement.

Richard Avedon, préparant une exposition rétrospective à la Marlborough Gallery de New York, en août 1975
Richard Avedon, préparant une exposition rétrospective à la Marlborough Gallery de New York, en août 1975 Crédits : Jack Mitchell - Getty

Il devient rapidement célèbre, et très demandé. Si bien qu’en 1957, à 28 ans seulement, Richard Avedon est suffisamment exceptionnel pour inspirer le héros du film de Stanley Donen, Drôle de frimousse. Fred Astaire y joue Avedon. Sa partenaire à l’écran, Audrey Hepburn, est inspirée par la première femme d’Avedon, le mannequin Suzy Parker.

C'est la première fois qu'on montre des mannequins dans la rue, c'est la première fois qu'on fait courir, sauter des mannequins. Moon catchy l'avait fait dans les années 30 mais Avedon va vraiment aller très loin dans le dynamisme et le mouvement. Et surtout ses mannequins sont souriants, d'une très grande féminité, et très dynamiques. Marianne Le Gaillard

Sa carrière se poursuit chez Vogue dans les années 1970 puis dans les années 1980, il travaille pour le magazine français Egoïste. Parallèlement à ses photos de mode et de publicité, Avedon est portraitiste – d’acteurs, de personnalités politiques, de chanteurs, d’écrivains. 

Tous ceux qui comptent espèrent être saisis par son objectif, qui n’est pas tendre. Il est de ce point de vue, rapproché d’Andy Warhol, qu’il a d’ailleurs photographié torse nu afin qu’apparaissent les cicatrices des coups portés par Valérie Solanas.

La marque de fabrique des photos d’Avedon est la sauvagerie, l’agressivité, le désarroi. Ils se dégagent des portraits d’anonymes qu’il prend pour la série In the American West, aussi bien que des portraits de célébrités.

Le plus grand problème, c'est que la photographie n'est ni du reportage, ni du journalisme, mais de la fiction. En choisissant d'aller photographier les classes populaires de l'Ouest américain, j'ai donné mon point de vue. De la même façon que John Wayne est le point de vue d'Hollywood. Richard Avedon

Autre qualité de son travail : l’élégance. Elle distingue, selon Jean-Paul Goude, Avedon d’autres photographes, d’Helmut Newton par exemple. Avedon ne cherchait pas le glamour. Certains préfèrent ses portraits et d’autres, tel Loïc Prigent, sa photo de mode. Marianne Le Galliard, commissaire de l’exposition consacrée à Richard Avedon et la France, qui s'est tenue en 2017 à la Bibliothèque François Mitterrand, rappelle les étapes de sa carrière.

Femme regardant des photographies de Richard Avedon, lors d'une exposition au Jeu de Paume, en 2008
Femme regardant des photographies de Richard Avedon, lors d'une exposition au Jeu de Paume, en 2008 Crédits : Martin Bureau - Getty

L’illustrateur Vahram Muratyan pointe ce qui est typiquement new-yorkais chez Avedon. Obtenir un portrait de Richard Avedon n’était pas ruineux pour un journal, comme en témoigne Laurent Abadjian : les conditions étaient de respecter strictement son cadrage, et de faire apparaître sur la photo le nom d’Avedon dans la même typographique que le nom du modèle. Le premier ne devait pas être caché par le second.

Un documentaire de Virginie Bloch-Lainé, réalisé par Clotilde Pivin. Prise de son : Raymond Albouy. Attachée de production : Claire Poinsignon. Documentation : Annelise Signoret. Collaboration : Juliette Dronne. (1ère diffusion : 14 janvier 2017)

Pour aller plus loin

Le site de la fondation Richard Avedon

Sur le site de la galerie Gagosian, portrait, sélection d’images, bibliographie, liste des expositions, articles…

Un dossier de presse de l'exposition "La France d'Avedon. Vieux monde, new look" (18 octobre 2016-26 février 2017)

Véronique Béghain, "Warhol selon Avedon : le paradoxe en héritage ?", Transatlantica, n°2, 2014

La France d’Avedon, Vieux Monde, New Look : Dossier de presse de l’exposition à la BnF (2017).

Site de la fondation Richard Avedon

Portrait de Richard Avedon, dans la rubrique Révisons nos classiques du magazine de photographie Lense.

Bernard Birsinger qui évoque sa rencontre avec Richard Avedon, sur le site Galerie Photo, site français de la photographie haute résolution.

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