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Jean Rochefort, lors de la 17e Nuit des Molières, le 12 mai 2003 au théâtre Mogador à Paris.
Épisode 2 :

Blanche-Neige ne fait pas caca !

28 min
À retrouver dans l'émission

Né en 1930, ayant grandi en Province, rien ne le prédestinait à l’immense carrière qu’on lui connait. Mais de l’ennui de cette enfance va naître une passion pour les histoires, et la façon de les raconter. A 18 ans, son choix est fait : il monte à la capitale pour devenir comédien.

Jean Rochefort dans le film 'Le Bal des Casse-Pieds'
Jean Rochefort dans le film 'Le Bal des Casse-Pieds' Crédits : jerome prebois - Getty

Rediffusion de l'émission du 03.01.2012

S’il était né au Japon et non en France, Jean Rochefort serait assurément considéré comme « un trésor national vivant », en ceci qu’il incarne à lui seul tout un pan de la culture française.

Il mange de la vache enragée quelques années avec un cercle d’amis à la loyauté inébranlable : Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer ou encore Philippe Noiret.

Du théâtre d’auteur avec Claude Régy au cinéma de divertissement avec Philippe de Broca dans les années 60, Rochefort s’affirme dans les années 70 comme un des acteurs français les plus populaires, avec les aventures du Grand Blond ou « Un éléphant ça trompe énormément », tout en creusant son sillon dramatique avec Tavernier, dans « L’horloger de Saint-Paul », César du meilleur second rôle, ou avec Schoendorffer, dans « Le crabe-tambour », César du meilleur acteur.

Enchaînant les rôles au cinéma, avec Patrice Leconte, Edouard Baer ou Guillaume Canet, Jean Rochefort revient régulièrement sur les planches, pour transmettre ses admirations, et mène en parallèle une vie bien remplie d’éleveurs de chevaux et de compétiteur de « complet ».

Dans cet entretien, le comédien se confie sur ses débuts, sa vision du métier, mais aussi sur la mort. Et de digression en digression sur sa perception des femmes dans la prime-enfance...

Je m’ennuyais au conservatoire, je trouvais ça conventionnel !

On est un peu artiste aussi les acteurs, on est peintre là tout à coup. On se peint soi-même [...] Des gens qui font nos métiers et qui se sentent tout à coup de la même école, comme un peintre, comme un musicien... Il y a quelque chose qui se durcit, devient ferme dans nos rapports et ça va jusqu'à une fraternité profonde.

Je ne crois à rien sinon à l'humus. On est utile, même mort !

A quinze ans, je ne voulais pas admettre que les femmes excrétaient. J'étais sûr qu'elles avaient un transit différent [...] Donc on imagine l'innocence d'un garçon en 1945, qui admire tellement les femmes qu'il en conclue qu'elles n'ont pas les mêmes constitutions, les mêmes aberrations que le mâle subit parce qu'il est un mâle. Alors que la femme était la grâce de mes dessins animés, la grâce de Walt Disney, elles étaient toutes Blanche Neige.

Musique de fin extraite du film Le mari de la coiffeuse, de Patrice Leconte.

Par Arnaud Laporte. Réalisation Anne Secheret.

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