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 François Cheng le 31 août 2008 à Chanceaux-près-Loches (Indre-et-Loire)
Épisode 2 :

"Chaque mot possède un rythme, une mélodie capables de susciter une image"

29 min
À retrouver dans l'émission

Deuxième entretien de la série d'"A voix nue" avec François Cheng, poète, romancier et essayiste. Aujourd'hui il raconte son apprentissage passionné de la langue française, cette double culture qui l'a construit, et le long chemin de trente ans avant de pouvoir écrire poèmes et romans en français.

François Cheng le 31 août 2008 à Chanceaux-près-Loches (Indre-et-Loire)
François Cheng le 31 août 2008 à Chanceaux-près-Loches (Indre-et-Loire) Crédits : Alain Jocard - AFP

Âgé de vingt ans, François Cheng arrive à Paris pour entreprendre une année d’étude, comme étudiant boursier. Mais la Chine ferme ses frontières. Il s’investit dans l’apprentissage de la langue française, goûtant les sonorités nouvelles qui s’offrent à lui. Il partage ses mots préférés.

Lecture du poème « Nuit qui réunit » (in Qui dira notre nuit , éditions Arfuyen, 2003).

Que je sois devenu un écrivain français, un poète français, cela tient du miracle. C'est le résultat indéniablement d'une passion acharnée. Mon apprentissage a été marqué par le découragement, voire le désespoir.

A sa naturalisation en 1971, il a choisi son prénom "François". "C'était un privilège personnel", reconnaît-il que de pouvoir choisir son propre prénom ! Il fait alors l'éloge du français, de ses qualités. "La langue française a forgé mon destin", affirme-t-il et s'en explique ainsi : "En épousant le français, je suis entré totalement dans une autre culture. Les deux cultures si différentes qui m'habitent ont fini par opérer une métamorphose, une symbiose en moi."

A l'aube des années 80, soit trente ans après mon arrivée en France, tout à coup je me suis senti prêt à amorcer une création personnelle dans cette langue. J'ai réellement éprouvé cette félicité de nommer toute chose à neuf comme au matin du monde!

Le poète explique son processus créatif, comment il a écrit ses premiers poèmes en français à la fin des années 1980. "Je ne suis pas conditionné par cette tradition prosodique" des alexandrins et "c'est en même temps peut-être un avantage", reconnaît-il car il aime varier les rythmes à la manière de la poésie chinoise.

Par Françoise Siri. Réalisation : Anne Sécheret. Prise de son : Laurent Césard. Attachée d'émission : Claire Poinsignon.

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