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Louise Wink dans le film "More" sorti en 1969
Épisode 1 :

Le chemin avant le Losange

29 min
À retrouver dans l'émission

La caméra de Schroeder a besoin de bouger ("J'ai une théorie là-dessus", explique-t-il dans les entretiens) d'un genre à l'autre, fiction ou documentaire, et d'une géographie à l'autre. La liberté, valeur cardinale pour cet homme qui aime provoquer ? Ecoutez-le à travers ces 5 entretiens A voix nue.

Louise Wink dans le film "More" sorti en 1969
Louise Wink dans le film "More" sorti en 1969 Crédits : Les Films du Losange

Barbet Schroeder est un célèbre cinéaste secret. Pas autant que Rohmer, dirait-il, son camarade présent à la fondation des Films du Losange, que Schroeder a lancés à l'âge de 22 ans, persuadé qu'il fallait faire ses classes de producteur avant de devenir cinéaste. Il n'y a pas de biographie de Barbet Schroeder - et encore moins d'autobiographie. Il filme celles des autres - Idi Amin Dada (1974), le dictateur ougandais en a fait les frais. L'avocat Jacques Vergès fut aussi dans son viseur dans L'Avocat de la terreur (2007).

La caméra de Schroeder a besoin de bouger ("J'ai une théorie là-dessus", explique-t-il dans les entretiens) d'un genre à l'autre, fiction ou documentaire, et d'une géographie à l'autre, Ibiza, Etats-Unis côte ouest, Etats-Unis côte est, Nouvelle-Guinée, Colombie, Japon.

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Il va provoquer, presque malgré lui, l'Amérique sur son propre terrain californien, terre de cinéma - Barfly (1987) mettra 7 ans à exister mais se montera contre vents et marées, provoquant l'ire (par exemple) d'un Sylvester Stallone choqué par ce film antithèse du rêve américain. L'inspirateur (le "writer" ainsi qu'il est noté au générique) s'appelle Charles Bukowski, dont le double à l'écran est Mickey Rourke (avant la chirurgie esthétique) - éthylique, infidèle, sale, blessé, désinvolte, talentueux, fauché et pourtant héros, limite ange de Los Angeles. L'Amérique malgré elle, voilà celle de Barbet Schroeder, l'homme du final cut au royaume des studios.

La liberté, valeur cardinale ? Liberté de se mouvoir, liberté de juger aussi, oui, qu'il laisse toujours au spectateur - comme une politesse morale. Qu'il s'agisse des ados violents de Medellin dans La Vierge des tueurs (2000), ou du couple qui se déchire autour de leur fils coupable dans Before and After (1996). Un projet cinématographique : montrer l'immontrable. L'addiction des pré-hippies de More (1969) à Ibiza, cette île qu'il connaît si bien, le plaisir du jeu dans Tricheurs (1984), celui du SM dans Maîtresse (1976)...

Il faut se renouveler, s'oublier à chaque fois, dans chaque projet, trouver l'esthétique de l'histoire - qu'il s'agisse de filmer un épisode de Mad Men (2009) ou un film japonais avec une équipe japonaise (Inju , 2008). Se dérouter soi-même, chercher son risque, pour surprendre le spectateur.

Par Thomas Baumgartner. Réalisation : Anne-Pascale Desvignes. Attachée de production : Claire Poinsignon.

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