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VILLE-MONDES JOHANNESBURG - Escale 2

1h
À retrouver dans l'émission

En route vers Johannesburg
En route vers Johannesburg Crédits : Radio France

« Les souvenirs ne s’enracinent que pour moitié dans les circonvolutions de notre cerveau : l’autre moitié reste prise dans le béton des rues où nous avons vécu. »

Lionel Abrahams, romancier et poète né à Johannesburg.

Johannesburg, une ville en train de se faire, face à ses possibles. Une ville-mondes…

Deuxième escale: « Johannesburg, townships et périphéries »
Un documentaire de Delphine Saltel

Réalisation : Nathalie Battus

Prise de son : Benjamin Chauvin

Prise de son studio et mixage : Alain Joubert

Avec le soutien de l'INSTITUT FRANÇAIS , dans le cadre des Saisons culturelles « France – Afrique du Sud 2012-2013 »

J.D. Prophet, Marcus Neustetter, Stephen Hobbs et Delphine Saltel
J.D. Prophet, Marcus Neustetter, Stephen Hobbs et Delphine Saltel Crédits : Radio France
Avec : **Marcus Neustetter et Stephen Hobbs** : plasticiens, créateurs du projet « Trinity Sessions ». Auteurs de performances dans le *township* d’Alexandra. **Véronique Tadjo** : romancière ivoirienne publiée chez Actes Sud, professeur de littérature à l’université de Witts à Johannesburg. **Tsepo Wa Mamatu** : dramaturge de Soweto. **Bénédicte Kurzen** : photojournaliste française qui travaille pour *Le Monde* , *New York Times* , vit à Johannesburg depuis 2004. Exposée cette année au festival Visa pour l’image (du 1er au 16 septembre 2012), pour son travail sur le Nigéria. **Lebo Mashile ** : poétesse, slameuse.
Township d’Alexandra
Township d’Alexandra Crédits : Radio France
Textes de **Marielle Pinsard** , dramaturge suisse en résidence à Johannesburg entre 2008 et 2010. « Ce qui frappe la première fois qu’on arrive à **Johannesburg** c’est d’abord la lumière et l’azur parfait du ciel. On est en altitude, l’air est pur et l’oxygène plus rare. On se dit qu’on est à l’autre bout du monde, aux antipodes, tout en bas de la planète. Et pourtant on n’est pas tellement dépaysé, on ne trouve pas l’Afrique exotique, le continent noir fantasmé, coloré, folklorique. L’aéroport est ultra moderne et les *highways* qui mènent à la ville font plutôt penser à l’Amérique, à l’Occident habituel, riche, développé, doté d’infrastructures. Quittant l’aéroport, on traverse longuement une périphérie industrielle, de vastes hangars, des supermarchés, des centres commerciaux. Puis enfin, à l’approche de la ville, quelque chose qu’on n’avait jamais vu : de hauts terrils de sable fin, jaune, très pâle. Ce sont les excavations des gisements d’or aujourd’hui épuisés. Car à l’origine de Johannesburg, il y a l’or. La ville est née en 1886 de l’installation d’un camp de mineurs venus exploiter le gigantesque filon aurifère qui court dans le sol, sous la terre rouge du veld, cette savane rocailleuse et poussiéreuse caractéristique du pays.
Dans une rue de Johannesburg
Dans une rue de Johannesburg Crédits : Radio France
Le cœur historique de la ville est là : à même le gisement de métal précieux. Aventuriers et chercheurs de fortune ont afflué du monde entier et la ville a poussé comme un gigantesque champignon. Dès l’aube du XXème siècle s’élevaient les centaines de *buildings* du Central Business District, un véritable Manhattan africain : tours à l’architecture audacieuse, quadrillage d’artères géométriques, gigantesques panneaux publicitaires tendus du haut des gratte-ciels. Aujourd’hui il n’y a plus qu’une seule mine encore en activité à proximité de Johannesburg et c’est un parc d’attraction nommé « *Gold Reef City* » qui célèbre le passé minier de Jozi, Egoli, « *city of gold* ». Mais