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Le 1er décembre 1986, Anne Pingeot commente la visite de François Mitterrand au Musée d'Orsay pour son inauguration
Épisode 2 :

Une vie de musée

30 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième temps de cet entretien où Anne Pingeot s'attarde sur son parcours professionnel dans les musées, sur lequel plane encore l'ombre amoureuse de François Mitterrand.

Le 1er décembre 1986, Anne Pingeot commente la visite de François Mitterrand au Musée d'Orsay pour son inauguration
Le 1er décembre 1986, Anne Pingeot commente la visite de François Mitterrand au Musée d'Orsay pour son inauguration Crédits : DERRICK CEYRAC - AFP

"Tu vas passer près d’une semaine à préparer l’examen du professorat. Je serais ravi que tu réussisses, mais moins que tu y persévères. Je me suis fait à l’idée qui m’exalte et m’émeut que je pourrai t’aider dans tes premières démarches intellectuelles, vers la connaissance du droit c'est-à-dire d’un code social, avec ce qu’il faut en prendre et en rejeter." François Mitterrand

Dans ce second épisode, Anne Pingeot raconte l’importance de son indépendance nouvellement acquise, lorsqu’elle passe le concours de conservateur des musées, et la joie que lui procure l’accès à ce statut social acceptable, y compris à Clermont-Ferrand.

Venue s’installer à Paris, elle parvient, pendant la crise du pétrole de 1973, "où tout était à vendre, mais pour rien", à dénicher un grenier pour la somme de 60 000 francs et profite de cette nouvelle liberté, elle qui vient d’entrer dans "un monde merveilleux qui est le monde des musées".

Anne Pingeot se rappelle ses débuts de conservatrice de musées, où on lui confie alors, au Louvre, "ce que personne ne veut" c'est-à-dire le XIXe siècle :

"On m’avait appris que c’était un siècle abominable, un siècle de copies, avec aucune créativité, que c’était un siècle à détruire le plus possible, en commençant par le mépriser. Et moi j’étais tout à fait désespérée de quitter mon cher 12e siècle, 13e siècle. Et ce qui était un malheur s’est révélé une chose extraordinaire : c’est que le goût a changé. […]Les choses arrivent en France et tout à coup on se rend compte qu’il y a des artistes, un art."

Après ses débuts au Louvre vient le musée d’Orsay et la rénovation de l’ancienne gare où il va prendre place. Anne Pingeot se souvient d’une époque où tout était à décider, où tout était à créer :

"La chance de la sculpture, c’était la grande voûte de la gare d’Orsay. Parce que cette grande voûte qu’on devait garder, vous ne pouvez rien mettre dessous. Parce que la peinture, la photographie, les objets d’art, ça demande des conditions d’hygrométrie, de luminosité très précises. Qu’est-ce qui supporte tout ? La sculpture. Et donc la sculpture a un emplacement magnifique, un éclairage quasiment naturel, puisqu’à travers la verrière elle a le soleil qui passe."

Enfin, Anne Pingeot et Jean-Noël Jeanneney reviennent ensemble sur la confiance, prodigieuse, que François Mitterrand avait envers elle : "L’évolution que je sens en moi, le réveil de forces endormies, le besoin irrésistible de dépasser mes propres forces dans tous les domaines de la pensée et de l’action, ont coïncidé avec votre présence soudaine, imprévisible, lui écrit-il en janvier 1964. Avec le beau début de cette histoire. Oui, oui je traverse une crise qui me bouleverse. Vous m’aidez parce que vous êtes là, parce que vous êtes un point de repère, parce que vous jalonnez mon existence quotidienne de moments."

Anne Pingeot a été un soutien sans failles pour François Mitterrand, particulièrement lorsqu'il avait été accusé d'avoir fomenté l'attentat de l'Observatoire contre sa propre personne. "La droite a failli vraiment l'abattre, définitivement, mais c'était mal connaître cette énergie indomptable", se remémore-t-elle. Elle a permis à l'ancien président de la République de sortir de la solitude derrière laquelle il s'était retranché, ainsi qu'il l'écrivait : "J'ai abrité le secret de mon être derrière un mur si haut et si épais que lorsque j'ai aimé, ou bien lorsque j'ai voulu convaincre, l'obstacle qui m'avait si longtemps préservé a fini par m'enfermer". Ils avaient en effet trouvé, tous deux, une forme de complicité dans l’austérité partagée de leurs jeunesses respectives.

Elle se souvient aussi, avec émotion, de l’humour de l'ancien Président : "Aux lettres, il faut ajouter la voix. La voix est un instrument de séduction incomparable. Entre les deux feux, c’était difficile d’y échapper".

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