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Dalil Boubakeur (1/5)

29 min
À retrouver dans l'émission

Dalil Boubakeur
Dalil Boubakeur Crédits : Leila Djitli

Par Leila Djitli. Réalisation : Ghislaine David. Prise de son : Marcos Darras. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

Dans un premier temps, c’est dans le salon son appartement parisien, entouré de livres que Dalil Boubakeur nous reçoit en compagnie de sa femme Gilberte, une infirmière Auvergnate rencontrée lors de ses études de médecine.

Puis nous le retrouverons dans le bureau de La Grande Mosquée de Paris assis cette fois sous le portrait altier de son père Si Hamza Boubakeur qui dirigera la Mosquée de 1957 à 1982, un homme charismatique qui va influencer à jamais le destin de son fils.

Dalil Boubakeur est né en novembre 1940 à Skikda, mais en interview, le recteur de la Grande Mosquée de Paris évoque le nom français de cette ville située au nord-est de l’Algérie : Philippeville.

Et pour cause : même s’il se sent «très attaché» à son pays d’origine, il se dit «français jusqu’au bout des ongles» et aime cette patrie, où il est arrivé lorsqu’il avait 17 ans, d’un amour «barrésien presque maurassien» , mais «non exclusif» précise-t-il.

A l’époque, il entre au lycée Louis Le Grand, à Paris, puis étudie la biochimie et la cardiologie à la faculté des sciences et de médecine. En 1984, il devient cardiologue à la Pitié-Salpêtrière avant d’ouvrir son propre cabinet dans le XIIIe. Passionné de littérature et de philosophie - il cite volontiers Voltaire, Sartre, Hume ou Averroès - ce mélomane féru d’ésotérisme se rêvait plutôt romancier, mais son père, Hamza Boubakeur, descendant d’une grande tribu saharienne, en a décidé autrement.

«Il était très autoritaire et voulait me façonner à son image» , raconte-t-il..

Comme lui, il est pétri de culture classique, connait le grec et le latin. Il se rapproche de la SFIO dans les années 70 quand son père était député socialiste au temps de l’Algérie française. Et il marche sur ses pas à l’institut musulman de la Mosquée de Paris. Hamza Boubakeur est nommé recteur en 1952 par Guy Mollet, un poste qu’il occupe jusqu’en 1982 ; dix ans plus tard Dalil Boubakeur lui succède et reste depuis indétrônable. Entre 2003 et 2008, puis depuis le 30 juin 2013, il dirige également le Conseil Français du Culte Musulman.

A la tête de ces institutions, Dalil Boubalkeur a toujours défendu un islam modéré, intégré à la société française, dont la charte du culte musulman, rédigée en 1995, est le symbole. Théologien sans être imam, il combat le fondamentalisme et prône le dialogue interreligieux, sans pourtant parvenir à faire rayonner l’institution dans les banlieues. Certains reprochent à cet homme, qui ne refuse jamais les honneurs (vice-président de l’ordre des médecins, officier de la légion d’honneur, médaille vermeil de la ville de Paris) de s’être enfermé dans une tour d’ivoire.

Musulman idéal pour les uns, d’autres soulignent ses contradictions. Car il est vrai que cette figure de proue du libéralisme religieux qui colle si bien à l’image du fonctionnaire idéal de l’islam pour la France prend parfois des positions éloignées de celles que l’on attendrait. Il a ainsi justifié la fatwa contre Salman Rushdie en 1989, porté plainte contre Charlie Hebdo pour la publication de caricatures de Mahomet.

Si Dalil Boubakeur n’a peut-être pas encore atteint les limites de l’art du compromis dans lequel il excelle, il conserve l’image paradoxale d’un homme à la fois prolixe et insaisissable.

1) L’enfance à Alger d’un fils de famille : au nom du père !

Intervenants
  • président du Conseil français du culte musulman, recteur de la Grande mosquée de Paris
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