Johannesburg reste un Eldorado: elle est la capitale économique de l’Afrique du Sud, le poumon du pays et même du continent tout entier. Les migrants continuent de converger vers cette cité prospère, pour tenter leur chance comme les pionniers des premiers temps de la ville. Lorsqu’on quitte la Nationale 1 qui passe aux abords du CBD, *Central Business District* , offrant une perspective imposante sur le *skyline* des tours et que l’on pénètre véritablement dans « *Down Town Johannesburg* », on remarque tout de suite que quelque chose cloche dans la carte postale américaine. D’abord, sur les trottoirs, personne n’a de cravate ni d’attaché case. On croise plutôt des femmes en boubou qui portent leurs paniers sur la tête ou qui vendent des légumes exposés à même le sol. Des échoppes de fortune, des salons de coiffure improvisés sur le trottoir, des enseignes naïves peintes à la main. A y regarder de plus près, on s’aperçoit que les immeubles ont tous des fenêtres murées. Les vitres sont brisées ou crasseuses, les bureaux à l’abandon ou visiblement transformés en appartements. Des dizaines de mini bus taxis bondés encombrent les rues. Plongé soudain dans un paysage urbain contradictoire et fascinant, on se demande ce qui a bien pu se passer ici. C’est comme si l’Afrique avait repris ses droits sur un îlot d’occident abandonné.
A Soweto
A Soweto Crédits : Radio France
En 1991, après des années de lutte anti-Apartheid, les *pass laws* qui réglementaient strictement les déplacements des non-blancs (noirs, métis, indiens) dans la ville ont été abolis. Chacun pouvait enfin aller où bon lui semblait et les habitants des *townships* ont pu s’approprier la ville longtemps interdite. Les employés de bureau blancs ont pris peur, les sièges sociaux des grandes compagnies minières ont fui le centre-ville tandis que les noirs pauvres ont investi les immeubles de bureaux désertés. Partout dans Johannesburg plane le souvenir de la lutte pour la liberté de déplacement, la lutte contre les barrières et l’oppression. C’est en plein centre de Johannesburg qu’ont eu lieu les premiers « *burning-pass* » où des milliers de manifestants pacifistes brûlaient leur laissez-passer face à la police anti-émeute. En seulement 150 ans d’existence et au gré de ces luttes, la ville n’a cessé de se modifier, de se réaménager. Chaque quartier semble déjà avoir eu au moins trois vies : avant, pendant, après l’apartheid. Aujourd’hui, la ville continue de se réinventer à toute allure, de se réaménager sans cesse. Tout change très vite, et c’est ce qui la rend si enthousiasmante et fascinante. Une ville en train de se faire, face à ses possibles… » **Delphine Saltel, productrice**
Vendeurs dans le township d’Alexandra
Vendeurs dans le township d’Alexandra Crédits : Radio France
[![](sites/default/files/imagecache/ressource_full/2012/06/26/4462091/NEW_IF_Logo-CMJN.jpg)](http://www.institutfrancais.com/) [![](sites/default/files/imagecache/ressource_full/2012/06/26/4462095/logo_MmAE copie.jpg)](http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/)**Avec le soutien de l'[INSTITUT FRANÇAIS](http://www.institutfrancais.com/), opérateur du [Ministère des affaires étrangères et européennes](http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/) pour l'action culturelle extérieure de la France ** **Saisons culturelles « France – Afrique du Sud 2012-2013 » : ** **- ** **« Saison de la France en Afrique du Sud » (de juillet à novembre 2012) ** **Biennale de danse contemporaine africaine « Danse l’Afrique Danse !» du 28 septembre au 7 octobre** **- « Saison de l’Afrique du Sud en France » de mai à décembre 2013.**
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