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Jean Claude Gallotta avec Laurent Goumarre

30 min
À retrouver dans l'émission

Une partie de la danse contemporaine s'est écrite à Grenoble ; Jean-Claude Gallotta n'a pas trente ans quand il explose les codes chorégraphiques avec sa tribu/compagnie au nom énigmatique, Le Groupe Emile Dubois, hommage rébus au plasticien iconoclaste Marcel (Emile) Duchamp (Dubois). 1980, il vient de rentrer de New York où il a rencontré Merce Cunningham, qui lui a bien confirmé que la danse pouvait se passer de musique, un travail de nettoyage que le jeune chorégraphe français va poursuivre jusqu'à vouloir "libérer la danse de la chorégraphie". Les années 80 sont celles du succès, avec la création de pièces devenues mythiques : Mamame, Les Survivants, UlysseŠ ; l'artiste, premier chorégraphe à la tête d'une Maison de la Culture, ne se refuse rien : se dédouble dans des personnages fictifs (Ivan Vaffan, Docteur Labus) mais rend hommage à son double Nijinsky, travaille la théâtralité mais en contournant Pina Bausch, développe une écriture abstraite mais traversée par une profonde dimension humaine. Jean-Claude Gallotta rencontre Hervé Guibert, Noureev, rencontre le cinéma : rendez-vous pris avec Raoul Ruiz, rendez-vous manqué avec Jean-Luc Godard, puis revient à la danse fort de ce qu'il a appris du 7e art. Jusqu'aux années 90, où quelque chose s'effondre : la critique, puis les professionnels, puis une partie du public ne suivent plus : Gallotta se serait perdu dans des dérives spectaculaires ; lui qui voulait libérer la danse, voilà qu'il l'étoufferait sous l'appellation DTM, Danse-Théâtre-Musique, pour une tentation du spectacle et de l'art total. Les années 2000 amorcent une nouvelle rupture qu'on peut signifier en faisant un grand écart de 20 ans. 1981, Ulysse : pièce en forme de monochrome blanc éclairait l'avènement d'une nouvelle danse contemporaine des années 80 ; 2001 Nosferatu, ballet pour l'Opera de Paris (repris actuellement à l'Opéra Bastille) : un monochrome noir qui donne à voir une danse vampirisée, peut-être la condition du passage à une autre éternité. Les Héros eighties ne sont pas morts, les grandes Légendes chorégraphiées des années 90 (Roméo et Juliette, Don Juan) et les peuples inventés (MamameŠ) reviennent, mais exangues ; ils ne sont plus ‹ comme le raconte le titre de sa dernière pièce ‹ que Des gens qui dansentŠ "vivant jusqu'au bout", c'est ce qu'affirme au final le romancier Henry Miller sur l'écran. Jean-Claude Gallotta : Portrait de l'artiste en Survivant. Jusqu'au bout.

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