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Antonio Lobo Antunes le 18 Octobre 1996 à Paris.
Épisode 5 :

Antonio Lobo Antunes : "Je me méfie toujours de la facilité"

28 min
À retrouver dans l'émission

Cinquième et dernier entretien avec Antonio Lobo Antunes qui aborde les questions de l'imagination, du travail d'écriture mais aussi de la traduction avant de revenir à l'Angola et le traumatisme de la guerre coloniale.

Antonio Lobo Antunes en mai 1997.
Antonio Lobo Antunes en mai 1997. Crédits : Sophie Bassouls/Sygma - Getty

Pour clore cette série d'"A voix nue" avec ​Antonio Lobo Antunes, l'écrivain portugais parle de la mémoire et de l'imagination, en quoi elles sont liées selon lui. L'imagination ce n'est que la façon dont on règle "les matériaux de la mémoire", elle n'existe pas en tant que telle.

Au fond, vous écrivez avec les déchets que les autres jettent à la poubelle. Vous allez voler dans la poubelle des petits trucs, des phrases, des virgules, des choses comme ça, des petits objets et des riens que les gens ne veulent pas.

Interrogé sur l'écriture de ses chroniques, il est très sceptique sur l'intérêt d'un tel exercice d'écriture. "Ça peut pas être bon. J'ai pas sué dessus, je n'ai pas peiné dessus. J'ai l'impression que c'est des piscines pour enfants, vous ne risquez jamais de vous noyer là dedans !"

Autre sujet abordé dans cet entretien, son rapport à la traduction et notamment à la traduction de ses livres en français. "Beaucoup de choses se perdent, inévitablement", relève-t-il. Mais il ne s'imagine pas écrire dans une autre langue que la sienne, comme le font certains auteurs, "ce qui m'étonne encore le plus, c'est des gens qui écrivent dans une langue qui n'est pas la leur".

Une traduction, c'est peut être une photo en noir et blanc dans un tableau.

Antonio Lobo Antunes revient inlassablement à son expérience fondatrice qu'a été la guerre en Angola à laquelle il a participé au début des années 1970 : "La guerre n'est pas une chose funèbre. [...] On trouvait de quoi rire." Il se souvient du courage des hommes envoyés très jeunes se battre. Et de conclure, "j'ai eu beaucoup de chance. J'écris, je suis là mais ça je ne pardonnerai jamais".

On a été envoyé à la guerre au nom des grands substantifs abstraits Honneur, Gloire, Patrie. Et là, vous compreniez l'horrible mensonge. Vous étiez là au nom d'intérêts économiques qui vous dépassaient, c'était tout, au nom des grandes compagnies, au nom des gens qui avaient de l'argent, les propriétaires des diamants, du pétrole, toutes ces richesses là. [...] C'était le sentiment de mourir pour des intérêts économiques, et ça, c'était atroce. [...] Tout le monde tirait des profits de la guerre, sauf les pauvres soldats.

Par Arnaud Laporte; réalisation Anne-Pascale Desvignes. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

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