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François Mitterrand et Anne Pïngeot à l'Acropole vers 1970.
Épisode 1 :

Jeune fille en voie d'émancipation

30 min
À retrouver dans l'émission

Pendant plus de 30 ans, elle fut la compagne de François Mitterrand : après avoir évoqué les longues hésitations à publier les lettres envoyées par l'homme qu'elle aimait, Anne Pingeot revient dans cet épisode sur sa famille conservatrice et sa jeunesse en forme d'émancipation.

François Mitterrand et Anne Pïngeot à l'Acropole vers 1970.
François Mitterrand et Anne Pïngeot à l'Acropole vers 1970. Crédits : DR/Gallimard

Anne Pingeot a choisi de réserver à France Culture et à un historien, Jean-Noël Jeanneney, sa seule et unique prise de parole alors que viennent de paraître en librairie le volume de la correspondance que François Mitterrand a entretenu avec elle, Lettres à Anne (1962-1995) ainsi que le Journal pour Anne (1964-1970) , tous deux publiés aux éditions Gallimard.

Pendant cette conversation libre, confiante, passionnante, tantôt joyeuse et tantôt grave, Anne Pingeot et Jean-Noël Jeanneney parcourent un demi-siècle d’une grande histoire d’amour de la première rencontre jusqu’à la disparition de François Mitterrand. Ils parlent de tout, avec pudeur mais sans tabou : amour et politique, culture et amitiés, secret et République. Il est question des bonheurs, des surprises, des moments exceptionnels mais aussi des difficultés, des chagrins et des doutes.

Un dialogue qui raconte aussi l’histoire d’une femme libre, d’une femme d’art et de science, qui parvint contre vents et marées à conjuguer une vie privée à jamais sans pareille et une carrière professionnelle dans le domaine de la culture.

1er épisode : Jeune fille en voie d'émancipation

Autour de la parution des lettres envoyées de 1962 à 1995 par François Mitterrand à Anne Pingeot, l'entretien commence par évoquer les doutes et questions que s'est longtemps posées l'historienne de l'art avant d'accepter de les révéler au public. Peut-être aurait-il mieux valu une publication posthume, dit-elle, assurant que celui qui l'interroge a beaucoup contribué à la convaincre :

"Fallait-il le publier ? (…) Je ne sais pas, je ne sais pas. Il savait que je conservais tout, par métier et par nature. Mais, est-ce qu’il voulait que ce soit publié… Vous voyez… Toujours, je me pose la question."

Elle confie en tout cas son attachement à cette correspondance, parce qu'elle couvre une part majeure de sa vie et dit des habitudes parfois disparues. Commentant la citation de Montaigne en ouverture de l'ouvrage, elle parle du "rythme de cette histoire où le temps a compté immensément".

Interrogée sur son enfance et ses origines, du côté de Clermont-Ferrand, Anne Pingeot évoque de but en blanc un monde "réactionnaire", cadré de devoirs et de limites, et rappelle par exemple la teneur des propos entendus lors de repas de famille interminables :

"Quand on a eu le droit de parler à table, je n'ai qu'entendu… Par exemple sur la vision de la femme : la femme est quelqu'un qui doit être soumis, qui ne doit avoir aucune vie intellectuelle, et ça ça a compté beaucoup quand même. Ça empêche. Il va falloir l'aide de François Mitterrand pour essayer autrement, dans une autre direction. En même temps, ce côté de soumission a fait en sorte que j'ai accepté l'inacceptable. Donc ça a marché dans les deux sens."

Elle reviendra ensuite sur quelques figures familiales marquantes, son aïeul Emile Fayolle, Maréchal de France, un cousin Résistant, un grand-père Pingeot qui fut inventeur. Elle rappelle surtout à plusieurs reprises combien le monde a changé depuis cette jeunesse dans une maison avec un jardin enchanteur, au milieu d'une campagne en partie vide où les moissons se faisaient encore à la faux.

Elle garde un souvenir marquant de l'une des premières rencontres avec François Mitterrand, alors qu'elle a 14 ans, dans la maison familiale des Landes sur le lac d'Hossegor. Il était accompagné d'André Rousselet. Une forte et vive impression , et à partir de là une proximité qui s'est peut-être développée parce qu'ils venaient tous les deux d'un même milieu plutôt conservateur. Et qu'ils étaient habités elle et lui par le désir de s'émanciper… "Il était fou" dit-elle, évoquant notamment sa grossesse hors-mariage qui passe évidemment très difficilement auprès de sa famille.

Ce premier entretien s'achève ensuite en revenant un peu en arrière : il relate les premières années de la jeune Anne Pingeot à Paris, très contente de s'y installer à l'âge de 16 ans seulement, dans une institution pour jeunes filles très réglementée. C'est alors l'apprentissage des vitraux - qui ne mène à rien -, puis finalement du droit et l'Ecole du Louvre en parallèle. Avec François Mitterrand qui veille déjà, la conseille, et l'encourage par exemple à délaisser rallyes et autres soirées bridge auxquels son environnement la conduit naturellement.

Une série d'entretiens produite par Jean-Noël Jeanneney, réalisée par Anne-Laure Chanel. Prise de son Jérémy Tuil. Attachée de production : Claire Poinsignon. Coordination : Béline Dolat.

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