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Villes-Mondes: Tlemcen

1h59
À retrouver dans l'émission

Par Amaury Chardeau

Réalisation: Nathalie Battus

Technicien: Laurent Lucas

Le désert est loin mais c’est ici qu’aboutissaient, venues du Sahara, les caravanes chargées d’or qui firent très tôt de Tlemcen une cité riche et prospère, et l’objet de convoitises incessantes des grandes dynasties islamiques de la région ou plus tard encore, des colonisations ottomanes et françaises.

Adossée à son château d’eau de verdure où l’on vient flâner en famille le vendredi, Tlemcen – littéralement la ville des sources – regarde vers la mer, à une heure de route. C’est par là qu’arrivèrent autrefois ceux dont l’Espagne catholique ne voulait plus, juifs mais surtout musulmans, qui laissèrent un héritage architectural et musical célébré en cette année 2011 par le monde islamique. Et qui constitue la fierté de cette cité sûre d’elle-même.

Tlemcen, moins de 300 000 âmes, est une ville sage, dévote, patriarcale, conservatrice. Ses habitants y cultivent jalousement un certain raffinement, une langue plus douce qu’ailleurs, des mosquées ouvragées, quelques mystiques célèbres, et l’art du luth et des nouba, ces poèmes chantés par les musiciens arabo-andalous, dont chacun ou presque se revendique fin connaisseur. Ici, la nostalgie semble érigée en art de vivre.

Passées les caravanes, la ville bénéficie aujourd’hui des largesses de l’or noir dont l’Algérie est un exportateur puissant. Ainsi le béton s’y déverse, pour dire la volonté de doper cette ville de l’Ouest algérien - région chérie, dit-on, du président Boufeflika, qui veille à coups de milliards de dollars, à sa mue nécessaire pour accéder à la modernité. Ce qui ne va pas sans provoquer chez ses élites un certain malaise esthétique.

D’autant que la population change, elle-aussi. Accéléré par le terrorisme des années 1990, l’exode rural a fait affluer aux marges de la ville tout un peuple de néo-ruraux, parmi lesquels les anciens fellahs , qui constituent désormais les deux-tiers des habitants. A l’ombre du torse bombé par le centre-ville, ces marges, célébrées en son temps par le romancier Mohamed Dib, chahutent la société tlemcénienne, et semblent en questionner l’identité.

Portrait d’une ville que le monde a traversé au fil des siècles, et qui guette aujourd’hui un second souffle.

En compagnie de Sabiha Ben Mansour , femme de lettres et gardienne de la mémoire de Mohamed Dib Yasmina Khadra , écrivain, Nasreddine Baghdadi , musicien Michel Terrasse , archéologue Mohamed Negadi , historien Aurélia Houria , sociologue Fawzi Kara , Noreddine Benhamed et Wassila Serradj , artistes Amina Ben Kalfat , gastronome et Ghani Ben Yelles , journaliste.

Nasreddine Begdhadi
Nasreddine Begdhadi Crédits : NB - Radio France
Mohamed Negadi
Mohamed Negadi Crédits : NB - Radio France
Sabiha Ben Mansour
Sabiha Ben Mansour Crédits : NB - Radio France
Aurélia Houria
Aurélia Houria Crédits : Radio France
Michel Terrasse
Michel Terrasse Crédits : NB - Radio France
Wassila et Noredine
Wassila et Noredine Crédits : NB - Radio France
Jeunes hittistes
Jeunes hittistes Crédits : Radio France
Ghani Ben Yelles
Ghani Ben Yelles Crédits : AC - Radio France

Entretien avec Mohamed Souheil Dib , écrivain.

Mahamed Souheil Dib
Mahamed Souheil Dib Crédits : NB - Radio France

Quelques références bibliographiques:

  • Mohamed Souheil Dib

-Tlemcen, cité des sources , (Ed Zaki Bouzid, 2011), La quête et l'offrande, (Marsa, 2002) et Moi, ton enfant Ephraïm, (L'Harmattan, 1983) - Mohamed Dib : La grande maison , (Seuil, 1952)et Tlemcen ou les lieux de l'écriture, (Ed° Revue Noire, 1994)

Emission réalisée en partenariat avec la radio algérienne.

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