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Walt Disney avec sa créature Mickey Mouse.

Walt Disney (1901-1966)

1h
À retrouver dans l'émission

Retour sur la vie de cet entrepreneur qui a créé un univers célébrissime, mélange de sincère utopie et de capitalisme classique.

Walt Disney avec sa créature Mickey Mouse.
Walt Disney avec sa créature Mickey Mouse. Crédits : ullstein bild Dtl. - Getty

La façon de vivre, la politique, la société capitaliste américaines sont incarnées chez nous par trois icônes : le big mac, Georges Bush, et Mickey Mouse. Mascotte semblant représenter une société de loisirs, lisse, conventionnelle et petite-bourgeoise, Mickey est tout autant aimé que critiqué, comme si le monde devait se diviser entre ses supporters et ses adversaires. Drôle de destin et lourde responsabilité pour un personnage de dessin animé, dont le père, Walt Disney, a cherché toute sa vie à se protéger du monde en en reconstituant un nouveau, artificiel, qui serait moins décevant que le vrai. Mais ce monde parfait, il l'a fabriqué d'une manière parfois autoritaire, semblant oublier que, quoi qu'on en dise, le contrôle absolu ne mène pas toujours à la joie de tous et de toutes. Ce qu'il nous a laissé, notamment à travers les parcs d'attraction, c'est un mélange de sincère utopie et de capitalisme classique, un attelage plus intéressant qu'on ne le dit souvent et qui mérite qu'on se re-penche plus en profondeur sur sa trajectoire.

Walt Disney, pour construire son univers, s'est nourri de ses souvenirs d'enfance. Certains sont bons : il a notamment été très marqué par la période où son père a été fermier, et par son rapport aux animaux et à la nature. La plupart ne sont pas très heureux, son père étant un homme très dur, probablement assez violent. Le jeune Walt a dû travailler très tôt, et a de manière générale eu une enfance assez difficile, avec peu de joie et de jouets.

Walt Disney est véritablement un grand enfant. Il n'a pratiquement pas eu d’enfance, et donc il va essayer de créer un univers qui soit le prolongement de l’enfance, un monde merveilleux dans lequel on ne peut pas être atteint par la guerre, par la politique. C'est là qu'il est le mieux. Bruno Girveau

Il commence à dessiner tout de suite après la Première Guerre mondiale. À l'époque, l'animation est une nouveauté, et donc une curiosité qui interpelle, quelle qu'en soit la perfection technique. En 1928, il crée avec Ub Iwerks le personnage de Mickey Mouse : c'est le dessin de Iwerks, mais la voix de Disney, et les deux définissent ensemble ses caractéristiques sociales et caractérielles. La petite souris remporte immédiatement un succès considérable. 

Cette nouvelle renommée permet à Walt Disney de rassembler autour de lui de jeunes personnes très talentueuses. L'équipe passe de 10 à 400 personnes en deux ans. Son studio devient alors un lieu d'innovation : c'est lui qui met au point le principe de storyboard, et qui invente la caméra multiplane, permettant d'avoir des effets de profondeur. 

Fondamentalement, Disney est un homme de marketing. Un homme qui aime rencontrer le public, et donner au public ce qu'il recherche. Il a compris que pour cela il lui faut des talents, des têtes chercheuses technologiques, mais au fond c'est un homme d'affaires. Qui va vendre comme produit l'enfance, le monde magique, etc. Serge Bromberg

Un succès qui va toujours aller grandissant, pour connaître son apogée dans les années 1950. Le 10 juillet 1955 ouvre le parc de Disneyland, qui rencontre un succès immédiat et absolument phénoménal : il compte près de 30 000 visiteurs dès le premier jour, alors que l'on n'attendait qu'une foule d'environ 15 000 personnes. Toute l'Amérique veut s'y rendre, y compris les Présidents de la République.

Walt Disney incarne véritablement son pays et son époque. Il s'adapte toujours à la demande, et se dit même prêt à faire des choses médiocres si elles plaisent. Il est tout entier soumis à la loi du box-office, comme il l'explique lui-même dans une archive diffusée dans cette émission.

Par Barbara Turquier. Réalisé par Gilles Davidas. Présenté par Matthieu Garrigou-Lagrange. Prise de son : Benoît Gégout, Stéphane Poitevin, Jean-Pierre Pernel, Alain Joubert. Mixage : Clotilde Thomas.

Avec :

  • Stéphane Degoutin (artiste et chercheur)
  • Bruno Girveau (directeur du Palais des Beaux-Arts de Lille)
  • Pierre Lambert (spécialiste du cinéma d'animation)
  • Thibaut Clément (maître de conférences en civilisation américaine)
  • Michael Barrier (biographe de Walt Disney)
  • Serge Bromberg (producteur et restaurateur de films)

Extraits audio :

  • archives de Walt Disney parlant de son projet EPCOT
  • interviews de Walt Disney
  • extrait de Blanche-Neige
  • bande-annonce de Dumbo
  • extrait de Cendrillon

Musique : The Perfect American, Philip Glass.

Biographie et liens :

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