LE DIRECT

VILLE-MONDES "Île-Monde" CORSE

2h
À retrouver dans l'émission

Production : Martin Quenehen

Reportages : Caroline Gillet

Réalisation : Julie Beressi

La baie d'Ajaccio
La baie d'Ajaccio Crédits : Caroline Gillet - Radio France
Le port de Bastia
Le port de Bastia Crédits : Caroline Gillet - Radio France

Villes-Mondes s’empare cette semaine, non pas d’une ville, mais d’une île toute entière… La Corse. Des artistes, des écrivains et des créateurs (mais aussi des pêcheurs, des marcheurs et même quelques dauphins !) évoquent, tour à tour, son caractère psychotrope, sa violence, l’amour de leur village, du rivage et de l’histoire singulière de leur patrie.

Les miracles, le feu, les galets noirs et Pascal Paoli sont ainsi au rendez-vous… Mais également le Japon, la Chine, l’Amérique latine et l’Algérie !

Comme toujours dans Villes-Mondes, c’est à un voyage subjectif et sensible que nous vous invitons, en compagnie de femmes et d’hommes qui chérissent et subliment « l’île de beauté », sans se départir de la fameuse magagne corse, cet humour mordant comme le vent…

Table ronde :

Mélissa Epaminondi , artiste et architecte http://l140.fr/

Laure Limongi , éditrice (directrice de la collection « Laureli » chez Léo Scheer) et écrivain (Fonction Elvis , Le travail de rivière …)

Jean-Noël Pancrazi , écrivain (Corse , avec Raymond Depardon, et La montagne , qui paraît ces jours-ci chez Gallimard)

Reportages in situ , réalisés par Caroline Gillet :

Pierre Gambini
Pierre Gambini Crédits : Caroline Gillet - Radio France
Vanina Bernard-Leoni
Vanina Bernard-Leoni Crédits : Caroline Gillet - Radio France

Marie Ferranti est l'auteur de plusieurs romans publiés chez Gallimard. Le dernier, paru ce mois -ci, Une haine corse, raconte la relation entre Napoléon Bonaparte et Charles-André Pozzo di Borgo. Déambulation avec elle dans le vieux port de Bastia où elle a grandi.

Pierre Gambini mêle dans sa musique des textes en corse et de la musique electro/rock. Il nous emmène en fin de journée voir les îles sanguinaires, au bout de la baie d’Ajaccio. Quand on est assis sur la petite plage de galets, on voit les montagnes enneigées au loin et juste devant, des dauphins.

Vanina Bernard-Leoni a créé la revue Fora, la Corse vers le monde en 2007. Elle travaille à l'université de Corte qui se trouve à peu près à mi-chemin entre Ajaccio et Bastia. Elle a choisi de nous montrer la sortie de la ville. A quelques minutes du centre, il y a le début des chemins de randonnée, le maquis, des enclos de poules et les chenils de chiens de chasse.

Ballade dans les rues du centre d’Ajaccio avec Jerôme Ferrari , l'auteur de plusieurs romans ancrés en Corse et publiés chez Actes Sud. Le dernier Où j'ai laissé mon âme a reçu le Prix France Télévision. Il est également traducteur de l’oeuvre de l’écrivain corse Marco Biancarelli.

Lectures, confiées à Romane Bohringer :

Dorothy Carrington, Julien Gracq et Jean-Louis Andréani

Musiques :

Pierre Gambini, Tino Rossi, Feli, Régina & Bruno, Jacques Higelin…

Petit historique de la Corse

VILLES-MONDES en partenariat avec :

<source type="image/webp" srcset="/img/_default.png"data-dejavu-srcset="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2014/01/f201321f-829a-11e3-af2e-782bcb73ed47/838_geoguiderose_fondvert-copie.webp"class="dejavu"><img src="/img/_default.png" alt="geoguide" class="dejavu " data-dejavu-src="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2014/01/f201321f-829a-11e3-af2e-782bcb73ed47/838_geoguiderose_fondvert-copie.jpg" width="272" height="44"/>
geoguide Crédits : Radio France

CORSE
CORSE Crédits : Radio France

La Corse est une île qui a connu de multiples influences culturelles essentiellement : ibériques, italiennes, libyennes, carthaginoises, syracusaines, romaines, byzantines, lombardes, sarrasine et gênoises. Terre d’origine de l’empereur Napoléon Bonaparte, de Pascal Paoli et de Tino Rossi, elle fut le « premier morceau libéré de la France », comme le mentionna, en octobre 1943, le Général De Gaulle. Aujourd’hui, malgré un PIB inférieur de 20% à la moyenne nationale, la Corse est reconnue, au regard de son particularisme insulaire et historique, comme collectivité territoriale, à statut spécial, subdivisée en deux départements que sont : la Corse du Sud et la Haute-Corse.

