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HONG KONG VILLE-MONDES Escale 1

1h01
À retrouver dans l'émission

Escale 1 : « Hong Kong, une ville, deux systèmes, et une identité ébranlée » Production Alain Lewkowicz - Réalisation Rafik Zénine - Prise de son Jean-Michel Cauquy

Hong Kong, une ville depuis quelques semaines en pleines manifestations pour la démocratie, « un pays, deux systèmes» depuis 1997, une formule pour un statut hybride de l’île depuis la rétrocession de l’ancienne colonie britannique à la Chine. « Un pays deux systèmes », « une ville deux systèmes »… Une ville-mondes, deux escales. Première escale Hong Kong Ville-Mondes dimanche 19 octobre, seconde escale dimanche 26 octobre, à 15 heures.

Hong Kong
Hong Kong

Avec:

Leung Chiwo photographe de l’urbanité,Xiu Xi écrivain,Mo Yan Lai Chi jeune artiste contestataire,Mike Leeder acteur producteur de film,KC artiste militant, Wong Yan Kwai peintre,Lawrence Grey, auteur, producteur et réalisateur,Valérie Portefaix et Laurent Gutierrez architectes urbanistes de MAP Office

Rétrocédée à la Chine en 1997, Hong Kong a cessé d’être la colonie britannique qu’elle était pour devenir une des deux Régions Administratives Spéciales de la République Populaire de Chine, depuis gérée selon le principe d’« un pays, deux systèmes », principe défini par la loi qui lui garantit jusqu’en 2047 un statut particulier…L’image d’Epinal du village de pauvres pêcheurs connu sous le nom de « port parfumé » n’est plus. Place à un décor post-moderne, celui du troisième centre financier de la planète, une ville frénétique et bouillonnante où les histoires se suivent et se ressemblent comme si le temps n’y faisait rien, un monde où s’entrechoquent des univers aux antipodes qui pourtant ne font qu’un. Les délires architecturaux de Central et de Wan Chai incarnés par la Bank of China Tower de Mong Pei, y côtoient les stigmates de la présence britannique, les bouibouis, les marchés de Kwoloon et de Chungking Mansion de Nathan Road dans le quartier de Tsim Sha Tsui. La promiscuité des Nouveaux Territoires se heurte aux bucoliques ambiances tropicales des îles de Lamma, Lantau, tandis que le clinquant de la City des traders, l’univers des tycoon, contraste avec la décrépitude et la pauvreté de Mong Kok ou de Sham Shui Po. Terre d’immigration pour les Chinois victimes de l’oppression communiste, terre d’aventures pour les Occidentaux en mal d’exotisme, « HK» affiche le visage d’une ville cosmopolite où tout semble possible 24 heures sur 24, 365 jours sur 365… mais désormais sous le regard scrutateur et inquisiteur de Pékin qui entend y imposer sa marque, sa langue et sa culture séculaire. N’en déplaisent aux contestataires, les hongkongais eux-même qui voient dans la transformation systématique de la ville une volonté de faire table rase d’une partie de leur identité et de leur patrimoine dans un processus de colonisation de HK par la Chine continentale. Si l’hymne national britannique, le célèbre « God save the queen », résonne encore comme une réminiscence d’un passé dans lequel l’artiste Leung Chiwo savait parfaitement qui il était, il devient à l’instar du vieux drapeau colonial, un signe de ralliement pour une bonne partie des 8 millions de Hongkongais qui entendent préserver l’héritage d’une époque assurément révolue. L’annonce de la fermeture de l’embarcadère historique du Star Ferry en 2006, de la construction d’un train à grande vitesse, le XRL, reliant Canton à Hong Kong via Shenzhen en 2008-2009 et la sortie du film d’Alex Law, « Echoes of the Rainbow » en 2010 qui dénonce la destruction programmée du patrimoine colonial de Hong kong, ont provoqué une formidable montée de l’activisme et mis à jour des contradictions identitaires fortes. Qu’ils se sentent Chinois, Chinois de Hong Kong, Hongkongais fortement marqués par la culture britannique ou citoyens de Hong Kong anti-Pékin, la majorité a aujourd’hui peur d’une chose : que le ciel de Pékin ne leur tombe sur la tête…

Car si la formule « un pays deux systèmes » les protège jusqu’à cette date fatidique de 2047 de la main mise totale et définitive de la Chine continentale sur leur archipel, les Hongkongais sont unanimes : « Les libertés individuelles, la liberté de la presse et la liberté d’expression se réduisent comme une peau de chagrin. » Dans cette course contre la montre à l’adoption d’une nouvelle formule d’ « un pays, un système », la société civile se fait entendre. Une partie de ses membres appartient à ceux qu’on appelle la « génération post-80 », des jeunes proches des partis pro-démocratie, nés dans la décennie 80 qui ont vécu la rétrocession de 1997 comme le début d’un combat ouvert et frontal contre Pékin et le parti communiste chinois. Si la presse les qualifie de « born-loosers », ils se définissent, eux, comme un contre pouvoir nécessaire face à l’offensive de la mère patrie. Il en va de la préservation de leur patrimoine culturel. « Les Hongkongais sont comme des grenouilles que l’on fait bouillir vivantes dans une eau dont la température augmente très lentement pour qu’ils aient le temps de se rendre compte de ce qui se passe ». Proverbe en devenir ? En attendant, les hongkongais sortent leurs parapluies…

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