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Romy Schneider sur le tournage en 1961 du film "Le combat dans l'île" d'Alain Cavalier.
Épisode 2 :

"Mon problème avec le cinéma, c'est l'artifice"

29 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième entretien de la série "A voix nue" avec Alain Cavalier, enregistrée en 2005 et rediffusée en 2016. Le cinéaste aborde ici le tournage de son film "Le combat dans l'île" avec Romy Schneider. L'occasion pour le cinéaste d'évoquer la figure de cette grande actrice et comment il l'a filmée.

Romy Schneider sur le tournage en 1961 du film "Le combat dans l'île" d'Alain Cavalier.
Romy Schneider sur le tournage en 1961 du film "Le combat dans l'île" d'Alain Cavalier. Crédits : Pressefoto Kindermann/ullstein bild - Getty

Dans ce deuxième volet de la série "A voix nue", le réalisateur Alain Cavalier évoque l'année 1962, année de la sortie de son film "Le combat dans l'île", d'un point de vue personnel et politique - il raconte s'être fait "un ulcère à l'estomac" pour ne pas participer à la guerre en Algérie. "Le combat dans l'île" s'inscrivait dans cette époque-là, dans ce climat de violence, avec Romy Schneider, dont c'était son premier film en français, et Jean-Louis Trintignant. Il se souvient de leur relation sur le plateau.

Un sentiment très trouble s'empare toujours des cinéastes qui filment une actrice. On ne peut pas s'empêcher de tomber un petit peu dans le filet sentimental même si rien n'est déclaré, je l'ai vouvoyée [Romy Schneider] jusqu'au bout. Mais rampe une sorte d'amour, et je me demande si ces films-là ne racontent pas uniquement ça. Quand je pense au film, que je ne revoie pas, elle est un peu mise en valeur, elle est un petit peu starifiée. C'est-à-dire je suis tombé un petit peu "in love", je suis tombé en amour... et pas du garçon ! Parce que le garçon est un obstacle, avec Trintignant, on avait le même âge, on était assez semblables et il était un obstacle dans mes rapports directs avec la comédienne que je filmais. Et tout cela, le film le respire ! Et c'est ça qui en fait l'intérêt, à mon avis.

Il poursuit sur Romy Schneider, et sa façon de la diriger dans ce film. Plus de quarante ans après, il a compris que "les gens dans la vie sont bien meilleurs" que tout ce que peut écrire un réalisateur. C'est pourquoi, il est à la recherche comme "d'un secret" que l'acteur pourrait lui révéler. Cette façon de tourner, il s'y emploiera donc bien plus tard en filmant les gens qu'il connaît et qui acceptent qu'il "pousse une porte secrète de leur chambre secrète", mais "c'est rare". "C'est dangereux de filmer les autres et c'est ça qui est bien aussi", en conclue-t-il.

Moi, j'aimais la [Romy Schneider] regarder entre les prises. Je n'aimais pas tellement quand elle jouait parce que ça me paraissait de l'artifice. Mon problème avec le cinéma, c'est l'artifice, c'est ce qu'on fait pour plaire au spectateur, pour le faire rire, comment on le conduit, comment on le drive, on le prend en mains... ça me fait peur parce que je vois des gens qui font comme ça dans la vie. Je l'aimais entre les prises et j'arrivais à prendre des choses entre les prises et à lui demander de les refaire quand elle jouait et c'est les petites parties du film que j'aime bien, quand j'arrivais à lui faire imiter la vie, et pas qu'elle joue tout d'un coup la furie, la jalousie, c'est-à-dire la boutique des sentiments que tous les comédiens ont.

Par Laure Adler.  Avec la collaboration de Véronique Vila et de Claire Poinsignon.

Première diffusion le 13/09/2005.  

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