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Robert Mapplethorpe, Dora Maar, Richard Avedon, Annemarie Scharzenbach, Pierre Molinier
Épisode 1 :

Robert Mapplethorpe (1946-1989), une vie et une oeuvre entre deux mondes

58 min
À retrouver dans l'émission

Navigant dans le New-York underground des années 1970, Robert Mapplethorpe a photographié des visages du show business, des corps sculpturaux, des figures sado-masochistes, choquant et fascinant tout à la fois ses contemporains.

Autoportrait de Robert Mapplethorpe, exposé à la Corcoran Gallery of Art, 30 juin 1989
Autoportrait de Robert Mapplethorpe, exposé à la Corcoran Gallery of Art, 30 juin 1989 Crédits : Carol Guzy - The Washington Post - Getty

Robert Mapplethorpe s’est construit une vie et une œuvre entre deux mondes. Une vie en marge et loin de l’ordre établi où il est à la fois désincarné et hors du temps, où il est à la fois jouisseur, attiré par les extrêmes et la laideur, et habité par une quête obsessionnelle de la beauté et de la mise en scène du corps ou de la nature. Mi-ange, mi-démon, tiraillé entre deux vies et entre deux esthétiques, Robert Mapplethorpe dérange autant qu’il fascine.

Il ne lui aura fallu que quinze ans, de sa première exposition de Polaroid à New York, en 1973, à sa mort des suites du sida à 42 ans en 1989, pour devenir une légende qui croise la route de Patti Smith à New York. New York ! C’est là que Robert Mapplethorpe (et Patti Smith) sont vraiment nés, un peu après la puberté.

Le Gene Frankel Theatre, 24 Bond Street, entre le Bowery et Lafayette Street, dans le quartier NoHo de Manhattan (New York). Le bâtiment était l'emplacement du studio de Robert Mapplethorpe de 1972 jusqu'à sa mort en 1989.
Le Gene Frankel Theatre, 24 Bond Street, entre le Bowery et Lafayette Street, dans le quartier NoHo de Manhattan (New York). Le bâtiment était l'emplacement du studio de Robert Mapplethorpe de 1972 jusqu'à sa mort en 1989. Crédits : Beyond My Ken - CC BY-SA 4.0 - Wikipedia

A 17 ans, Robert Mapplethorpe laisse ses parents croyants et l’Eglise du bout de sa rue où il observait la seule figure nue autorisée : le christ sur la croix. Il quitte Floral Park, banlieue anonyme du Queens, pour éclore à Big Apple et devenir enfin lui-même… Il étudie, il cherche, il dessine.

C'est un homme qui avait une sorte de griserie aux rapports sexuels et à la transgression des tabous, qui vient certainement d'ailleurs de son éducation catholique. Il y a une omniprésence du bien et du mal, et de la transgression jouissive. Judith Benhamou-Huet

Et à l’institut Pratt de Brooklyn, Il choisit d’abord le design pour plaire au père avant de bifurquer vers les arts et la plastique… Et puis un beau matin de 67, il ouvre les yeux et sourit à Patti, qui a atterri par magie là où il vit.

Elle vient d’accoucher d’un garçon qu’elle a abandonné, et elle arrive à New York sans un sou. A deux, ils entament une promenade vers les années 70, et composent une oeuvre d’art en forme de relation double, gémellaire : une face amitié et une face amour.

Patti Smith se tient à côté d'un portrait d'elle fait par le photographe américain Robert Mapplethorpe, lors d'une exposition à Düsseldorf (Allemagne), en 2010
Patti Smith se tient à côté d'un portrait d'elle fait par le photographe américain Robert Mapplethorpe, lors d'une exposition à Düsseldorf (Allemagne), en 2010 Crédits : EPA/FRANZ-PETER TSCHAUNER - Maxppp

Patti, elle, est illuminée par la poésie, et les mots, et livres et vit avec Rimbaud et Baudelaire, en bandoulière. Robert, lui, est beau et mystérieux. Il dessine, fait des bijoux et des installations, il s’intéresse au tantrisme et prends quelques acides… mais il ne se dit pas encore artiste.

Il avait une allure absolument incroyable, il aurait pu être acteur à Hollywood, comme Gary Cooper. Il avait cette élégance américaine, qui n'est ni l'élégance française, ni l'élégance anglaise, mais ce "cool". C'était un peu un héros, parce que c'était vraiment un pionnier. Jean-Charles de Castelbajac

Ensemble, Patti et Robert, tirent le diable par la queue dans les rues de New York et s’installent au « Chelsea Hotel », ce repaire de belles âmes où chacun « a une part de lui-même à vendre ». Là, où les enfants terribles se dépouillent de leur candeur…

Nous reviendrons sur les traces de Robert Mapplethorpe à New York, entre le Chelsea, Meatpacking district, la folie des années 70 et les terribles années 80.

Un spectateur devant des photographies de Robert Mapplethorpe, à l'occasion d'une exposition au Grand Palais à Paris, en mars 2014
Un spectateur devant des photographies de Robert Mapplethorpe, à l'occasion d'une exposition au Grand Palais à Paris, en mars 2014 Crédits : Patrick Kovarik - AFP

Lectures de Patti Smith.

Un documentaire d'Elodie Maillot, réalisé par Nathalie Battus. Mixage : Olivier Dupré. Attachée d'émission : Claire Poinsignon. Documentation : Annelise Signoret. Collaboration : Juliette Dronne et Sylvia Favre. (1ère diffusion : 6 septembre 2014).

Pour aller plus loin : 

Site de la fondation Robert Mapplethorpe

Robert Mapplethorpe, une exposition présentée au Grand Palais, printemps 2014.

Interview de Mapplethorpe à la revue Bomb, hiver 1988.

Interview de Patti Smith et de Robert Mapplethorpe : à lire dans Interview Magazine, janvier 2010.

Black White Gray, a portrait of Sam Wagstaff Robert Mapplethorpe : site dédié au film de Sam Wagstaff sur Mapplethorpe.

Jonathan Maho : Redécouvrir Robert Mapplethorpe,  In Études photographiques n°35, Printemps 2017.

La lumière crue de Robert Mapplethorpe : déchiffrage de l’œuvre du photographe new-yorkais en 9 images, publié dans le magazine Ssense.

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