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Alain Cavalier en 1986.
Épisode 3 :

"Cinéaste, ce n'est pas un métier mais une façon d'être"

29 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec le cinéaste Alain Cavalier, qui raconte son itinéraire et ses évolutions artistiques. Dans ce troisième épisode, il raconte cette certitude qu'il a eu de quitter le système pour filmer ce qui l'intéresse, sans d'autres préoccupations. Il revient ainsi sur ses films autobiographiques.

Alain Cavalier en 1986.
Alain Cavalier en 1986. Crédits : Erling Mandelmann/Gamma-Rapho - Getty
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Alain Cavalier dans "A voix nue" (3/5)

Alain Cavalier s'exprimait au micro de Laure Adler en 2005 dans cinq émissions de la série "A voix nue". Dans ce troisième volet, le cinéaste raconte la genèse de son film "Ce répondeur ne prend pas de messages" qui date de 1978. Au cours d'une sieste de demi sommeil, il voit un "fondu au noir", comme si on voulait "rendre l'écran noir avec de la peinture noire". "Je n'ai jamais eu une idée de film aussi forte que ça", affirme-t-il. Cette image en lui, l'a amené alors à tourner "l'obscurcissement progressif de la lumière", tout en faisant référence dans ce film à ce qui le "rongeait", à savoir le décès accidentel de son épouse en 1972, "ça a coupé ma vie en  deux", confie-t-il.

C'était un acte de guérison... de survie et en même temps c'était pour moi profondément cinématographique. Je tourne ça en sept jours mais ça n'est destiné à personne. C'est un acte qui m'est personnel, comme une espèce de remède pour me sauver la vie. Je ne pense pas à autre chose.

Il précise qu'il avait décidé "de ne pas le monter", et ainsi ce qui a été montré "c'est le tournage", c'est du "brut". De ce film, Cavalier dit aussi que c'est son "premier film autobiographique", suivront "La rencontre" et "Le filmeur".

J'ai toujours adoré les films policiers, les films noirs m'ont formé, avec Renoir et Bresson, c'est les films noirs qui m'ont fabriqué.

Le cinéaste raconte ensuite une anecdote capitale qui s'est passée sur le tournage en 1968 de "La Chamade" au cours d'une scène avec Catherine Deneuve et Michel Piccoli, un événement fondateur de son cinéma. Il a eu comme une révélation, une évidence, comme "sorti[e] de [lui]-même" : "J'avais décidé que tout ça, c'était terminé. J'étais libre !" Il en parle comme d'une "après-midi miraculeuse" et ajoute que "ça arrive très rarement dans une vie une certitude absolue qui vous inonde...".

Ce qui compte c'est ce que tu as à faire cinématographiquement. Et plus ça sera cher, plus tu seras l'esclave de quelqu'un, de celui qui signe le chèque. Même si c'est l'homme le plus sympathique, le plus amical, le plus compréhensif... et tu seras dans le système, et tu ne raconteras que des histoires du système. Donc tu seras dans une espèce de labyrinthe, à chercher ta porte de sortie que tu ne trouveras jamais si tu continues.

Par Laure Adler. Avec la collaboration de Véronique Vila et de Claire Poinsignon.

Première diffusion le 14/09/2005.

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