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Claude Lelouch
Épisode 3 :

"Quand je rentre dans une salle de cinéma, c'est la grand-messe"

31 min
À retrouver dans l'émission

Troisième volet d'"A voix nue" avec Claude Lelouch qui se souvient de l'élève agité qu'il était, ne supportant pas d'être enfermé dans une salle de classe et ne rêvant que de salles obscures. A 18 ans, son père lui offre une nouvelle caméra, la vraie vie commence pour lui. Il en raconte les débuts.

Claude Lelouch sur le tournage de Un homme et une femme, vingt ans déjà en 1986
Claude Lelouch sur le tournage de Un homme et une femme, vingt ans déjà en 1986 Crédits : Jean-Pierre Fizet/Sygma - Getty

Dans ce troisième entretien de la série "A voix nue", le cinéaste Claude Lelouch reprend le fil de son histoire. En 1945, de retour à Paris, tandis que son père lui offre une petite caméra Kodak 8 mm, Claude Lelouch continue de préférer les salles des grands boulevards, aux salles de classes.  "L'école devient une souffrance terrible pour moi, c'est l'endroit où je suis le plus malheureux au monde, d'un seul coup je perds toute ma liberté. Sous l'Occupation, j'étais un enfant libre, j'étais au cinéma, on me laissait faire ce que je voulais, je n'avais pas de contraintes." "Je découvre les horreurs de la guerre, après la guerre", reconnaît-il, lui l'enfant que l'on a caché et protégé tout au long de l'Occupation. Au lycée Turgot, l'enfant Lelouch sèche tous les après-midis pour aller au cinéma. "Tout ce qui me sépare du cinéma me rend fou". L'école devient "l'ennemi" auquel il fait la guerre. C'est l'époque où il découvre tout le cinéma américain d'après-guerre, notamment les westerns.

Je n'y vais pas pour draguer. Quand je rentre dans une salle de cinéma, c'est la grand-messe. 

Il raconte qu'il a joué son bac à pile ou face et, s'en remettant au coup du sort, il ne fait rien pour l'obtenir. Son père, de lassitude, lui offre alors une nouvelle caméra, "et là ma vie a changé". Avec, il tournera un reportage en URSS Quand le rideau se lève en 1957. Puis il entre comme caméraman d'actualités au Service cinéma des armées, "et là le miracle a lieu". Il devient cinéaste avec "des moyens colossaux" : "J'ai la plus belle école à ma disposition." A la sortie de l'armée en 1960, il tourne son premier film, Le propre de l’homme. Ce film aura été pour Claude Lelouch, "un sommet de désespoir" mais aussi une école pour avancer et s'améliorer, "le cinéma repose que sur des nuances" et ce film était radical. Présenté en avant-première à la Cinémathèque, il a été sifflé pendant une heure et demi. Lelouch a vu les larmes couler sur le visage de son père, "je crois que c'est ce qui m'a fait le plus mal de toute ma vie", dit-il plus de 50 ans après. Son père décède d'un infarctus quelques semaines plus tard.

  • Une série d'entretiens par Alain Kruger, réalisés par Anna Szmuc, avec la collaboration de Guillaume Baldy et de Claire Poinsignon. Indexation web, Odile Dereuddre
  • Première diffusion 23.11.2011. 
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