C’est cette terre, suscitant maintes imaginations, comme le révèlent les lectures choisies de Romane Bohringer, que Caroline Gillet, en reportage entre Ajaccio et Corte, en passant par Bastia ( accompagnée de la directrice de la revue fora Vannina Bernard-Léoni, de l’écrivain et traducteur Jérôme Ferrari, du musicien Pierre Giambini et de l’auteure Marie Ferranti) et Martin Quenehen, en table ronde avec ses invités ( l’architecte et plasticienne Mélissa Epaminondi, l’éditrice et écrivaine Laure Limongi et le romancier Jean-Noël Pancrazi) nous font découvrir.

Points intéressants de l’émission en développement

La Corse, entre source d’inspiration et traditions

Laure Limongi nous raconte une Corse rescapée avant l’heure, car celle-ci échapperait à la fin du monde, que d’aucuns prévoient en 2020. Elle évoque aussi la magagne, sorte de chamaillerie usuelle et locale. En somme, elle nous fait part de ces termes spécifiquement corses, chargées d’histoire culturelle et cultuelle, tels que mazeris (au singulier mazero), par exemple. Ces derniers désigneraient des hommes, qualifiés comme sorciers, lesquels procèderaient à des rituels sacrificiels à partir d’animaux, aux fins de communiquer avec le divin. Le mazerisme servirait ainsi à conjurer le mauvais œil.

Mélissa Epaminondi, quant à elle, met l’accent sur le miracle comme source d’inspiration dans son travail. Elle nous parle d’une histoire communément racontée en Corse, celle d’une femme dont le bébé aurait été sauvé du feu grâce à l’intervention miraculeuse de Marie. L’histoire transmise, dans les mémoires familiales, rapporte qu’une représentation larmoyante aurait prévenu de l’accident qui risquait de devenir réalité.

Jean Claude Pancrazzi, enfin, nous explique l’importance de la croyance aux esprits et aux morts dans son île. Ces derniers veilleraient ainsi sur le destin de la Corse. Cette relation avec les ancêtres se résumerait par le fait que les Corses connaîtraient pour la plupart leur généalogie. Laure Limongi renchérit sur ce point en nous apprenant que les morts sont enterrés un peu partout dans la nature, en l’occurrence la forêt et la montagne.

La Corse et l’extérieur

La Corse, entre barrière et limites, agirait pour nos invités comme une drogue dont on ne peut se lasser indéfiniment. Aussi, Jean-Noël Pancrazi, explique-t-il qu’ : « on a l’impression de commettre une faute quand on s’en va loin ». Mais heureusement, nous dit-il, les « Corses pardonnent ». Il y a une amitié indestructible, où l’on est pris « dans les bras, quand on revient ». C’est pourquoi Laure Limongi parle de déchirement, de nostalgie, de « saudade », lorsque l’on s’y éloigne malgré soi, comme elle, née en 1976, à l’âge de 20 ans, y compris par contrainte. Ainsi, d’après cette dernière, une fois arrivé en Corse, il est fréquent de penser à l’extérieur. Par contre, une fois parvenu dans cet extérieur, on ne pense qu’à revenir sur l’île. Cette situation l’a conduite à accorder un intérêt aux analepses, c'est-à-dire des retours sur des événements antérieurs au moment de la narration.

En ce qui concerne Mélissa Epaminondi, évoquant sa Corse, « le rivage fait écho » et elle y retrouve un « appel vers l’ailleurs ».

La Corse et la violence

D’après Laure Limongi, la violence est présente en Corse à travers les faits divers, les assassinats. Pourtant dans le quotidien on ne la ressentirait pas, même si elle est très présente, une fois encore, dans certaines familles, comme la sienne.

Contrairement à elle, Jean-Noël Pancrazi, Corse, qui se plaît à se définir comme un être « aux demi-racines incertaines », la Corse serait plutôt un lieu de refuge, un havre de paix. Enfin, cette violence pour Mélissa Epaminondi, existant quelque peu, lui inspirerait le feu. En effet, elle intègre la sensation de l’explosion dans son travail.

La Corse et la présence de Napoléon

Il y a chez les Corses une envie d’embellir leur histoire, à l’instar de ce que fit Napoléon. Cette propension à une relative exagération n’aurait pourtant aucune similitude avec le mensonge. Pour en revenir à Napoléon, le parti bonapartiste était encore très présent en Corse, y compris récemment. C’est ce qui expliquerait que beaucoup de lieux portent un nom rappelant Napoléon ou ses frères : Lucien, Joseph, Jérôme et Louis.

La résidence en Corse

Un des problèmes, ressentis par les Corses aujourd’hui, serait la transformation progressive de l’île en un lieu de résidence secondaire un « parc immobilier », selon Jérôme Ferrari.

Jean-Noël Pancrazi évoque, quant à lui, le concept de maison familiale, puisque l’indivision immobilière est la règle. Dans ce cadre, les résidences et les objets de souvenirs familiaux constitueraient des objets et des lieux de mémoire.

L'équipe
Production
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......