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Jean Rochefort, lors de la 17e Nuit des Molières, le 12 mai 2003 au théâtre Mogador à Paris.
Épisode 3 :

Le bus était direct

27 min
À retrouver dans l'émission

Né en 1930, ayant grandi en Province, rien ne le prédestinait à l’immense carrière qu’on lui connait. Mais de l’ennui de cette enfance va naître une passion pour les histoires, et la façon de les raconter. A 18 ans, son choix est fait : il monte à la capitale pour devenir comédien.

Le comédien Jean Rochefort se produit, lors de la 17e Nuit des Molières, le 12 mai 2003 au théâtre Mogador à Paris.
Le comédien Jean Rochefort se produit, lors de la 17e Nuit des Molières, le 12 mai 2003 au théâtre Mogador à Paris. Crédits : PIERRE VERDY - AFP

3) Le bus était direct

S’il était né au Japon et non en France, Jean Rochefort serait assurément considéré comme « un trésor national vivant », en ceci qu’il incarne à lui seul tout un pan de la culture française.

Il mange de la vache enragée quelques années avec un cercle d’amis à la loyauté inébranlable : Jean-Paul Belmondo, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer ou encore Philippe Noiret.

Du théâtre d’auteur avec Claude Régy au cinéma de divertissement avec Philippe de Broca dans les années 60, Rochefort s’affirme dans les années 70 comme un des acteurs français les plus populaires, avec les aventures du Grand Blond ou « Un éléphant ça trompe énormément », tout en creusant son sillon dramatique avec Tavernier, dans « L’horloger de Saint-Paul », César du meilleur second rôle, ou avec Schoendorffer, dans « Le crabe-tambour », César du meilleur acteur.

Enchaînant les rôles au cinéma, avec Patrice Leconte, Edouard Baer ou Guillaume Canet, Jean Rochefort revient régulièrement sur les planches, pour transmettre ses admirations, et mène en parallèle une vie bien remplie d’éleveurs de chevaux et de compétiteur de « complet ».

Dans cet entretien, Jean Rochefort se confie sur ses débuts au théâtre, sa troupe, mais aussi sa vision de la culture :

Cette passion que j'ai toujours eue d'être accessible à tous [...] et quand j'ai joué un mélodrame à Aubervilliers et que j'allais tous les soirs en face prendre une cuisse de poulet, que je mangeais dans ma loge avant de jouer. Au bout de six ou sept jours, étant un petit peu connu par le cinéma, cette bouchère me dit 'mais qu'est-ce que vous faites tous les soirs, chez nous à Aubervilliers ?' je lui ai dit "Madame, je joue dans le théâtre d'Aubervilliers juste en face' et elle m'a dit 'ah bon...'. Et j'ai compris que ça ne la regardait pas et là ça a été à mon sens tragique. J'ai été voir plusieurs ministres de la culture qui s'en foutaient royalement. Là, j'ai été extrêmement malheureux de voir que nous rations ce virage si important d'amener les gens des villes voir les spectacles. Car beaucoup de metteurs en scène se sont servis de nos sous pour faire des laboratoires de théâtre..."

Par Arnaud Laporte. Réalisation Anne Secheret. Avec la collaboration de Claire Poinsignon.

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