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François Mitterrand et Anne Pingeot photographiés en 1981 dans la propriété de Francois de Grossouvre dans la Nievre.
Épisode 4 :

Au quotidien, les voyages et les proches

30 min
À retrouver dans l'émission

Propos sur les voyages de François Mitterrand, mais surtout la naissance de leur fille, les amitiés, et cette vie presque "normale" qui se met en place dans les années 1970.

François Mitterrand et Anne Pingeot photographiés en 1981 dans la propriété de Francois de Grossouvre dans la Nievre.
François Mitterrand et Anne Pingeot photographiés en 1981 dans la propriété de Francois de Grossouvre dans la Nievre. Crédits : VILLARD - Sipa

Ce quatrième volet débute par l’évocation de l’amour de Mitterrand pour les voyages, les pays étrangers. Car c’était un homme qui, pour Jean Noel Jeanneney, était "enraciné dans la France, mais qui regard[ait] aussi beaucoup vers l’extérieur". Inde, Chili, Etats-Unis… L’ancien Président fit beaucoup d’efforts pour apprendre l’anglais. Mais c’est en français qu’il donna ses conférences, lors de ses deux grands voyages aux "Etats-Unis d’Amérique". Il fit également un voyage au Chili aux débuts de la présidence d’Allende, en novembre 1971. Dans ses lettres, il racontait à Anne Pingeot une réception chez Allende avec Fidel Castro, au Palais, ou encore sa rencontre avec le Parti socialiste, là-bas.

Mais c’est sur son voyage en Inde que s’étend le plus cette émission. Alors qu’Anne Pingeot avait pris la décision de le quitter pour se marier avec un ingénieur de grande école, il part là-bas, et se heurte de plein fouet à la misère du monde. Il lui raconte dans ses missives, et dans le "journal de bord" qu’il tient et lui rapporte à son retour : "Lui, sa réaction, c’est de partir dans un slum [bidonville], en Inde, auprès d’un Père assez extraordinaire d’ailleurs. Moi ça m’a bouleversée. Et je suis restée."

"Le Père Laborde a peut être 45 ans, est maigre, à forte mâchoire, des cheveux gris bien peignés, un rire frais, presque enfantin, des lunettes de fer. Il ne se déplace qu’à bicyclette, ou en train. Il sait tout faire, et n’est qu’humilité. J’irai demain m’installer avec lui dans son cagibi du slum, et je suis déjà embauché pour aider un jeune médecin libanais qui soigne comme il peut. (…) Pas d’air, pas d’arbres, des milliers de gens dans la rue. (…) Selon Christian, la moyenne de vie est de 30 ans. Il soigne des gens dans la rue, amassés le long des rigoles.(…) Je me force terriblement, je n’ai pas la vocation du malheur." (extrait d’une lettre à Anne Pingeot)

Mais c’est aussi la maternité qui fit rester Anne Pingeot dans le cercle intime de François Mitterrand. Elle évoque cette importance, pour elle, d’avoir eu un enfant avec lui : "Et au fond, je pensais que c’était le seul acte altruiste qu’il avait fait. Et le comble, c’est que cet acte altruiste a été un des bonheurs de sa vie."

Plus politique : la question des Grands travaux de Mitterrand. C’est sans doute, avec la campagne présidentielle, l’une des périodes les moins documentées dans les lettres, car à cette époque, Anne Pingeot vit pratiquement avec Mitterrand au Quai Branly.

Anne Pingeot se souvient d’une anecdote relative à ces Grands Travaux, et les ayant précédés. C’était du temps où, étudiante à l’Ecole du Louvre, elle travaillait pour ses examens dans un petit bistrot, en compagnie de Mitterrand :

"Je lui disais : ‘Quand on étudie toute l’histoire de l’art, au fond, la seule chose que laisse le pouvoir, ce sont les bâtiments’. Et là, j’ai senti que le courant passait. Vraiment." Par la suite, elle qui est historienne de l’art affirme pourtant ne l’avoir aucunement conseillé sur ces travaux.

" Ce qu’il a pu subir d’injures, c’est inimaginable. Et ce que j’admire, c’est qu’il ait réussi à aller jusqu’au bout. Parce que dès qu’on veut faire quelque chose, tous les gens se mettent en travers."

D’un côté, les injures, et de l'autre le cercle des fidélités de Mitterrand, et son goût pour l’amitié. Il avait d’ailleurs demandé à ses proches d’entourer Anne Pingeot et leur fille, Mazarine. André Rousselet ("C’est à lui que j’aurais demandé si je pouvais publier ces lettres. (…) Et voilà, c’est trop tard. C’est pour ça qu’il ne faut pas toujours attendre"), Elisabeth et Robert Badinter, Pierre et Laurence Soudet, Georges Dayan… Un goût et un intérêt pour autrui qui, peut-être, donnaient à Mitterrand cette capacité de brosser des portraits dans ses lettres, comme le souligne Jean-Noël Jeanneney pour clore ce quatrième volet. De croquer des personnages.

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