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Jean-Paul Kauffmann (1/5)

28 min
À retrouver dans l'émission

Jean-Paul Kauffmann en 2013
Jean-Paul Kauffmann en 2013 Crédits : Claude Truong-Ngoc

Par Philippe Petit. Réalisation : Laurence Millet. Prise de son : Marcos Darras. Attachée d'émission : Claire Poinsignon.

Jean-Paul Kauffmann a connu l’enfer. Mais ce n’est pas pour cette raison qu’il a accepté de se confier à nous. Ancien otage, enlevé à Beyrouth avec Michel Seurat le 22 mai 1985 et libéré le 4 mai 1988, il se méfie des pièges de la mémoire lorsqu’il s’agit de raconter le pire. S’il a l’impression aujourd’hui d’avoir, en trois années, épuisé une vie d’homme, d’avoir vécu trop tôt sa vieillesse, et connu la hantise de la fin qui accompagne cet âge, il ne se laisse pas enfermer dans cette tragédie. Il ne ramène pas tout à elle et ne dédaigne pas de dérouler le fil de son existence dans ses livres au gré de ses voyages ou rencontres. Car Jean-Paul Kauffmann n’est pas simplement un écrivain, c’est un moraliste, et un amateur de cigares, de Bordeaux, de marche à pied, d’Histoire. Son Voyage à Bordeaux publié en 1989 est un des plus beaux qui soit sur les pouvoirs du vin, et son livre sur Napoléon à Sainte Hélène - La chambre de Longwood (1997) -, une méditation poignante sur la souffrance du Temps sans mesure.

Jean-Paul Kauffmann est né en 1944 en Mayenne, dans un monde qui a connu l’ordre ancien. Une société rurale identique à celle des années 1930. Ses parents étaient boulangers. Son enfance fut celle d’un enfant libre, son adolescence au pensionnat fut plus sombre. Le refuge dans les livres l’a sauvé du désespoir. Il a presque tout appris chez La Fontaine aime-t-il à dire. Durant cinq soirs, nous l’écouterons parler de ses commencements obscurs, de ses apprentissages, de ses lectures, de ses premiers pas dans le journalisme, à l’école de Lille, entre 1962 et 1966. Nous le suivrons dans ses déambulations dans la France de l’intérieur, "hors service", cette France des réprouvés et des invisibles nous l’entendrons bien entendu parler du Liban, de sa captivité, de sa bibliothèque de prison, de ses nuits dans des cachots souterrains, où il rêvait à la campagne française. Nous l’entendrons remonter le cours de sa vie d’écrivain, et évoquer comme nul autre le goût du vin : « une des rares choses au monde qui peut faire croire, dit-il, que le temps n’est pas irréversible ».

Philippe Petit

1) Enfance et adolescence

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