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Antonio Lobo Antunes le 18 Octobre 1996 à Paris.
Épisode 3 :

Antonio Lobo Antunes : " Ça m'a pris très longtemps à trouver une voix personnelle"

27 min
À retrouver dans l'émission

Troisième partie de l'entretien avec Antonio Lobo Antunes où il évoque son entrée en littérature avec la parution de son premier livre "Mémoire d'éléphant" en 1979. Il s'exprime aussi sur l'état de la littérature qu'il trouve médiocre et célèbre le grand art en général qui embellit nos vies.

Antonio Lobo Antunes en 1998.
Antonio Lobo Antunes en 1998. Crédits : Schiffer-Fuchs/ullstein bild - Getty

Dans ce troisième entretien d'"A voix nue", Antonio Lobo Antunes parle de son premier livre Mémoire d'éléphant sorti en juillet 1979 et qui a reçu un succès aussi immédiat qu'inattendu par l'auteur. Pour autant, l'écrivain confie : "Ce n'était pas encore ce que je voulais, ce n'était pas encore ça." Il livre ses explications, les raisons pour lesquelles le public, selon lui, a plébiscité son roman :

Pendant la dictature, les livres se passaient soit dans l'Antiquité, soit dans un pays imaginaire pour échapper à la censure. On pensait qu'avec ce qu'on appelle la démocratie, tous les chefs-d’œuvre qui étaient dans les tiroirs allaient apparaître. Rien n'est apparu et les gens ont continué d'écrire de la même façon. C'était le premier livre qui parlait de choses récentes. Et puis il y avait une façon de dire les choses qui était différente à l'époque.

L'écrivain multi primé se désole de la situation de la littérature actuellement, "l'âge d'or du livre, c'est fini", affirme-t-il. Il se réfère à son activité de lecteur de manuscrits écrits par de jeunes auteurs trop pressés de réussir. Il se souvient que pour lui, le chemin fut long, "ça m'a pris très longtemps à trouver une voix personnelle très, très longtemps." Il est très critique à l'égard des livres publiés et assène même : "Il y a très peu de très bons écrivains, maintenant c'est fini, il n'y en a pas." D'ailleurs, Antonio Lobo Antunes s'intéresse avant tout aux livres, pas aux écrivains : "_Je ne veux pas voir l'auteur tout le temps. Je veux voir le livre. C'est le livre qui doit être intelligent, pas l'écrivain._"

L'écrivain portugais à la carrière de plus de trente années, nous raconte comment il écrit. Il doit se mettre dans un état de fatigue important, au point que les deux, trois premières heures ne lui servent pas à grand chose, "c'est perdu" pour lui. Il doit attendre de sentir la logique en lui s'effacer pour que "ça commence à couler" et alors il faut être attentif à "structurer", car "un livre n'est qu'un délire structuré". Il pense à tous ces créateurs qui souffrent pour créer une œuvre et qu'on ne remerciera jamais assez de tout le bonheur qu'ils nous donnent : "_Le grand art c'est un outil qui vous sert à vivre, ça vous sert à avoir l'eau chaude à l'âme, ça vous sert à sucrer votre vie._"

Si on a un Matisse à la maison, on n'a pas besoin de fenêtre. C'est plein de soleil, plein de lumière, plein de vie. Il y a une joie, une célébration de la joie et c'est d'une part, la seule victoire contre la mort et d'autre part, ça fait que nous soyons debout sur nos pattes de derrière, grâce à des hommes comme ça.

Par Arnaud Laporte. Réalisation Anne-Pascale Desvignes. Avec la collaboration de Claire Poinsignon. 

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